- Le golf et les af­faires

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Ge­ne­viève Tur­cot Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gtur­cot@le­droit.com

Golf et af­faires. Voi­là un ma­riage qui a tra­ver­sé les époques. Et s’il faut croire le pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral du Groupe For­tin, Pier­reHugues For­tin, la lune de miel est en­core loin d’être ter­mi­née.

«C’est le meilleur mo­ment pour in­ves­tir dans le golf. Et c’est à nous de dé­ve­lop­per des pro­duits no­va­teurs et adap­tés aux gens d’af­faires», croit Pier­reHugues For­tin, pro­prié­taire des clubs de golf Te­cum­seh à Ga­ti­neau et Mont Cas­cades à Cant­ley et, de­puis quelques se­maines, ges­tion­naire du Golf He­ri­tage à Notre-Dame-de-la-Paix. Se­lon les der­niers chiffres de l’Al­liance na­tio­nale des as­so­cia­tions de golf, on compte 5,7 mil­lions de gol­feurs au sein de la po­pu­la­tion ca­na­dienne. Un chiffre qui stagne puisque le nombre de per­sonnes qui s’ini­tie au jeu est égal au nombre de joueurs qui aban­donnent le golf. Il reste donc un mar­ché po­ten­tiel de 15,4 mil­lions de per­sonnes à conqué­rir. Pour at­ti­rer les gens au golf, Pier­reHugues For­tin mise non seu­le­ment sur les gens d’af­faires, mais aus­si sur les fa­milles en dé­cloi­son­nant la vi­sion tra­di­tion­nelle du ter­rain de golf. «On peut pen­ser à l’ajout de ter­rains de ten­nis, de vol­ley­ball, des glis­sades en ville, pour­quoi pas !» lance l’en­tre­pre­neur qui croit que l’ex­pé­rience client au golf de­meure un atout im­por­tant pour les gens d’af­faires. «On peut ap­prendre beau­coup de choses sur une per­sonne, sur un client en jouant au golf. Les per­son­na­li­tés res­sortent», as­sure l’en­tre­pre­neur.

Un peu d’his­toire

L’une des ex­pli­ca­tions cou­rantes pour jus­ti­fier la fi­lia­tion entre le golf et le monde des af­faires est le sys­tème d’han­di­cap qui a été mis en place par le Royal Wim­ble­don Golf Club de Londres en 1898. Ce sys­tème per­met à des joueurs de dif­fé­rents ni­veaux de s’af­fron­ter et de per­mettre aux joueurs moins ta­len­tueux de tout de même l’em­por­ter s’ils réus­sissent à haus­ser leur ni­veau de jeu. Cet as­pect cour­tois et équi­table au­rait plu aux hommes d’af­faires qui jouaient en com­pa­gnie de po­ten­tiels clients.

Royal Mon­tréal

Le pre­mier club de golf fon­dé en Amé­rique du Nord est le Royal Mon­tréal en 1873, au pied de la mon­tagne. Le pro­jet était me­né par un groupe d’hommes d’af­faires sous la gou­verne de l’Écos­sais Alexan­der Den­nis­toun. Dans l’ou­vrage Gol­fing An­nual, Vo­lume VI (1892-1893), pu­blié à Londres, on spé­ci­fie que ce ter­rain «se trouve à seu­le­ment dix mi­nutes du quar­tier des af­faires».

For­tune 500 et golf

En­core au­jourd’hui, l’as­so­cia­tion du golf au monde des af­faires per­siste.

Près de 90% des di­rec­teurs gé­né­raux des en­tre­prises ci­tées dans le pal­ma­rès For­tune 500 sont des gol­feurs. On es­time qu’un di­ri­geant qui joue au golf em­poche en moyenne 17% plus d’ar­gent qu’un col­lègue qui ne fré­quente pas les verts. Tous les pré­si­dents amé­ri­cains de­puis Dwight Ei­sen­ho­wer ont tra­vaillé sur leur han­di­cap tout en di­ri­geant le pays.

Ac­ti­vi­té non dé­duc­tible

De­puis plu­sieurs an­nées, l’in­dus­trie ca­na­dienne du golf fait pres­sion sur le gou­ver­ne­ment afin d’ob­te­nir le même trai­te­ment fis­cal que les autres en­tre­prises de di­ver­tis­se­ment. Un en­tre­pre­neur qui amène un client au ho­ckey, au ba­se­ball ou en­core au théâtre peut cal­cu­ler le coût du billet de son in­vi­té comme une dé­pense ad­mis­sible. «Mais pas le golf, et pour­tant, c’est pas mal plus fa­cile de ja­ser d’af­faires sur un ter­rain de golf qu’en écou­tant un match ! », dé­plore Pierre-Hugues For­tin.

PHO­TO PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

Pierre-Hugues

For­tin

PDG Groupe For­tin

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