Les frères Sis­ters (V.F. de The Sis­ters Bro­thers)

Le Devoir - - CULTURE | NOTRE SÉLECTION CINÉMA EN SALLE - Fran­çois Lé­vesque

★★★★ 1/2

Wes­tern de sur­prises et d’at­mo­sphère, Les frères Sis­ters, Lion d’ar­gent à Ve­nise, est l’adap­ta­tion du ro­man de Pa­trick deWitt par Jacques Au­diard (Un pro­phète), qui trouve dans cette his­toire de deux frères mer­ce­naires sur la piste d’un scien­ti­fique idéa­liste la sub­stance cri­mi­nelle d’une oeuvre de la conti­nui­té. De nou­veau, le réa­li­sa­teur de De rouille et d’os al­terne avec brio deux ré­cits pa­ral­lèles voués à s’unir (ex­cellent mon­tage de Ju­liette Wel­fling). Aux pay­sages pic­tu­raux de Ford et aux élans opé­ra­tiques de Leone, Au­diard pré­fère un spectre in­ti­miste avec abon­dance de plans ser­rés ner­veux, ceux-ci ré­vé­la­teurs, sou­vent, du confi­ne­ment psy­cho­lo­gique des pro­ta­go­nistes. Choi­sis, les gros plans sont quant à eux vo­lon­tiers ma­gni­fiés par des ef­fets de clair-obs­cur, voire d’ob­tu­ra­tion. Ré­cur­rent chez Au­diard, ce pro­cé­dé désuet, dé­li­cat, jette un peu de poé­sie dans la vio­lence, fai­sant ain­si re­cu­ler, ne se­rait-ce qu’un peu, les té­nèbres hu­maines.

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