Pré­oc­cu­pa­tions dans la ré­gion

Le Courrier Sud - - ACTUALITÉS -

Le Bloc Qué­bé­cois sou­haite sim­ple­ment que les Li­bé­raux tiennent les pro­messes qu’ils ont faites en cam­pagne élec­to­rale et lors­qu’ils étaient dans l’Op­po­si­tion à ce su­jet. Or, de­puis un an, au­cune avan­cée n’a été ob­ser­vée dans ce dos­sier.

Le gou­ver­ne­ment n’au­rait pour­tant qu’à res­ser­rer le contrôle aux douanes où le lait dia­fil­tré est consi­dé­ré comme de la pro­téine, alors qu’il est consi­dé­ré comme du lait par l’Agence ca­na­dienne d’ins­pec­tion des ali­ments quand il ar­rive à l’usine de trans­for­ma­tion.

Le Bloc qué­bé­cois sou­haite que le lait dia­fil­tré soit taxé au même titre que les pro­téines sèches, qui sont in­ter­dites de­puis une di­zaine d’an­nées en ver­tu de la consti­tu­tion des fro­mages, et que n’im­porte quelle autre im­por­ta­tion de lait. Sans quoi le pro­duit est car­ré­ment illé­gal et contre­vient aux quo­tas à la loi sur la ges­tion de l’offre agri­cole, qui sont si chers à l’éco­no­mie ca­na­dienne.

«Ce sont des choses simples qui ne coûtent rien. Il faut sim­ple­ment qu’ils prennent une dé­ci­sion et qu’ils mettent leur cu­lotte plu­tôt que d’al­ler prendre des pho­tos à Wa­shing­ton», fait va­loir le chef in­té­ri­maire du Bloc Qué­bé­cois, Rhéal For­tin, qui compte se ser­vir de tra­vaux par­le­men­taires pour faire avance le dos­sier, en plus de de­man­der l’aide du NPD et des Conser­va­teurs, qui semblent «sen­sibles» à la cause, et de faire du lob­by au­près des dé­pu­tés li­bé­raux.

«Nous douanes sont de vé­ri­tables pas­soires fait va­loir Rhéal For­tin. La meilleure so­lu­tion pour qu’elles soient her­mé­tiques, ce se­rait d’en­ga­ger les doua­niers amé­ri­cains! Parce qu’eux ne laissent rien pas­ser.»

Une cause d’au­tant plus im­por­tante, es­time le Bloc Qué­bé­cois, que plu­sieurs fer­miers se dé­cou­ragent et vendent leur quo­ta. «Il se ferme une ferme par jour. Si l’on conti­nue comme ça, il ne res­te­ra que deux ou trois mul­ti­na­tio­nales qui contrô­le­ront ce que nous man­ge­rons d’ici quelques an­nées», s’in­quiète Rhéal For­tin.

D’au­tant plus que la pro­duc­tion lai­tière risque d’être en­core plus fra­gi­li­sée par le libre-échange Ca­na­da-Eu­rope, alors que le fro­mage fin vien­dra inon­der le mar­ché. «Tout ça pour per­mettre aux pro­duc­teurs de l’Ouest d’en­voyer leur boeuf en Eu­rope», dé­plore le chef in­té­ri­maire.

Sans comp­ter que plu­sieurs pro­blèmes so­ciaux sont liés à la pro­blé­ma­tique. «C’est en­core pire pour la re­lève agri­cole qui est aux prises avec de l’en­det­te­ment», sou­ligne le dé­pu­té Louis Pla­mon­don.

D’au­tant plus que plu­sieurs pro­duc­teurs ont in­ves­tis des sommes consi­dé­rables pour se mo­der­ni­ser pour ré­pondre aux normes de pro­tec­tion ani­male et de sé­cu­ri­té ali­men­taire. «Au Qué­bec, c’est là où c’est le plus sé­vère au Ca­na­da et en Amé­rique du Nord», rap­pelle le dé­pu­té.

D’au­tant plus que dans cer­taines ré­gions, on ob­serve la pré­sence de «tra­vailleurs de rang» qui font un peu le même tra­vail que les «tra­vailleurs de rue» en mi­lieu ur­bain en al­lant à la ren­contre des agri­cul­teurs aux prises avec de la dé­tresse psy­cho­lo­gique, alors que des sui­cides ont été en­re­gis­trés.

«On fait des farces avec les tra­vailleurs de rang, mais ce n’est pas drôle, sou­ligne le chef in­té­ri­maire. C’est im­por­tant d’al­ler ren­con­trer les agri­cul­teurs, parce que ce sont sou­vent des gens qui ne parlent pas beau­coup. On est même ren­du avec des

mai­sons de ré­pit pour les agri­cul­teurs.»

Les pro­duc­teurs du Centre-du-Qué­bec ont aus­si sen­si­bi­li­sé les po­li­ti­ciens à l’ef­fet que l’agri­cul­ture de­vrait être ex­clue des Im­portsEx­ports. «Parce que ça cause un grave pro­blème aux pro­duc­teurs de pou­let et aux pro­duc­teurs lai­tiers», note Louis Pla­mon­don.

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