Un dé­bat mus­clé à Bé­can­cour

Le Courrier Sud - - ACTUALITÉS - SÉ­BAS­TIEN LA­CROIX sebastien.la­croix@tc.tc

Après un dé­but de cam­pagne élec­to­rale par­se­mé d’at­taques et de pointes en­voyées de part et d’autre, Mar­tine Pe­pin et Jean-Guy Du­bois ont «lais­sé tom­ber les gants » lors d’un dé­bat ra­dio­pho­nique qui a don­né lieu à une bonne « ba­garre » ver­bale !

Les deux camps ont pro­fi­té de la joute ora­toire me­née par le jour­na­liste Jo­ce­lyn Ouel­let de­vant une cin­quan­taine de per­sonnes au deuxième étage de la Mi­cro­bras­se­rie Ô Quai des Bras­seurs - et dif­fu­sée sur les ondes du FM 90,5 - pour en dé­coudre sur de nom­breux su­jets.

Un exer­cice qui a ser­vi le maire sor­tant, Jean-Guy Du­bois, qui sait jouer avec les mots et qui n’a pas man­qué de re­mettre les pen­dules à l’heure sur plu­sieurs dos­siers qui ont mar­qué son der­nier man­dat. Il a tout de même fait face à une ad­ver­saire bien pré­pa­rée, alors que Mar­tine Pe­pin a aus­si por­té de bons coups avec plu­sieurs ques­tions et élé­ments de ré­ponses tout au long des échanges.

Dès son al­lo­cu­tion de dé­part, Jean-Guy Du­bois est re­ve­nu sur la der­nière sor­tie du Groupe Pe­pin sur la ges­tion du pro­jet de l’amé­na­ge­ment du quai de Sainte-An­gèle et de la Tour d’ob­ser­va­tion. « Je ne l’ai pas ame­né avec moi ce soir, mais j’ai ma pelle qui est un sym­bole de construc­tion. Ce soir, ex­cep­tion­nel­le­ment, j’ai ame­né ma moppe qui sert à net­toyer la sa­le­té… Vous avez at­teint un haut ni­veau de bas­sesse et de mé­chan­ce­té en fai­sant pas­ser le conseil mu­ni­ci­pal et de nom­breux bé­né­voles pour une gang d’im­bé­ciles. Tout ce­ci dans un com­mu­ni­qué de presse qui a été dé­cla­ré er­ro­né le len­de­main ma­tin », a lan­cé Jean-Guy Du­bois.

Le ton était don­né et plu­sieurs échanges mus­clés ont sui­vi du­rant l’émis­sion d’une heure, no­tam­ment sur le vo­let éco­no­mique où les vi­sions di­vergent.

D’abord en ce qui concerne l’en­tente avec IDÉ Trois-Ri­vières. « C’est un quart de mil­lion de dol­lars qui a été in­ves­ti dans IDÉ Trois-Ri­vières de­puis les deux der­nières an­nées, a lan­cé Mar­tine Pe­pin, avant d’ajou­ter qu’il n’y a tou­jours pas de ré­sul­tats tan­gibles, mal­gré le fait que le maire sou­ligne que 16 pro­jets sont sur la table. « Des pro­jets qui prennent du temps », rap­pelle-t-il.

L’an­cienne di­rec­trice gé­né­rale de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Coeur-du-Qué­bec a éga­le­ment in­sis­té pour que l’en­tente in­clue éga­le­ment Ni­co­let et les autres villes, avant d’ajou­ter qu’il faut un vrai par­te­na­riat, comme ce­lui sur l’éco­no­mie cir­cu­laire mise sur pied par la CCICQ.

