Le di­lemme de l’iden­ti­té vir­tuelle

Dé­par­ta­ger le pour et le contre de cette nou­velle forme d’iden­ti­té.

Le Délit - - Innovations - manon de­buire

Avec l’avan­ce­ment de la tech­no­lo­gie, notre dé­pen­dance à In­ter­net s’agran­dit. Il existe dès lors de plus en plus de risques, mais éga­le­ment d’avan­tages, liés à notre iden­ti­té vir­tuelle. Cette iden­ti­té vir­tuelle re­pré­sente l’en­semble des in­for­ma­tions que l’on trouve sur In­ter­net nous concer­nant. Comme dans la vie réelle, l’iden­ti­té vir­tuelle est un mé­lange entre «ce que je montre, ce que je cache, ce que les autres per­çoivent et ce qui m’échappe». Chaque in­ter­naute a, qu’il le veuille ou non, une forme d’iden­ti­té vir­tuelle.

Nous n’avons plus seule­ment le conte­nu de notre page Fa­ce­book per­so­nelle à gé­rer mais aus­si ce­lui d’autres pla­te­formes sur les­quelles n’importe qui peut avoir ac­cès à nos in­for­ma­tions: notre nom, date de nais­sance, mais aus­si plus pré­ci­sé­ment ce que nous avons fait le wee­kend der­nier ou notre der­nier voyage tou­ris­tique.

Nous com­men­çons de plus en plus à perdre le contrôle sur qui peut vi­sion­ner ce que nous met­tons sur l’in­ter­net, même avec la seule in­ten­tion de par­ta­ger nos don­nées seule­ment à nos «amis». Qui sont ces «amis» que nous avons sur nos ré­seaux so­ciaux? A qui fai­sons-nous confiance au point d’avoir ac­cès à nos photos, nos in­for­ma­tions per­son­nelles, nos sta­tuts?

Un uni­vers dan­ge­reux

Il existe de moins en moins de moyens pour pro­té­ger cet en­semble de don­nées qui soit-di­sant nous «ap­par­tient». Nous croyons pou­voir dé­fendre notre iden­ti­té vir­tuelle en chan­geant nos modes de confi­den­tia­li­té, mais à quel point pou­vons-nous faire confiance aux pa­ra­mètres de ces pages so­ciales? Com­ment pou­vons-nous être sûrs que notre iden­ti­té se­ra res­pec­tée et que nos photos, sta­tuts, et in­for­ma­tions ne se­ront pas uti­li­sés sous un autre nom? Au­jourd’hui, nous pou­vons voir une aug­men­ta­tion ra­pide d’usur- pa­tion d’iden­ti­té dans le monde vir­tuel à cause de ce manque de pro­tec­tion et de la fa­ci­li­té à par­ta­ger et à trans­mettre l’in­for­ma­tion. Ce­ci est, d’une cer­taine ma­nière, re­lié à l’exis­tence des ré­seaux so­ciaux.

Le dan­ger des ré­seaux so­ciaux ne ré­side pas dans le fait de pos­sé­der un compte, mais plu­tôt dans la tentation de pu­blier tou­jours plus de don­nées per­son­nelles. Dès que nous ajou­tons une per­sonne à notre ré­seau, nous lui don­nons ac­cès à notre vie et à nos don­nées à tra­vers notre iden­ti­té vir­tuelle et ce­ci fa­ci­lite l’usur­pa­tion d’iden­ti­té. Pour re­mé­dier à ce­la, nous de­vons de plus en plus faire at­ten­tion au conte­nu que nous pu­blions et par­ta­geons en ligne. Il nous faut rendre plus pri­vée notre iden­ti­té vir­tuelle.

Ce­la peut avoir un im­pact im­por­tant non seule­ment dans le pré­sent mais aus­si dans le fu­tur, étant don­né qu’au moins 43% d’em­ployeurs re­gardent nos ré­seaux so­ciaux pour se construire un avis sur notre per­sonne, dans le pro­ces­sus de re­cru­te­ment. Nous de­vons gar­der en tête que beau- coup peuvent voir et lire ce que nous met­tons en ligne même en étant en «mode pri­vé».

À vos risques et pé­rils

D’un autre cô­té, cet avan­ce­ment du monde so­cial en ligne nous ap­porte aus­si des op­por­tu­ni­tés qui peuvent se ré­vé­ler avan­ta­geuses. Au lieu de di­vul­guer une photo d’une fête de la veille, nous avons la pos­si­bi­li­té de dif­fu­ser des évè­ne­ments ou pro­jets qui sont liés à nos pas­sions, nos in­té­rêts et nos ac­ti­vi­tés ex­tracur­ri­cu­laires. Lin­ke­din est un de ces ré­seaux so­ciaux qui nous aident à pro­mou­voir nos ac­com­plis­se­ments et se connec­ter avec des per­sonnes sur une pla­te­forme pro­fes­sion­nelle. Mal­heu­reu­se­ment, nous ne sommes pas à l’abri d’usur­pa­tion d’iden­ti­té, même sur un ré­seau si connu et ré­pu­té que ce­lui ci. Il nous faut donc être vi­gi­lants et pen­ser à ce que nous vou­lons dif­fu­ser sur la toile. Bien que nous ne soyons pas res­pon­sables de tous les al­go­rithmes qui dé­fi­nissent notre iden­ti­té vir­tuelle, nous pou­vons amoin­drir ses po­ten­tiels risques en se pro­té­geant au maxi­mum. x

« The soun­ding off is­sue » de Frank Ocean, sé­rie photo de deux cou­ver­tures et un port­fo­lio de 32 pages shoo­tée par l’ar­tiste lui-même pour ID Ma­ga­zine, édi­tion Hi­ver 2017. L’ar­tiste hip-hop qui a sor­ti l’al­bum Blonde à l’été 2017 étend sa vi­sion et les formes de son art. Frank Ocean a mis en avant et ini­tie un ques­tion­ne­ment obli­ga­toire et in­tel­li­gent au­tour de la créa­ti­vi­té, de la sexua­li­té, et de son iden­ti­té. Il aborde sa tour­née de l’été 2017, et son ar­rêt à Los Angeles, sur ce que re­pré­sente cette ville et les gens qui l’en­tourent. Somme toute, un bi­lan vi­suel de tout ce que son en­tou­rage lui ap­porte. Frank Ocean donne ain­si un vrai sens au mot culture, en ne li­mi­tant pas ses formes d’ex­pres­sion.

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