Plan­chers Lau­zon

La vi­sion de Da­vid Lau­zon

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Be­noit Sa­bou­rin Col­la­bo­ra­tion spé­ciale bsa­bou­rin@le­droit.com

Avec un vo­lume d’af­faires frô­lant les 150 mil­lions de dol­lars et une pa­lette d’ex­por­ta­tion qui co­lore les quatre coins du globe, Plan­chers Lau­zon cé­lèbre ces jours-ci son 32e an­ni­ver­saire de fon­da­tion. Ren­contre avec le pré­sident et créa­teur de l’en­tre­prise, Da­vid Lau­zon, dont la vi­sion a per­mis à tra­vers les an­nées d’as­seoir les bases de l’un des cinq plus im­por­tants fa­bri­cants de plan­chers de bois franc haut de gamme en Amé­rique du Nord. «Le sens des af­faires, ça tou­jours été in­né chez moi. Je viens d’une fa­mille qui était dans les af­faires puis quand j’étais jeune, je cher­chais tou­jours à vendre quelque chose», ra­conte can­di­de­ment Da­vid Lau­zon, as­sis dans la salle de confé­rence du siège so­cial de son en­tre­prise à Pa­pi­neau­ville, à un jet de pierre de la sor­tie 205 de l’au­to­route 50. «Il faut dire que mon grand-père qui est dé­cé­dé quand j’étais très jeune avait eu une scie­rie. C’était peut-être dans mes gênes», in­siste-t-il, à pro­pos de son par­cours d’en­tre­pre­neur.

L’his­toire à suc­cès de Plan­chers Lau­zon a pris forme en 1983. Da­vid Lau­zon n’était âgé que de 18 ans à l’époque. Étu­diant en sciences pures au Cé­gep, il s’était en­rô­lé dans un em­ploi d’été pour le compte d’un dé­nom­mé Ro­bert Ri­bey­ron, in­dus­triel bien connu dans la Pe­tite-Na­tion. Ce der­nier em­bau­chait des gens pour construire une scie­rie dans la ré­gion. C’est un peu là que tout a com­men­cé pour M. Lau­zon. «J’ai tout de suite vu l’oc­ca­sion d’af­faires», lance ce­lui dont la so­cié­té em­bauche au­jourd’hui un peu plus de 600 em­ployés à tra­vers la Belle Pro­vince, par l’en­tre­mise de ses huit usines. C’est ain­si qu’en fé­vrier 1985, le jeune adulte qui ve­nait de sor­tir des bancs d’école a fon­dé la so­cié­té Da­vid Lau­zon Ltée., grâce à un in­ves­tis­se­ment de 5000$ qui al­lait ser­vir à faire l’achat de billes de bois des­ti­nées au sciage. Pen­dant la pre­mière an­née d’opé­ra­tion, l’en­tre­prise se concentre seule­ment sur la trans­for­ma­tion pri­maire du bois. «Mon pre­mier client a été Théo Mi­neault. On m’avait ache­té une belle charge de bois et c’est comme ça que ç’a dé­mar­ré», pré­cise le di­ri­geant.