Elle est éga­le­ment re­ve­nue sur le Sa­lon de l’em­ploi Trois-Ri­vières-Bé­can­cour dont la te­nue de­vait al­ter­ner entre la Rive-Nord et la Rive-Sud. « Là, on en­voie nos en­tre­prises à Trois-Ri­vières », a-t-elle rap­pe­lé. Ce à quoi le maire Du­bois a ré­tor­qué : « vous trou­ve­rez un en­droit pour l’ins­tal­ler à la gran­deur qu’il a, il n’y en a pas d’es­pace pour faire ça (sur la Rive-Sud). »

Le dé­ve­lop­pe­ment tou­ris­tique a aus­si don­né lieu à quelques ré­pliques as­sas­sines. No­tam­ment en ce qui concerne le nombre d’em­ployés. «Il y avait 4 per­sonnes à plein temps douze mois par an­née. Au­jourd’hui, on en a 1,4 au tou­risme et trois fois plus d’ac­ti­vi­tés qu’on avait», a dé­crit Jean-Guy Du­bois, avant d’ajou­ter, quand il a été ques­tion de ré­ta­blir l’Of­fice de tou­risme: vous vou­lez ré­en­ga­ger quel­qu’un, votre ju­pon dé­passe-t-il un pe­tit peu ? »

De son cô­té, Mar­tin Pe­pin, qui sou­haite re­don­ner le pou­voir aux in­ter­ve­nants du mi­lieu lui a de­man­dé si «le co­mi­té consul­ta­tif est-il juste consul­té ou il a un de­voir d’ai­der dans votre or­ga­ni­sa­tion ? », avant de lui lan­cer que s’il y a un poste d’ou­vert au Tou­risme, c’est que tous les autres ont été congé­diés.

Le ton a éga­le­ment mon­té quand il a été ques­tion de l’in­cu­ba­teur en tech­no­lo­gie en­vi­ron­ne­men­tale, sur le­quel la Ville d’ap­prête à in­ves­tir plus de 6 mil­lions $. Mar­tine Pe­pin, qui a sou­li­gné que tout ce qui touche aux éner­gies vertes de­vait au dé­part être si­tué dans le parc LaP­rade. « Là, vous l’ame­nez dans le parc in­dus­triel et por­tuaire. Est-ce que vous ai­mez in­ves­tir dans du bé­ton ? », lui a-t-elle lan­cé, puis­qu’il y a dé­jà des lo­caux va­cants et une ad­mi­nis­tra­tion en place.

« Nous avons es­sayé de toutes les fa­çons pos­sibles avec le pro­prié­taire de LaP­rade, mais vous sau­riez, si vous étiez ve­nu au moins une fois au conseil, que nous avons une pour­suite de 5 mil­lions. On a tout es­sayé, mais il y a des li­mi­ta­tions, parce que c’est une cen­trale d’eau lourde. Il y a d’im­menses blocs de bé­ton sur le ter­rain et au­cun sys­tème d’égout sauf un égout do­mes­tique pour 30 à 40 per­sonnes », a-t-il ré­tor­qué.

«Quel est votre seuil de ren­ta­bi­li­té pour l’in­cu­ba­teur? Le sa­vez-vous?, a lan­cé Mar­tine Pe­pin à Jean-Guy Du­bois, qui lui a avoué n’en avoir au­cune idée et qu’il n’est pas ques­tion de ren­ta­bi­li­té pour un tel pro­jet. C’est 387000$. C’est beau­coup d’ar­gent ça », a ajou­té Mme Pé­pin, qui sou­haite plu­tôt y dé­ve­lop­per un Hub.

Le reste du dé­bat s’est dé­rou­lé plus cal­me­ment et les can­di­dats ont même été sur la même lon­gueur d’onde sur quelques dos­siers, comme la re­vi­ta­li­sa­tion des sec­teurs, le re­fus de l’ex­plo­ra­tion et l’ex­ploi­ta­tion du gaz de schiste et l’im­por­tance d’un pro­gramme de me­sure d’ur­gence en cas d’inon­da­tions.

Le dé­bat a d’ailleurs été un point tour­nant de la cam­pagne. Si le ton était à la confron­ta­tion jusque-là, il s’est quelque peu adou­ci et il est pas­sé en mode pro­po­si­tion pour le der­nier blitz de la course à la mai­rie.

(Pho­to Fa­ce­book – Ré­seau Écoles-Mé­dias du Qué­bec)

Le dé­bat entre les can­di­dat(e)s à la mai­rie à Bé­can­cour s’est te­nu de­vant une cin­quan­taine de per­sonnes à la Mi­cro­bras­se­rie Ô Quai des Bras­seurs, à Sainte-An­gèle.

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