L’An­gé­laine ex­pose ses sou­ve­nirs

Le Courrier Sud - - VIE COMMUNAUTAIRE ET LOISIRS - ••> MA­RY­LÈNE LE HOUILLIER

Dans un ar­ticle du Cour­rier Sud da­tant du mois de juillet 1982, un jour­na­liste rap­por­tait qu’après beau­coup d’ef­forts, l’An­gé­laine était bel et bien en place, mais que tout était en­core à faire. Une tren­taine d’an­nées plus tard, Mi­chèle Ha­me­lin, la pro­prié­taire, re­garde en ar­rière et ne peut que consta­ter le long che­min par­cou­ru par l’équipe l’An­gé­laine.

D’ailleurs, pour sou­li­gner ses 30 ans d’exis­tence, les vi­si­teurs pour­ront, pen­dant l’été, al­ler voir les nom­breuses photos ac­cro­chées sur les murs du pa­villon d’in­ter­pré­ta­tion à l’An­gé­laine. Quatre ta­bleaux y re­latent en mots et en images l’aven­ture peu com­mune de cet éle­vage.

Ain­si, on y ap­prend que tout a com­men­cé en 1980 alors que Mme Ha­me­lin et son conjoint ont tra­ver­sé les États-Unis pour se rendre au Texas, d’où ils ont ra­me­né 48 chèvres an­go­ras. «Nous y sommes al­lés en au­to­bus sco­laire!, se rap­pelle-t-elle. Les gens qui nous voyaient de­vaient vrai­ment se dire “Vous ne de­vi­ne­rez ja­mais ce que je viens de voir!”… Mais je conti­nue de croire que c’était réel­le­ment le vé­hi­cule idéal avec les grandes fe­nêtres qui lais­saient en­trer beau­coup d’air et de lu­mière».

C’est ain­si qu’au fil des an­nées, pe­tit à pe­tit, le site de l’An­gé­laine, si­tué en bor­dure du St- Laurent dans le sec­teur Ste-An­gè­lede-La­val à Bé­can­cour, a su­bi de grandes trans­for­ma­tions. « Nous n’avions pas né­ces­sai­re­ment pré­vu de­ve­nir un site tou­ris­tique, mais nous avons tel­le­ment mis ça beau! » , dit la pro­prié­taire.

En ef­fet, plu­sieurs construc­tions ont été éri­gées au cours des 30 der­nières an­nées afin d’ac­com­mo­der les vi­si­teurs vou­lant en ap­prendre plus sur ce type d’éle­vage, mais aus­si pour ache­ter les di­vers pro­duits is­sus du mo­hair, soit la toison de la chèvre angora.

Après avoir ac­cueilli les vi­si­teurs dans la mai­son fa­mi­liale, le tout a été trans­fé­ré dans le ga­rage, puis fi­na­le­ment dans une grange spé­cia­le­ment amé­na­gée pour ac­cueillir de grands groupes. Au­jourd’hui, l’An­gé­laine ac­cueille entre 1500 et 2000 cu­rieux par an­née, ve­nus dé­cou­vrir la chè­vre­rie, le pa­villon d’in­ter­pré­ta­tion du mo­hair, ain­si que la bou­tique. Par­mi ces vi­si­teurs, no­tons les per­son­na­li­tés qué­bé­coises Clé­mence Des­ro­chers, Lu­lu Hu­ghes et Ber­nard Voyer, l’ex­plo­ra­teur-confé­ren­cier. «C’est Ber­nard qui a trou­vé le slo­gan qui ap­pa­raît sur les chaus­settes de nous ven­dons: “L’An­gé­laine, un com­pa­gnon d’aven­ture.” C’est le seul pro­duit qu’il ap­puie d’ailleurs», note Mme Ha­me­lin, le qua­li­fiant d’am­bas­sa­deur.

À ce jour, l’An­gé­laine élève près de 80 chèvres an­go­ras et em­ploie jus­qu’à 40 employés, dont 9 tri­co­teuses. «L’équipe, c’est le coeur de l’An­gé­laine», confie-t-elle en je­tant un oeil à l’une de ses em­ployées à l’oeuvre avec une pa­no­plie de chèvres qui la suivent de près. «Et après toutes ces an­nées, on ne se lasse pas de ces in­croyables scènes».

Photo, Le Cour­rier Sud

Mi­chèle Ha­me­lin, pro­prié­taire.

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