Le pro­gramme de men­to­rat de la CCG

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Hugues Théo­rêt Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Suivre les conseils d’un men­tor peut être payant pour des en­tre­pre­neurs qui par­ti­cipent au Pro­gramme de men­to­rat de la Chambre de com­merce de Ga­ti­neau (CCG). Un son­dage ef­fec­tué au­près des bé­né­fi­ciaires de ce pro­gramme a ré­vé­lé que le chiffre d’af­faires des «men­to­rés» a aug­men­té de près de 100 000 $ du­rant la pé­riode où ils ont sui­vi les conseils de leurs men­tors. Fon­dé en dé­cembre 2003, le Pro­gramme de men­to­rat de la CCG per­met ac­tuel­le­ment à 64 jeunes en­tre­pre­neurs de pro­fi­ter de l’aide de 59 chefs d’en­tre­prise de l’Ou­taouais. Le men­to­rat vise à ac­cé­lé­rer le dé­ve­lop­pe­ment des en­tre­pre­neurs et la crois­sance de jeunes en­tre­prises pour leur per­mettre d’al­ler plus loin, plus ra­pi­de­ment. Le men­tor par­tage, de fa­çon bé­né­vole, son « sa­voir-être » en­tre­pre­neu­rial avec un nou­vel en­tre­pre­neur : le men­to­ré. Le duo tient en­vi­ron huit à neuf ren­contres par an­née d’une du­rée d’une heure trente à deux heures. Il en coûte 400 $ par an­née aux men­to­rés pour par­ti­ci­per à ce pro­gramme, ce qui in­clut les frais de men­to­rat et la co­ti­sa­tion an­nuelle à la Chambre de com­merce de Ga­ti­neau. Tous ceux qui sont à la tête d’une en­tre­prise créée il y a au moins un an et qui ont sur­vé­cu à la phase de dé­mar­rage peuvent pro­fi­ter du pro­gramme de men­to­rat. Le men­to­ré doit aus­si se consa­crer à temps com­plet à son en­tre­prise et en être le prin­ci­pal ac­tion­naire.

Té­moi­gnage d’une « men­to­rée »

Vé­ro­nique Guille­mette-Gi­rard ne ta­rit pas d’éloges en­vers ce pro­gramme. De­puis deux ans, elle bé­né­fi­cie des conseils de son men­tor, Jean-Louis Des Ro­siers, qui l’aide à prendre les bonnes dé­ci­sions pour son en­tre­prise, En­tre­tien GMV. Cette jeune en­tre­prise offre des ser­vices d’en­tre­tien mé­na­ger ré­si­den­tiel, com­mer­cial et après construc­tion. « M. Des Ro­siers n’agit pas comme conseiller, ex­plique-t-elle. Il m’amène plu­tôt à me po­ser des ques­tions. Il m’oblige à faire face aux pro­blèmes que je dois ré­soudre comme chef d’en­tre­prise, par exemple, la ré­vi­sion de mes coûts. Grâce à son aide, j’ai haus­sé mon chiffre d’af­faires. Je ne suis plus en dé­fi­cit. Je fais des pro­fits», confie l’en­tre­pre­neure âgée de 28 ans, dont la com­pa­gnie compte 10 em­ployés. Le men­to­rat de Vé­ro­nique semble por­ter fruit, car elle a rem­por­té le prix «Jeune en­tre­pre­neure de l’an­née» au Ga­la Ex­ce­lor de la CCG en no­vembre der­nier.

Qui peut être men­tor ?

Toute per­sonne qui di­rige une en­tre­prise de­puis plus de dix ans peut agir comme men­tor. Le pro­gramme re­cherche des en­tre­pre­neurs prêts à pra­ti­quer l’écoute ac­tive pour bien com­prendre la si­tua­tion du men­to­ré et l’ai­der à ga­gner la confiance né­ces­saire pour as­su­rer le suc­cès de son en­tre­prise. Le men­tor ac­com­pagne le jeune en­tre­pre­neur, le mo­tive et fa­vo­rise son dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel. Le men­tor ne tra­vaille pas sur le sa­voir-faire, mais sur le sa­voir-être et le lea­der­ship. Il per­met au men­to­ré de mieux com­prendre son rôle d’en­tre­pre­neur, de prendre du re­cul afin de mieux éva­luer ses op­tions et prendre ses propres dé­ci­sions.

Le rôle du men­tor

Pour Jean-Louis Des Ro­siers, pré­sident de JLDR So­lu­tions d’af­faires, une firme de consul­tants en ges­tion, le men­to­rat est un ou­til de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. «On fait du men­to­rat d’af­faires pour des gens d’af­faires. On est là pour bri­ser leur iso­le­ment. On les mo­tive. On les en­cou­rage. On n’est pas là pour don­ner des conseils, mais plu­tôt pour les écou­ter et leur mon­trer le che­min à suivre pour qu’ils ou elles puissent prendre les bonnes dé­ci­sions. Sur une pé­riode de 18 mois, les ré­sul­tats sont ex­trê­me­ment po­si­tifs», ex­plique M. Des Ro­siers, le chef men­tor pour tout l’Ou­taouais. Pour­quoi of­frir ses ser­vices comme men­tor ? « J’ai tou­jours pen­sé qu’un en­tre­pre­neur avait une mis­sion so­ciale. Comme j’étais dé­jà im­pli­qué dans la Chambre de com­merce de Ga­ti­neau, on m’a de­man­dé si je sou­hai­tais de­ve­nir men­tor. J’ai ac­cep­té et ce­la fait main­te­nant quatre ans que je par­ti­cipe à ce pro­gramme», ré­pond ce­lui qui est éga­le­ment pré­sident de la Fon­da­tion du Cé­gep de l’Ou­taouais. Les sta­tis­tiques du pro­gramme de men­to­rat parlent d’elles-mêmes :

78,4 % des en­tre­prises men­to­rées sont en­core en ac­ti­vi­té ; 70 % des en­tre­prises men­to­rées ont fran­chi le cap des cinq an­nées d’exis­tence, dou­blant ain­si les ré­sul­tats ob­te­nus au Qué­bec lorsque les en­tre­pre­neurs sont lais­sés à eux-mêmes ; et 66 % des en­tre­prises men­to­rées ont connu une hausse de leur chiffre d’af­faires de 32 %.

Vé­ro­nique Guille­mette‑Gi­rard

En­tre­tien GMV

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.