Des in­ter­dits va­riables au tra­vail

Le Devoir - - PERSPECTIVES - FA­BIEN DE­GLISE

C’est bien connu : le can­na­bis trouble les per­cep­tions de ma­nière in­cons­tante d’un consom­ma­teur à un autre. Et c’est ce qui semble se pro­duire dans le monde du tra­vail où la lé­ga­li­sa­tion à ve­nir dans quelques jours fait ap­pa­raître des cadres aus­si va­riés qu’op­po­sés.

Ces der­niers jours, l’in­ter­dit est tom­bé chez Air Ca­na­da et WestJet, deux com­pa­gnies qui ont ban­ni le can­na­bis pour le per­son­nel oc­cu­pant des «postes cri­tiques pour la sé­cu­ri­té», dont les pi­lotes. Y com­pris en de­hors des heures de tra­vail et du­rant leurs temps libres.

À la Dé­fense na­tio­nale, une pé­riode de la­tence de 8 heures sans can­na­bis est im­po­sée à tous les membres des Forces avant un re­tour au tra­vail, et de 24 heures à 28 jours pour les em­plois à risque.

Quant à l’Agence des ser­vices fron­ta­liers, elle presse ses agents de ne pas fu­mer 24 heures avant un quart de tra­vail. Ce dé­lai at­teint 28 jours pour les membres de la Gen­dar­me­rie royale du Ca­na­da (GRC), alors qu’au Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal (SPVM), au­cune res­tric­tion n’est im­po­sée en sus de celle in­ter­di­sant dé­jà d’être in­toxi­qué pen­dant les heures de tra­vail. Les cadres res­tric­tifs s’im­posent dans un contexte où les tra­vailleurs ca­na­diens, eux, semblent nom­breux à ne pas vou­loir mê­ler can­na­bis et en­vi­ron­ne­ment de tra­vail, au même titre que l’al­cool.

Un son­dage me­né par Ip­sos pour le compte d’ADP, une en­tre­prise spé­cia­li­sée dans la ges­tion du per­son­nel, a ré­vé­lé qu’à peine 6 % d’entre eux croient que leur em­ployeur au­to­ri­se­ra la consom­ma­tion du can­na­bis à des fins ré­créa­tives pen­dant, ou juste avant les heures de tra­vail.

Pas moins de 7 % des em­ployés ne fai­sant pas par­tie de la di­rec­tion pré­voient de consom­mer du can­na­bis avant le tra­vail, et 4 % pen­dant les heures de tra­vail, in­dique le coup de sonde.

Fa­vo­ri­ser la dis­cus­sion

À l’heure ac­tuelle, 38 % des conseillers en res­sources hu­maines es­timent que l’usage des drogues par les em­ployés est un peu ou beau­coup pro­blé­ma­tique dans leur or­ga­ni­sa­tion, ré­vé­lait un son­dage réa­li­sé en juin der­nier. Plus de 65% des en­tre­prises pour les­quelles ces conseillers tra­vaillent dis­posent d’une po­li­tique en­ca­drant l’usage des drogues.

Pour l’Ordre des conseillers en res­sources hu­maines agréés (OCRHA), la lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis « four­nit une belle oc­ca­sion de fa­vo­ri­ser la dis­cus­sion ou­verte sur le su­jet en mi­lieu de tra­vail, de re­haus­ser la pré­ven­tion et la sen­si­bi­li­sa­tion et d’ac­com­pa­gner les em­ployés aux prises avec une dé­pen­dance », in­dique sa di­rec­trice gé­né­rale, Ma­non Poi­rier, par voie de com­mu­ni­qué.

Ces der­niers jours, l’in­ter­dit est tom­bé chez Air Ca­na­da et WestJet, deux com­pa­gnies qui ont ban­ni le can­na­bis pour le per­son­nel oc­cu­pant des « postes cri­tiques pour la sé­cu­ri­té », dont les pi­lotes

JACQUES NA­DEAU LE DE­VOIR

Au Co­lo­ra­do, le nombre de dé­cès sur les routes im­pli­quant du can­na­bis a dou­blé après la lé­ga­li­sa­tion en 2014.

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