Es­ca­pade

Outre ses lé­gen­daires at­traits, cette ré­gion du sud de l’On­ta­rio donne beau­coup à voir

Le Devoir - - SOMMAIRE | CULTURE - SYL­VIE ST-JACQUES À NIA­GA­RA COL­LA­BO­RA­TRICE LE DE­VOIR

«

Je dois voir les chutes Nia­ga­ra!» lance, en­thou­siaste, mon com­pa­gnon al­le­mand, dont la liste « à voir, à faire» du Ca­na­da ri­va­lise d’am­bi­tion avec celle d’un groupe de re­trai­tés ja­po­nais.

Par une se­maine ca­ni­cu­laire du mois d’août, ne crai­gnant ni l’af­fluence tou­ris­tique ni les pré­cau­tions d’amis qui nous ont bien pré­ve­nus que «Nia­ga­ra, c’est fort qué­taine…», nous pre­nons la 401, en di­rec­tion du cô­té ca­na­dien de cette mer­veille de la na­ture.

Chutes alors !

Le temps de po­ser nos ba­gages dans notre mo­deste chambre d’un mo­tel cli­ma­ti­sé, nous met­tons le cap vers les fa­meuses cas­cades d’eau qui font

tant cou­rir les foules. Après tout, les 12 mil­lions de tou­ristes an­nuels qui posent le re­gard sur ces splen­deurs ne peuvent avoir tort!

Che­min fai­sant, sur l’ar­tère cen­trale du pe­tit centre-ville de Nia­ga­ra, nous sommes frap­pés de plein fouet par une to­ni­truante ma­rée bling­bling. Un mu­sée de cire où les tou­ristes s’im­mor­ta­lisent en com­pa­gnie du duo Trump-Kim Jong-un. Un gi­gan­tesque Bos­ton Piz­za qui avoi­sine de tout aus­si dé­me­su­rés Tim Hor­ton’s et autres res­tos à la chaîne où les prix sont gon­flés comme si nous étions à Mo­na­co. Un ter­rain de mi­ni­putt ayant pour thème le Parc ju­ras­sique. Et for­mant une opaque chaîne hu­maine de­vant les chutes illu­mi­nées, beau­coup, beau­coup de tou­ristes heu­reux de prendre un sel­fie.

Vite, un plan B

Nia­ga­ra-on-the-Lake, co­quette ville à une quin­zaine de ki­lo­mètres à l’est des chutes, est la pre­mière op­tion qui nous vient en tête. Mais avant de par­tir à la dé­cou­verte de cette des­ti­na­tion de vil­lé­gia­ture fleu­rie au charme to­ron­to-vic­to­rien, nous fai­sons une es­cale et ga­rons la voi­ture au Whirl­pool Areo Car, puis em­prun­tons un sen­tier pour une agréable ran­don­née qui longe la ri­vière Nia­ga­ra et nous mène jus­qu’à Queens­ton.

Le len­de­main, alors que notre fuite loin des chutes nous mène dans le très bu­co­lique wine coun­try, nous aper­ce­vons quelques pe­tits groupes de cy­clistes souriants et dé­sin­voltes. Quelques re­cherches plus tard, nous com­pre­nons qu’ils ont eu la bonne idée de par­ti­ci­per à l’une des nom­breuses ex­cur­sions des vi­gnobles sur deux roues, of­fertes dans la pé­nin­sule du Nia­ga­ra. La com­pa­gnie Grape Es­cape Wine Tours (pour ne pas la nom­mer) pro­pose par exemple des for­faits «vins, bière, vé­lo et foo­die » ou en­core «lunch et vi­gnobles», dont les prix va­rient entre 69$ et 129 $ (plus taxe.)

L’ex­cur­sion d’après-mi­di (à 69$) est à la por­tée de tous, avec un dé­part à 12h30 pour une pro­me­nade d’en­vi­ron 20 ki­lo­mètres et la dé­cou­verte de trois vi­gnobles. Les vins se dé­gustent de fa­çon sym­pa­thique et in­for­melle dans la ré­gion vi­ni­cole du Nia­ga­ra, et plu­sieurs wi­ne­ries offrent leurs vins à goû­ter gra­tui­te­ment. Et le pay­sage, faut-il le pré­ci­ser, n’est pas pi­qué des vers!

Un avant-mi­di à flâ­ner à Nia­ga­raon-the-Lake sus­tente notre soif de bon ca­fé (le cap­puc­ci­no du Bal­zac est fa­meux), de bou­tiques de chan­delles-qui-sentent-bon, confi­tures fines et autres dé­lices sur me­sure pour les bud­gets dis­cré­tion­naires de tou­ristes qui se sentent su­bi­te­ment « lousses » une fois ve­nu le temps des va­cances. D’avril à oc­tobre, Nia­ga­raon-the-Lake s’af­fiche comme un haut lieu de théâtre, avec son pres­ti­gieux Shaw Fes­ti­val, et pour­quoi ne pas en pro­fi­ter pour voir Hen­ry V ou Oh What a Lo­ve­ly War, deux pièces à l’af­fiche cet au­tomne?

Et tant qu’à fuir les chutes, une es­ca­pade du cô­té d’Ha­mil­ton, en pleine ef­fer­ves­cence en rai­son de l’exode de ré­si­dents de To­ron­to, est une oc­ca­sion de dé­cou­vrir les jeunes chefs, les mar­chés pu­blics et les nom­breuses ma­ni­fes­ta­tions cultu­relles qui font vi­brer cette ville. De re­tour à Nia­ga­ra, on dé­cide de faire la paix avec le kitsch, les mi­ni­putts et tout le fla-fla pour prendre l’air sur la pro­me­nade qui longe le bord de l’eau.

Et mal­gré l’af­fluence de pre­neurs de sel­fies, il faut bien l’ad­mettre: elles valent quand même une place sur Ins­ta­gram, les chutes du Nia­ga­ra.

Les vins se dé­gustent de fa­çon sym­pa­thique et in­for­melle dans la ré­gion vi­ni­cole du Nia­ga­ra, et plu­sieurs wi­ne­ries offrent leurs vins à goû­ter gra­tui­te­ment

Les cé­lèbres chutes du Nia­ga­ra, à la fron­tière entre les États-Unis et le Ca­na­da, at­tirent chaque an­née des mil­lions de tou­ristes.

Un avant-mi­di à flâ­ner à Nia­ga­ra-on-the-Lake sus­tente notre soif de bon ca­fé et de pe­tites bou­tiques of­frant plu­sieurs pro­duits et dé­lices sur me­sure.

PHO­TOS SYL­VIE ST-JACQUES

D’avril à oc­tobre, la co­quette ville de Nia­ga­raon-the-Lake s’af­fiche comme un haut lieu de théâtre, avec son pres­ti­gieux Shaw Fes­ti­val.

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