Un mo­dèle d'en­tre­prise ren­table

Le Droit Affaires - - Dossier - par Ge­ne­vieve Tur­cot Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gtur­cot@le­droit.com

En moins de cinq ans, le ser­vice de trai­teur d’Ot­ta­wa Gour­met-Xpress a vu son chiffre d’af­faires bon­dir de 300%. Un ren­de­ment qui est ap­pe­lé à dou­bler avec le dé­mé­na­ge­ment de cette en­tre­prise so­ciale dans une nou­velle cui­sine adap­tée à ses be­soins. «La mis­sion pre­mière de ce trai­teur est la réin­ser­tion sur le mar­ché du tra­vail de per­sonnes qui ont des bar­rières à l’em­ploi, ex­plique Syl­vie Bé­lair-Scharf, di­rec­trice des ser­vices d’em­ploi, au Centre des ser­vices com­mu­nau­taires Va­nier, qui pi­lote ce pro­jet. Ces bar­rières peuvent être un han­di­cap, un pro­blème de san­té men­tale ou en­core un manque de com­pé­tences ou d’ex­pé­riences de tra­vail. Cer­tains par­ti­ci­pants ont aus­si tout sim­ple­ment un in­té­rêt pour la cui­sine.» Avant de se lan­cer tête pre­mière dans cette aven­ture cu­li­naire, le Centre a d’abord pro­cé­dé à une ri­gou­reuse étude de mar­ché.

«Nous avons vu qu’il y avait des pos­si­bi­li­tés d’em­plois dans le do­maine de la res­tau­ra­tion qui n’exi­geaient pas de for­ma­tions tech­niques. De plus, les em­ployeurs dans ce do­maine ont de la dif­fi­cul­té à re­cru­ter des em­ployés et ce, même s’ils offrent des em­plois avec des condi­tions de tra­vail in­té­res­santes.» Gour­met-Xpress a cui­si­né ses pre­miers plats en 2008. L’or­ga­nisme à but non lu­cra­tif offre des stages de 12 se­maines, à rai­son de 24 stages par an­née. Plus que la pré­pa­ra­tion de pe­tits plats, chaque stage com­prend un pro­gramme d’ac­com­pa­gne­ment com­plet, de la pré­pa­ra­tion à l’en­tre­vue à la re­cherche d’em­ploi. «Nous avons eu dès le dé­part le sou­tien de Cen­traide et de la Fon­da­tion Trillium, mais c’est sur­tout notre conseil d’ad­mi­nis­tra­tion qui nous a per­mis de pas­ser au tra­vers des deux pre­mières an­nées qui ont été fort dif­fi­ciles», ad­met la di­rec­trice. «Nous avons tel­le­ment de belles his­toires de suc­cès. Des gens qui ont pu sor­tir de l’aide so­ciale, d’autres qui ont bri­sé leur iso­le­ment ou qui ont pu di­mi­nuer leur mé­di­ca­tion. Nous avons vu des per­sonnes pas­ser de la banque ali­men­taire à des postes de ges­tion dans des en­tre­prises. Ces his­toires sont une grande source de mo­ti­va­tion pour nous.» Syl­vie Bé­lair-Scharf est d’ac­cord pour dire qu’être une en­tre­prise so­ciale peut être un avan­tage quand vient le temps de dé­cro­cher un contrat. «Les clients sont sen­sibles à re­te­nir les ser­vices d’une en­tre­prise qui a un im­pact dans la com­mu­nau­té, mais nous de­vons tout de même of­frir des pro­duits de qua­li­té. Les gens vont nous don­ner une pre­mière chance, mais ils ne re­vien­dront pas si la qua­li­té n’est pas au ren­dez-vous.» Gour­met-Xpress a dé­cro­ché d’im­por­tants contrats avec des ré­si­dences pour aî­nés, ce qui lui a per­mis de conso­li­der sa crois­sance.

Mais l’en­tre­prise a at­teint les li­mites de la pe­tite cui­sine qu’elle oc­cupe à l’ar­rière du 270, ave­nue Ma­rier. Le dé­mé­na­ge­ment sur le bou­le­vard StJo­seph, à Or­léans, dans «une vraie cui­sine», per­met­tra à l’or­ga­nisme de lit­té­ra­le­ment mettre les bou­chées doubles. Le nou­vel es­pace ren­dra pos­sible, entre autres, la mise sur pied d’un pro­gramme spé­ci­fique pour les jeunes dé­cro­cheurs. «Nous croyons dans notre mo­dèle d’en­tre­prise qui est de très grande va­leur et les chiffres sont là pour le prou­ver», d’ajou­ter Syl­vie Bé­lair-Scharf.

PHO­TO PA­TRICK WOODBURY, LE­DROIT

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