La consé­cra­tion de De­nis Ville­neuve

Son film «Ar­ri­val» ob­tient 8 no­mi­na­tions aux Os­cars

Le Courrier Sud - - CULTURE - JOANIE MAILHOT joanie.mailhot@tc.tc

Le film «Ar­ri­val», du Gen­tillois De­nis Ville­neuve, est en no­mi­na­tion pour huit prix – dont ceux du Meilleur réa­li­sa­teur et du Meilleur film – pour la 89e cé­ré­mo­nie des Os­cars qui se dé­rou­le­ra le 26 fé­vrier pro­chain.

Le réa­li­sa­teur a confié à La Presse ca­na­dienne qu’il n’au­rait ja­mais ima­gi­né, il y a un an, que son film re­ce­vrait de telles ac­co­lades, mais a ad­mis que les ru­meurs fa­vo­rables à son en­droit dans les der­niers mois avaient fait en sorte qu’il s’at­ten­dait tout de même à ob­te­nir quelques no­mi­na­tions mar­di der­nier.

Les pa­rents de De­nis Ville­neuve avaient un peu le même pres­sen­ti­ment. «On se dou­tait que le film al­lait être en no­mi­na­tion; qu’il était «os­ca­ri­sable», a fait sa­voir son père, Jean. Par contre, je pense que De­nis ne s’at­ten­dait peut-être pas à au­tant de no­mi­na­tions.»

Le pa­ter­nel ajoute qu’il a en­ten­du son fils dire à la té­lé­vi­sion que pour lui, c’est vrai­ment la consé­cra­tion dans son mé­tier. «S’il gagne, ce se­ra vrai­ment un cou­ron­ne­ment!», a lan­cé Jean Ville­neuve. Par ailleurs, pour lui, la no­mi­na­tion de De­nis comme meilleur réa­li­sa­teur le pro­pulse vrai­ment au top de sa car­rière.

Pour les pa­rents du ci­néaste, c’est un mé­lange de joie et de fier­té. Au mo­ment de l’an­nonce des no­mi­na­tions, l’homme était ri­vé sur la té­lé­vi­sion, tan­dis que son épouse sui­vait le tout sur son iPad. Ils ont re­çu les in­for­ma­tions à quelques se­condes d’in­ter­valle…puis se sont mis à crier tous les deux! La ma­man au­rait aus­si eu les larmes aux yeux.

À par­tir de ce mo­ment-là, le té­lé­phone n’a pas dé­rou­git de la jour­née. «Di­sons que je n’ai pas tra­vaillé très fort», ad­met le no­taire Jean Ville­neuve. Par­mi les ap­pels qu’ils ont re­çus, leur fils était au ren­dez-vous. «Il a ap­pe­lé alors qu’il était avec sa gang de tour­nage de «Blade Run­ner». Pour lui, il était 4h45 du ma­tin. Il di­sait: «Ça fait drôle de man­ger des cé­réales et boire du cham­pagne en même temps!» On sen­tait qu’il y avait vrai­ment de l’ef­fer­ves­cence der­rière lui. C’était ré­cent…ça ve­nait juste de se pro­duire», ra­conte le père de De­nis Ville­neuve, ajou­tant que les conver­sa­tions té­lé­pho­niques avec lui ne durent ja­mais très long­temps.

SOI­RÉE DU 26 FÉ­VRIER

Pour ce qui est de la cé­ré­mo­nie du 26 fé­vrier, M. Ville­neuve ad­met «qu’on ne sait pas trop sur quel pied dan­ser».

En 2011, sa conjointe avait ma­ni­fes­té un in­té­rêt d’as­sis­ter aux Os­cars, mais leur fils ne leur avait pas re­com­man­dé de s’y rendre puisque les fa­milles ne sont pas ad­mises. «Il nous avait ex­pli­qué que l’es­pace est très res­treint et qu’on n’au­rait pas pu as­sis­ter à l’évé­ne­ment à l’in­té­rieur.»

Le couple était donc de­meu­ré à Gen­tilly, où une im­por­tante cé­lé­bra­tion avait été or­ga­ni­sée. Jean Ville­neuve se sou­vient que cette jour­née-là avait été très mou­ve­men­tée. «Je me rap­pelle avoir don­né quelque 18 en­tre­vues, au­tant en fran­çais qu’en an­glais, de 8h le ma­tin à 9h30 le soir. C’était tel­le­ment la fo­lie qu’on n’avait pas pu voir et dis­cu­ter avec des amis qu’on avait in­vi­tés.»

Cette fois-ci, le père du réa­li­sa­teur croit bien qu’ils ne se­ront pas de la par­tie à Los An­geles. Le sou­hait des pa­rents est plu­tôt de se réunir en fa­mille, dans leur in­ti­mi­té, pour cé­lé­brer cette belle soi­rée. Tou­te­fois, M. Ville­neuve a fait sa­voir que si la po­pu­la­tion de Gen­tilly or­ga­nise une soi­rée, sa femme et lui se­ront de la fête.

UN ÉVÉ­NE­MENT EN L’HON­NEUR DU CI­NÉASTE?

Le maire de Bé­can­cour, Jean-Guy Dubois, a sou­mis l’idée d’or­ga­ni­ser un évé­ne­ment en l’hon­neur de De­nis Ville­neuve. «On va lais­ser pas­ser les Os­cars et dans les mois qui viennent, la Ville et des gens de la com­mu­nau­té ver­ront à ho­no­rer ce réa­li­sa­teur de chez nous. L’idée d’un fes­ti­val m’est pas­sée par la tête, mais on ver­ra. J’ai­me­rais bien quelque chose de plus per­ma­nent. Évi­dem­ment, ce­la dé­pen­dra éga­le­ment de l’im­pli­ca­tion de De­nis Ville­neuve lui-même.»

Pour M. Dubois, «quand quel­qu’un d’ici at­teint les som­mets, il faut le sou­li­gner. Pour nous, c’est de la fier­té et de l’ap­par­te­nance.»

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