Vers un con­flit de tra­vail à

Le Courrier Sud - - ACTUALITÉS - SÉ­BAS­TIEN LACROIX se­bas­tien.lacroix@tc.tc

Le spectre d’un con­flit de tra­vail se des­sine à l’Alu­mi­ne­rie de Bé­can­cour, se­lon ce qu’in­dique le Syn­di­cat des Mé­tal­los.

C’est que les né­go­cia­tions entre les deux par­ties semblent dif­fi­ciles, alors que l’em­ployeur sou­haite ins­tau­rer un ré­gime de re­traite à deux vi­tesses, ce que le Syn­di­cat re­jette ca­té­go­ri­que­ment, ju­geant qu’il s’agit de dis­cri­mi­na­tion en­vers les fu­turs tra­vailleurs.

Le bras de fer se dé­roule alors que le gou­ver­ne­ment éva­lue la pos­si­bi­li­té d’in­ter­dire dans la Loi sur les normes du tra­vail les clauses or­phe­lin dans les ré­gimes de re­traite et d’as­su­rance. À Bé­can­cour, où une forte vague d’em­bauches est à pré­voir au cours des pro­chaines an­nées, le syn­di­cat re­jette la dis­cri­mi­na­tion en­vers les nou­veaux tra­vailleurs.

« Nous fai­sons le même tra­vail, il n’y pas de rai­son que les sa­la­riés qui entrent n’aient pas droit au même ré­gime de re­traite. L’en­tre­prise es­saie de pres­ser le ci­tron en di­vi­sant les tra­vailleurs entre eux. Nos em­ployeurs doivent com­prendre qu’au Qué­bec, on re­fuse la dis­cri­mi­na­tion en­vers les nou­veaux tra­vailleurs. Ça ne passe pas », a fait va­loir le pré­sident de la sec­tion lo­cale 9700, Clé­ment Masse, par voie de com­mu­ni­qué.

Le Syn­di­cat des Mé­tal­los, qui re­pré­sente les 1030 tra­vailleurs, fait va­loir qu’avant ABI, d’autres em­ployeurs ont ten­té d’im­po­ser ce qu’on ap­pelle des clauses or­phe­lin ou clauses de disparité de trai­te­ment dans les ré­gimes de re­traite. Chez les Mé­tal­los du Qué­bec, il y a no­tam­ment eu une grève chez Ci­ment La­farge, chez Res­co, et ce­la a pas­sé près chez Ar­ce­lorMit­tal. Rap­pe­lons que lors du congrès du Par­ti li­bé­ral te­nu en juin 2015, les dé­lé­gués avaient adop­té une ré­so­lu­tion pour in­ter­dire les dis­pa­ri­tés de trai­te­ment dans les ré­gimes de re­traite.

« Les Mé­tal­los se battent contre les clauses or­phe­lin de­puis plu­sieurs an­nées. Nous de­man­dons une loi pour rendre de telles clauses dis­cri­mi­na­toires illé­gales dans les normes du tra­vail, comme c’est dé­jà le cas sur les sa­laires de­puis 2001. ABI doit être consciente qu’elle se di­rige droit dans un mur avec une telle de­mande. Nos confrères mé­tal­los se sont bat­tus avant nous et nous sommes prêts à suivre leurs traces. Le contexte éco­no­mique ac­tuel est par­ti­cu­liè­re­ment fa­vo­rable aux pro­duc­teurs d’alu­mi­nium qui en­grangent d’im­por­tants pro­fits. Ce­la de­vrait se re­flé­ter dans les condi­tions des tra­vailleurs », ajoute Clé­ment Masse.

Outre le ré­gime de re­traite, les né­go­cia­tions achoppent éga­le­ment au su­jet du res­pect de l’an­cien­ne­té dans les mou­ve­ments de main-d’oeuvre. Des cen­taines d’em­bauches sont à pré­voir au cours des pro­chaines an­nées, ce qui né­ces­si­te­ra d’im­por­tants mou­ve­ments de main-d’oeuvre.

Le contrat de tra­vail ar­rive à échéance le 22 no­vembre pro­chain. Rap­pe­lons que le der­nier con­flit de tra­vail chez ABI re­monte à 2004, alors qu’une grève avait du­ré près de cinq L’ÉQUIPE RICARD-NORMANDINLAFORCE EST FIÈRE D’AC­CUEILLIR M. DO­MI­NIC BOU­CHER, À TITRE DE CONSEILLER EN PLA­CE­MENT.

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