Les PME qué­bé­coises prennent goût aux mar­chés d’ex­por­ta­tion

L’in­té­rêt pour l’Eu­rope et l’Asie gran­dit à la fa­veur des nou­veaux ac­cords de libre-échange

Le Devoir - - ÉCONOMIE - ÉRIC DES­RO­SIERS

Les PME qué­bé­coises s’in­té­ressent de plus en plus aux mar­chés d’ex­por­ta­tion pour élar­gir leur ter­rain de jeu et pro­fi­ter des oc­ca­sions of­fertes par les nou­veaux ac­cords de libre-échange et en dé­pit de Do­nald Trump.

Com­merce in­ter­na­tio­nal Qué­bec, le ré­seau des or­ga­nismes ré­gio­naux de pro­mo­tion des ex­por­ta­tions au­près des PME du Qué­bec (ORPEX), a te­nu cette se­maine la pre­mière édi­tion d’un ga­la ré­com­pen­sant les en­tre­prises s’étant le plus dé­mar­quées sur la scène étran­gère. Le grand ga­gnant de cette an­née a été Trio­tech, une en­tre­prise par­ta­gée entre Mon­tréal et Jo­liette et spé­cia­li­sée dans la créa­tion de sys­tèmes de jeu et de di­ver­tis­se­ment in­ter­ac­tifs de haute tech­no­lo­gie ven­dus dans une soixan­taine de pays.

« De plus en plus de PME com­mencent à se sen­tir à l’étroit dans le mar­ché qué­bé­cois et cherchent de nou­veaux dé­bou­chés», ob­serve Ca­role Dous­sin, pré­si­dente de Com­merce in­ter­na­tio­nal Qué­bec. Long­temps consi­dé­rées comme très à la traîne des grandes en­tre­prises en ma­tière d’ex­por­ta­tions, les PME ont en­tre­pris un rat­tra­page ces der­nières an­nées. Elles sont au­jourd’hui res­pon­sables de presque la moi­tié (40%) des ex­por­ta­tions hors Qué­bec, dont la ma­jeure par­tie vers des pays étran­gers, et le reste vers les pro­vinces voi­sines de l’On­ta­rio et du Nou­veau-Bruns­wick.

Les États-Unis, en par­ti­cu­lier les États du Nord-Est amé­ri­cain, res­tent leur des­ti­na­tion de pré­di­lec­tion pour des rai­sons évi­dentes de proxi­mi­té géo­gra­phique et éco­no­mique, en dé­pit des obs­tacles au com­merce que s’in­gé­nie à dres­ser de­puis deux ans le pré­sident amé­ri­cain, Do­nald Trump. Les ta­rifs, le res­ser­re­ment des contrôles aux douanes et l’im­po­si­tion de nou­velles for­ma­li­tés font tou­te­fois plus of­fice « d’em­bûches sup­plé­men­taires que de vé­ri­table em­pê­che­ment à ac­cé­der au mar­ché amé­ri­cain », es­time Ca­role Dous­sin. « Ce­la force les en­tre­prises à faire preuve de beau­coup d’agi­li­té et de ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion, parce que les règles changent tout le temps. Ce n’est pas fa­cile pour plu­sieurs d’entre elles qui ne dis­posent pas de l’ex­per­tise et des res­sources hu­maines des grandes en­tre­prises. »

On re­trouve, par­mi ces ex­por­ta­teurs qué­bé­cois, des en­tre­prises de tous les sec­teurs, y com­pris en haute tech­no­lo­gie. « La ré­pu­ta­tion des pro­duits ca­na­diens est très bonne à l’étran­ger. »

Au-de­là des États-Unis

Les vi­sées des PME qué­bé­coises ne se li­mitent tou­te­fois plus au seul mar­ché amé­ri­cain, ajoute la pré­si­dente de Com­merce in­ter­na­tio­nal Qué­bec, qui re­groupe une ving­taine d’ORPEX ré­par­tis sur l’en­semble du ter­ri­toire. « Il y a cinq ans, je vous au­rais dit que les États-Unis re­pré­sen­taient 90 % de leurs ex­por­ta­tions à l’étran­ger, mais au­jourd’hui je di­rais entre 75 et 80 %. »

L’Eu­rope est l’un de ces mar­chés où les en­tre­prises com­mencent de plus en plus à trou­ver leurs aises à la fa­veur, no­tam­ment, du nou­vel Ac­cord éco­no­mique et com­mer­cial glo­bal (AECG) en­tré en vi­gueur il y a un an entre le Ca­na­da et l’Union eu­ro­péenne. « C’est un ap­pren­tis­sage, parce que les normes et les fa­çons de faire ne sont pas les mêmes entre l’Amé­rique et l’Eu­rope, mais il est en cours et on sent un rat­tra­page » des en­tre­prises qué­bé­coises et ca­na­diennes par rap­port à leur vis-àvis eu­ro­péennes, qui semblent, pour le mo­ment, être celles qui pro­fitent le plus de l’en­tente com­mer­ciale.

Les PME qué­bé­coises re­gardent aus­si de plus en plus du cô­té de l’Asie, dit Ca­role Dous­sin, no­tam­ment de la Chine — en rai­son de sa taille — et de la Co­rée du Sud — en rai­son de l’ac­cord de li­breé­change ré­cem­ment conclu avec le Ca­na­da. L’im­mi­nente en­trée en vi­gueur du Par­te­na­riat trans­pa­ci­fique ra­ti­fié il y a deux se­maines par le Ca­na­da de­vrait ai­der les choses.

« Les PME qué­bé­coises ont long­temps eu ten­dance à se mon­trer ti­mides en ma­tière d’ex­por­ta­tions, parce qu’elles se pen­saient trop pe­tites pour se lan­cer à la conquête de mar­chés étran­gers. Mais on les sent au­jourd’hui en train de se dé­com­plexer.»

Les PME qué­bé­coises ont long­temps eu ten­dance à se mon­trer ti­mides en ma­tière d’ex­por­ta­tions, parce qu’elles se pen­saient trop pe­tites pour se lan­cer à la conquête de mar­chés étran­gers. Mais on les sent au­jourd’hui en train de se dé­com­plexer. CA­ROLE DOUS­SIN

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