Le chef du SPVM ex­plique sa vi­sion de l’or­ga­ni­sa­tion

Le Devoir - - ACTUALITÉS - JEANNE COR­RI­VEAU

Le chef dé­si­gné du Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal (SPVM), Syl­vain Ca­ron, n’écarte pas l’idée que les au­di­tions en ma­tière dis­ci­pli­naire vi­sant les po­li­ciers puissent se te­nir en pu­blic.

Le po­li­cier a abor­dé le su­jet alors qu’il ré­pon­dait aux ques­tions des élus et des ci­toyens lors d’une séance de la Com­mis­sion de la sé­cu­ri­té pu­blique ven­dre­di.

Choi­si par le co­mi­té de sé­lec­tion pour prendre le re­lais de Mar­tin Prud’homme à la tête du SPVM, Syl­vain Ca­ron a pré­sen­té à la Com­mis­sion sa vi­sion stra­té­gique à l’égard du ser­vice de po­lice, mi­né par plu­sieurs crises au cours des der­nières an­nées. « Ma vi­sion du SPVM est la même que celle de Mar­tin Prud’homme. [On doit faire] du SPVM une or­ga­ni­sa­tion de confiance », a-t-il ex­pli­qué.

Syl­vain Ca­ron a in­sis­té sur l’im­por­tance de la red­di­tion de comptes et la trans­pa­rence au SPVM.

Alexandre Po­po­vic, porte-pa­role de la Coa­li­tion contre la ré­pres­sion et les abus po­li­ciers (CRAP), lui a alors de­man­dé si le SPVM en­vi­sa­geait d’ou­vrir au pu­blic les au­di­tions des en­quêtes dis­ci­pli­naires, comme To­ron­to le fait de­puis des an­nées. «Cet as­pect va faire l’ob­jet d’une at­ten­tion par­ti­cu­lière. On va voir les meilleures pra­tiques », a ré­pon­du M. Ca­ron. « Ac­tuel­le­ment, au Qué­bec, il y a des ser­vices po­li­ciers dont le rè­gle­ment sur la dis­ci­pline pré­voit des au­diences avec la pré­sence du pu­blic. »

Syl­vain Ca­ron a aus­si été ques­tion­né par Eve-Ma­rie La­casse, de la Ligue des droits et li­ber­tés, sur les re­proches faits par la di­rec­trice du Bu­reau d’en­quêtes in­dé­pen­dantes (BEI), Me Ma­de­leine Giauque, au SPVM. Celle-ci re­pro­chait à cer­tains po­li­ciers du SPVM d’avoir en­freint le rè­gle­ment sur le dé­rou­le­ment des en­quêtes in­dé­pen­dantes en ren­con­trant des té­moins avant l’ar­ri­vée du BEI.

Re­proches du BEI

Des po­li­ciers mont­réa­lais n’ont peu­têtre pas res­pec­té ces règles, mais leur com­por­te­ment ne vi­sait pas à nuire aux en­quêtes me­nées sur leurs col­lègues, a as­su­ré M. Ca­ron. Dans cer­tains cas, ils ont agi pour pro­té­ger les lieux et re­cueillir des in­for­ma­tions en at­ten­dant l’ar­ri­vée du BEI, ce qui pou­vait prendre plu­sieurs heures. « Il n’y a au­cune ma­lice de la part de notre per­son­nel », a-t-il dit.

Syl­vain Ca­ron a dit avoir ren­con­tré Me Giauque au dé­but du mois d’oc­tobre : « Notre po­li­tique in­terne sur les en­quêtes in­dé­pen­dantes a été ac­tua­li­sée ».

En ma­tière d’en­quêtes in­ternes sur les po­li­ciers vi­sés par des al­lé­ga­tions cri­mi­nelles, Syl­vain Ca­ron s’est dit d’ac­cord avec la créa­tion d’une équipe mixte avec la Sû­re­té du Qué­bec (SQ) et le SPVM, sans re­je­ter un mo­dèle qui in­clu­rait le BEI.

Âgé de 57 ans, Syl­vain Ca­ron était l’un des deux can­di­dats qu’avait pro­po­sés Mar­tin Prud’homme dans un rap­port pu­blié plus tôt cette se­maine. Ce­lui-ci re­com­man­dait la no­mi­na­tion de l’un de ses ad­joints afin d’as­su­rer la sta­bi­li­té au SPVM et évi­ter la te­nue d’une course à la chef­fe­rie.

Man­dat de cinq ans

S’il est choi­si au terme du pro­ces­sus de no­mi­na­tion, M. Ca­ron se ver­ra confier un man­dat de cinq ans. Il croit qu’il lui fau­dra deux ou trois ans pour me­ner à bien la ré­forme en­tre­prise par Mar­tin Prud’homme.

À l’is­sue de la séance, les membres de la Com­mis­sion ont en­té­ri­né à l’una­ni­mi­té la can­di­da­ture de M. Ca­ron. Le co­mi­té exé­cu­tif de­vra se pro­non­cer le 14 no­vembre, puis ce se­ra au tour du con­seil mu­ni­ci­pal de le faire, le 19 no­vembre. Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec au­ra le der­nier mot.

Avant de se joindre au SPVM en mars der­nier, Syl­vain Ca­ron était di­rec­teur ad­joint à la SQ. Au­pa­ra­vant, il avait di­ri­gé le ser­vice de po­lice de So­rel-Tra­cy.

Syl­vain Ca­ron, chef dé­si­gné du SPVM

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