Ex­port Ou­taouais

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Marc Gau­thier

Com­bien d’en­tre­prises en Ou­taouais font de l’ex­por­ta­tion? At­ten­tion, la ré­ponse risque de vous sur­prendre. Il y en a plus de 200 ! La no­men­cla­ture a été réa­li­sée par Ex­port Ou­taouais, un or­ga­nisme dont la mis­sion est de sti­mu­ler l’ex­por­ta­tion ré­gio­nale. «C’est la pre­mière banque de don­nées sur les com­pa­gnies d’ici qui vendent à l’étran­ger. On sait main­te­nant où nos com­pa­gnies ex­portent, quels sont leurs be­soins et leurs pro­jets d’ave­nir, ex­plique Re­da Ben­sou­da, com­mis­saire à l’in­ter­na­tio­nal chez Ex­port Ou­taouais. Nous ai­dons en­vi­ron 75 com­pa­gnies par an­née dans leurs dé­marches à l’étran­ger. La de­mande est là.» Avec cette banque de don­nées, Ex­port Ou­taouais trace pour ain­si dire l’ADN de l’éco­no­mie émer­gente en Ou­taouais.

Mis­sion : le monde

Ex­port Ou­taouais, qui fête à peine ses trois ans d’exis­tence, est avant tout un fa­ci­li­ta­teur. «On aide les com­pa­gnies à éva­luer si elles sont prêtes à vi­ser des mar­chés étran­gers. Si oui, on peut leur créer un plan d’af­faires, les ai­der à trou­ver du fi­nan­ce­ment, ef­fec­tuer des études de mar­ché, leur four­nir des contacts», pré­cise M. Ben­sou­da. «On cher­chait des par­te­naires aux États-Unis et c’est par l’en­tre­mise d’Ex­port Ou­taouais qu’on a par­ti­ci­pé l'an pas­sé à une mis­sion com­mer­ciale dans l’État de New York», ra­conte Yves Mar­leau, pré­sident de Co­gni­va, un concep­teur de lo­gi­ciels d’in­for­ma­tion de Ga­ti­neau, qui ex­porte en­vi­ron 45% de sa pro­duc­tion. Leurs contacts ont été très utiles.» L’au­tomne der­nier, Ex­port Ou­taouais a com­men­cé à of­frir un nou­veau ser­vice : l’or­ga­nisme est al­lé au Ma­roc réa­li­ser trois études de mar­ché pour des com­pa­gnies de Ga­ti­neau qui lorgnent le mar­ché nord-afri­cain. Et dé­jà, le Groupe-conseil Baas­tel, éta­bli sur la rue Mont­calm dans le sec­teur Hull, est ra­vi des pre­miers ré­sul­tats. «Nous avons en ef­fet pu iden­ti­fier dé­jà juste sur le court terme pour près d’un mil­lion de dol­lars de contrats po­ten­tiels. Ces oc­ca­sions iden­ti­fiées nous amè­ne­ront à créer de nou­veaux em­plois de qua­li­té dans la ré­gion de l’Ou­taouais», ex­plique le pré­sident de l’en­tre­prise, Yves La­fon­taine

Une équipe de trois per­sonnes

Ex­port Ou­taouais, qui or­ga­nise aus­si des sé­mi­naires et des confé­rences au­près des gens d’af­faires, réa­lise sa mis­sion avec une pe­tite équipe de trois em­ployés et un bud­get d’un peu moins de 300 000$, fi­nan­cé en parts égales par Qué­bec et Ot­ta­wa. Il peut comp­ter sur un ré­seau de contacts à tra­vers le monde par l’en­tre­mise des am­bas­sades et des dé­lé­gués com­mer­ciaux du Qué­bec.

L’Ou­taouais part de loin

En ma­tière d’ex­por­ta­tions, l’Ou­taouais a tou­jours fait fi­gure de pa­rent pauvre au Qué­bec, son éco­no­mie re­po­sant es­sen­tiel­le­ment sur l’ad­mi­nis­tra­tion pu­blique fé­dé­rale. En 2007, der­nière an­née où des sta­tis­tiques en cette ma­tière ont été com­pi­lées, l’Ou­taouais était la ré­gion au Qué­bec qui ex­por­tait le moins .... après la Gas­pé­sie! «A mon avis, l’ex­por­ta­tion consti­tue un le­vier in­con­tour­nable pour di­mi­nuer notre dé­pen­dance du fé­dé­ral », se­lon M. Ben­sou­da.

Des dé­fis à re­le­ver

Mais pour en ar­ri­ver à di­ver­si­fier l’éco­no­mie ré­gio­nale, il faut sur­mon­ter plu­sieurs obs­tacles. «D’abord, nous de­vons nous faire connaître au­près de nos com­pa­gnies ex­por­ta­trices. Et les faire connaître entre elles. Ces gens-là vivent dans un autre monde, sur­tout dans le do­maine des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion. Ils sont sou­vent en voyage, les yeux vers l’ex­té­rieur», ex­plique le com­mis­saire Ben­sou­da. L’or­ga­nisme a ré­cem­ment mis en con­tact deux en­tre­prises du même quar­tier du sec­teur Hull qui ne se connais­saient pas! L’autre dé­fi, dit-il, est d’éta­blir une culture col­la­bo­ra­trice dans la ré­gion. Les villes de Ga­ti­neau, d’Ot­ta­wa et les fonds lo­caux d‘in­ves­tis­se­ments dans les ré­gions ont ten­dance à agir en si­lo. Et puis il fau­drait bâ­tir des ré­seaux d’ex­cel­lence dans deux ou trois sec­teurs pour créer un ef­fet de masse. Par exemple, l’Ou­taouais compte pré­sen­te­ment plu­sieurs ex­por­ta­teurs dans le do­maine fo­res­tier (Bois Francs DV), de l’en­vi­ron­ne­ment (Agri­so­ma Bios­ciences) et des tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion (Nor­diaSoft, Pro­vance…). Cette an­née, pour le 150e an­ni­ver­saire de la Con­fé­dé­ra­tion ca­na­dienne, Ex­port Ou­taouais vou­drait faire connaître

150 com­pa­gnies ex­por­ta­trices de l’Ou­taouais, les mettre en va­leur, ex­po­ser leurs réa­li­sa­tions. Force est d’ad­mettre que des com­pa­gnies comme Co­gni­via, Life Wi­thout Plas­tics, Va­nillaSoft, Nor­th­forge, Baas­tel , Sim­bol Test ou en­core Fig­bytes sont pro­ba­ble­ment plus connues à l’étran­ger qu’ici!

Re­da Ben­sou­da com­mis­saire à l’in­ter­na­tio­nal, Ex­port Ou­taouais

PHO­TO PA­TRICK WOODBURY, LE­DROIT

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