La pen­sée de­si­gn

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Ge­ne­viève Tur­cot Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gtur­cot@le­droit.com

Même si elle n’est pas une nou­velle ve­nue, la pen­sée de­si­gn a le vent dans les voiles de­puis quelques an­nées. Cette mé­thode de ré­so­lu­tion de pro­blème per­met aux en­tre­prises de tout aca­bit de non seule­ment in­no­ver, mais aus­si d’ap­prendre à col­la­bo­rer au­tre­ment. «De­puis un an, il n’y a pas une se­maine qui passe sans que l’on re­çoive une de­mande pour un ate­lier sur la pen­sée de­si­gn», confirme au bout du fil An­ne­ma­rie Le­sage, de l’agence mont­réa­laise Yu Cen­trik. Dé­ten­trice d’un doc­to­rat de l’École de de­si­gn de l’Uni­ver­si­té de Montréal, An­ne­ma­rie Le­sage anime un ate­lier sur la pen­sée de­si­gn de huit heures, qui est scin­dé en deux ma­ti­nées. «L’idée est de lais­ser aux par­ti­ci­pants le temps de ré­flé­chir à ce qu’ils ont ap­pris, ain­si ils peuvent re­ve­nir avec leurs ques­tions le len­de­main», pré­cise la for­ma­trice qui voit dé­fi­ler dans ses ate­liers au­tant des de­si­gners in­dus­triels, des de­si­gners web que des res­pon­sables du dé­ve­lop­pe­ment des af­faires. La pen­sée de­si­gn est née dans les bu­reaux de l’en­tre­prise amé­ri­caine IDEO, fon­dée par Tim Brown et Da­vid Kel­ley en 1991. Ra­pi­de­ment, leur mé­thode de tra­vail non-tra­di­tion­nelle, qu’ils ont bap­ti­sée le «de­si­gn thin­king», fait ja­ser. Da­vid Kel­ley est no­tam­ment

l’un des créa­teurs de la pre­mière sou­ris Apple. La pen­sée de­si­gn est une mé­tho­do­lo­gie en cinq étapes qui place les be­soins de l’hu­main, du client, au centre de la ré­flexion. Cette mé­thode peut être uti­li­sée au­tant pour créer de nou­veaux ser­vices, des pro­duits, des es­paces que des or­ga­ni­sa­tions. Se mettre à la place du consom­ma­teur et com­prendre ses be­soins est la toute pre­mière étape de la pen­sée de­si­gn. Viennent en­suite la dé­fi­ni­tion du pro­blème, l’idéa­tion, le pro­to­type, et puis fi­na­le­ment, le test. «Le Royaume-Uni a pris le vi­rage de la pen­sée de­si­gn dans tous ses ser­vices en 2012-13 et ça fonc­tionne, ex­plique An­ne­ma­rie Le­sage, pour jus­ti­fier en par­tie l’en­goue­ment qui existe au­tour de cette mé­thode, qui peut être au­tant ap­pli­quée dans une start-up que dans une grande en­tre­prise. À la base, cette mé­thode per­met d’in­no­ver et comme c’est un pro­ces­sus ba­li­sé, il y a là quelque chose de ras­su­rant pour les or­ga­ni­sa­tions. C’est aus­si un pro­ces­sus col­la­bo­ra­tif qui mène des gens de dif­fé­rents ni­veaux à tra­vailler en­semble. Il y a aus­si quelque chose de très lu­dique à tout ce pro­ces­sus et tous les par­ti­ci­pants doivent connaître les règles du jeu.» Pour An­ne­ma­rie Le­sage, qui di­rige une équipe d’ana­lystes et de de­si­gners, la pen­sée de­si­gn per­met de faire des gains de temps im­por­tants. «Sou­vent, dans un nou­veau pro­jet, les dé­lais sont courts et l’on perd du temps car tout va très vite, et sou­vent tout croche ! La pen­sée de­si­gn per­met de sau­ver du temps tout en se concen­trant sur l’in­no­va­tion.» Pour la de­si­gner, en pla­çant l’uti­li­sa­teur au coeur de sa dé­marche, on peut mieux com­prendre le contexte dans le­quel il évo­lue et ain­si mieux le ser­vir et ré­pondre à ses be­soins.

An­ne­ma­rie Le­sage Di­rec­trice de l’ex­pé­rience uti­li­sa­teur Yu Cen­trik

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