CO­LORS

Le Devoir - - MUSIQUE - Phi­lippe Re­naud

Rien contre la pop su­crée de Phar­rell et de Jus­tin Tim­ber­lake, mais Beck les imi­tant? Nous com­pre­nons qu’après le spleen folk de Mor­ning Phase (2014) il ait en­vie d’un al­bum plus hop-la­vie, se­lon le prin­cipe d’al­ter­nance dis­co­gra­phique au­quel il nous a ha­bi­tués de­puis le dé­but de sa car­rière. Certes, Co­lors ne manque pas de re­frains ac­cro­cheurs, de mo­tifs de gui­tare mor­dants, de ri­tour­nelles de syn­thé qui s’in­crustent dans le cor­tex. Ça, c’est du pur Beck, comme dans Wow et sa ryth­mique hiphop ou dans la po­wer-pop de I’m so Free (très Wee­zer dans le re­frain). Mais ça sonne vide. Sans nu­tri­ments. Une sé­rie d’exer­cices de style aux ryth­miques sur­pro­duites avec l’aide de Greg Kurs­tin. Ça sent la re­cette, au mieux l’hom­mage à Tim­ber­lake (le re­frain de Up All Night cal­qué sur Can’t Stop the Fee­ling), à The Cars dans le res­sort des gui­tares, à The Police sur

No Dis­trac­tion. Beck peut bien vi­rer pop-dance si ça lui chante, mais qu’il le fasse au moins avec une once d’idées neuves!

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