Une chaîne de Aà Z

En 1986, Plan­chers Lau­zon a com­men­cé la fa­bri­ca­tion de plan­chers. «Le but était de se rap­pro­cher du consom­ma­teur ul­time», fait va­loir l’homme d’af­faires. Peu à peu, Plan­chers Lau­zon a ins­tal­lé les bases de sa struc­ture «ver­ti­cale». Dès 1996, la so­cié­té a fait l’ac­qui­si­tion d’une di­zaine de scie­ries un peu par­tout au Qué­bec. Cette phi­lo­so­phie de la struc­ture «ver­ti­cale» est ve­nue en quelque sorte mettre la so­cié­té à l’abri des im­pon­dé­rables du mar­ché. La com­pa­gnie se charge de toutes les étapes du pro­cé­dé, de la cueillette du bois en fo­rêt à la coupe, jus­qu’à la trans­for­ma­tion de pro­duits à va­leur ajou­tée. C’est lit­té­ra­le­ment 100% de l’arbre ré­col­té en fo­rêt qui est uti­li­sé. Les plan­chers cer­ti­fiés verts sont en­suite li­vrés en Amé­rique du Nord - qui re­pré­sente 80% du mar­ché de la so­cié­té - et outre-mer, en Asie, en Eu­rope et au Moyen-Orient. On re­trouve les pro­duits Lau­zon dans des im­meubles de par­tout dans le monde. «Le coût le plus im­por­tant, c’est la fibre de bois. Si tu n’es pas en me­sure d’avoir une struc­ture de fia­bi­li­té au ni­veau de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment et des coûts, il est bien dif­fi­cile d’al­ler prendre des risques sup­plé­men­taires au ni­veau de l’ac­ti­vi­té in­dus­trielle et du dé­ve­lop­pe­ment de mar­ché», ex­plique M. Lau­zon à pro­pos de cette stra­té­gie de pro­duc­tion qui exige une charge de tra­vail hors de l’or­di­naire. «Ça de­mande beau­coup de res­sources, beau­coup de ca­pi­taux parce que notre cycle com­mence quand on in­ves­tit pour faire construire le che­min en fo­rêt. En étant l’opé­ra­teur fo­res­tier, on sup­porte aus­si les autres bé­né­fi­ciaires qui ne font pas la coupe en fo­rêt, les pa­pe­tières et les uti­li­sa­teurs du ré­si­neux ou du peu­plier. Nous sommes l’un des pi­liers de toute la grappe fo­res­tière in­dus­trielle de l’Ou­taouais», illustre l’en­tre­pre­neur de 52 ans.

Une vi­sion

La clé pour du­rer pen­dant plus de trois dé­cen­nies dans ce sec­teur d’ac­ti­vi­té ré­side dans la «vi­sion», se­lon M. Lau­zon. «Il faut être en me­sure de voir cinq à dix ans à l’avance et de s’as­su­rer de ti­rer le plus juste pos­sible. Ça prend des gens en­ga­gés et pas­sion­nés pour l’exé­cu­tion de cette vi­sion», dit ce­lui qui voit un ave­nir flo­ris­sant pour Plan­chers Lau­zon. Tout n’est pas tou­jours rose ce­pen­dant, le dos­sier du vo­lume d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de bois à l’usine de Thur­so étant un bon exemple du genre de dé­fi au­quel l’en­tre­prise a dû faire face ces der­nières an­nées. De­puis l’en­trée en vi­gueur en 2013 du nou­veau ré­gime fo­res­tier qué­bé­cois, les condi­tions d’ap­pro­vi­sion­ne­ment re­pré­sentent une pomme de dis­corde entre la com­pa­gnie et le gou­ver­ne­ment. En 2007, l’usine Lau­zon de Thur­so a été mo­der­ni­sée à coups de di­zaines de mil­lions pour en faire la plus

im­por­tante scie­rie de bois feuillu au Ca­na­da en termes de pro­duc­tion. Cet in­ves­tis­se­ment était condi­tion­nel à ce qu’un vo­lume an­nuel de bois de l’ordre de 210 000 mètres cubes soit oc­troyé à l’en­tre­prise. En 2013, le vo­lume a été abais­sé à 120 000 mètres cubes avant d’être re­haus­sé à 158 000 mètres cubes en 2016. Le dos­sier est tou­jours sur la table de né­go­cia­tions à Qué­bec, note M. Lau­zon. «Nous ne pou­vons pas te­nir l’usine de Thur­so au maxi­mum de sa ca­pa­ci­té avec ces quan­ti­tés et ça n’as­sure pas la crois­sance. Nous, ce que nous di­sons au gou­ver­ne­ment, c’est res­pec­tez votre en­ga­ge­ment. Nous sommes en at­tente de re­ve­nir à des ni­veaux an­té­rieurs. L’ave­nir nous le di­ra», in­dique l’homme d’af­faires.

PHO­TO SI­MON SÉ­GUIN-BER­TRAND, LE­DROIT

Da­vid Lau­zon,

PDG Plan­chers Lau­zon

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