Drogue au vo­lant : les po­li­ciers se­ront-ils prêts ?

Le Courrier Sud - - ACTUALITÉS - SÉ­BAS­TIEN LA­CROIX se­bas­tien.la­croix@tc.tc

Est-ce que les po­li­ciers se­ront pré­pa­rés à faire face à une re­cru­des­cence de conduc­teurs avec les fa­cul­tés af­fai­blies par la drogue avec la lé­ga­li­sa­tion pro­chaine du can­na­bis ?

Le nombre d’agents éva­lua­teurs – des ef­fec­tifs qui servent à dé­ter­mi­ner si une per­sonne est in­toxi­quée une fois qu’elle a été ame­née au poste - de­vrait du moins aug­men­té de près 50 % au cours de la pro­chaine an­née.

C’est ce qu’il nous a été per­mis d’ap­prendre du cô­té de l’École na­tio­nale de po­lice du Qué­bec, à Ni­co­let, où trois groupes de douze per­sonnes sui­vront une for­ma­tion de 80 heures sur le su­jet. « On sait qu’il y en a 80 au Qué­bec et on s’ap­prête à en ajou­ter 36 », in­dique la conseillère en com­mu­ni­ca­tion à l’ENPQ, An­drée Do­ré.

Le nombre d’agents éva­lua­teurs était d’ailleurs ju­gé trop faible, au dé­but du mois de sep­tembre, par la Fé­dé­ra­tion des po­li­ciers et des po­li­cières mu­ni­ci­paux du Qué­bec (FPMQ), alors qu’ils re­pré­sen­te­raient moins de 1 % des ef­fec­tifs. En com­pa­rai­son, il y au­rait 10 fois plus de tech­ni­ciens pour l’al­cool au vo­lant.

« Cette si­tua­tion est pré­oc­cu­pante quand on sait que les ac­ci­dents de la route après la consom­ma­tion de can­na­bis ont aug­men­té de 40 % au Co­lo­ra­do après la lé­ga­li­sa­tion », a sou­le­vé Robin Cô­té, pré­sident de la FPMQ, par voie de com­mu­ni­qué, il y a quelques se­maines.

Les agents éva­lua­teurs agissent un peu comme le fait un tech­ni­cien qua­li­fié en me­su­rant le taux d’al­cool dans le sang à l’aide d’un 888 740-3060 ap­pa­reil de dé­tec­tion, en ten­tant de prou­ver que le sus­pect est in­toxi­qué.

Pour y ar­ri­ver, une sé­rie de douze épreuves se­ront né­ces­saires quand une per­sonne est ame­née au poste. « Les douze étapes nous per­met­tront de clas­si­fier si la per­sonne est sous l’ef­fet d’une ou de plu­sieurs drogues, et de quelles fa­milles de stu­pé­fiants : un dé­pres­seur ou autres », ex­plique De­nis Hu­bert, ex­pert-conseil en sé­cu­ri­té rou­tière.

Un al­co­test est d’abord né­ces­saire pour éli­mi­ner l’al­cool des pos­si­bi­li­tés. Puis, une sé­rie d’exa­mens phy­siques sont en­suite me­nés, comme de prendre la pres­sion ar­té­rielle, la tem­pé­ra­ture ou un exa­men des pu­pilles. Le po­li­cier peut aus­si de­man­der au sus­pect de suivre des yeux le dé­pla­ce­ment d’un ob­jet par un mou­ve­ment, par exemple.

Par la suite, un test d’urine est de­man­dé à l’in­di­vi­du. Ce­lui-ci est en­suite ana­ly­sé en la­bo­ra­toire et sert à cor­ro­bo­rer les conclu­sions de l’agent éva­lua­teur cor­res­pondent à ce qui a été dé­tec­té. Si tel est le cas, des ac­cu­sa­tions pour­raient être por­tées.

(Pho­to TC Me­dia – Éric Guer­tin/Ar­chives)

Pour contrer la conduite sous l’ef­fet du can­na­bis, les ef­fec­tifs po­li­ciers de­vraient aug­men­ter de 50 % au cours de la pro­chaine an­née.

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