Es­cape Ma­nor

Des énigmes payantes pour une jeune en­tre­prise.

Le Droit Affaires - - Sommaire -

La fian­cée de Ch­ris Bis­son ai­mait tel­le­ment jouer au jeu Es­cape the room sur son or­di­na­teur qu’un jour, il l’a en­fer­mée dans son ap­par­te­ment et lui a pré­pa­ré une sé­rie d’énigmes à ré­soudre. «Si tu réus­sis les épreuves, je t’em­mène dé­jeu­ner au res­tau­rant.» Au­jourd’hui, pour ga­gner sa vie, Ch­ris Bis­son conçoit des énigmes des­ti­nées à des mil­liers de clients. Il est le co­fon­da­teur de Es­cape Ma­nor, un jeu où les gens se font em­pri­son­ner dans une pièce et doivent s’échap­per en trou­vant la so­lu­tion à des énigmes dans un temps li­mite, le plus sou­vent en moins d’une heure. En­vi­ron six joueurs par­ti­cipent à l’épreuve. Le concept est né en Asie au mi­lieu des an­nées 2000 et a ra­pi­de­ment conquis l’Oc­ci­dent. «En 2014 (no­vembre), quand nous avons ou­vert notre pre­mier em­pla­ce­ment sur la rue Queen à Ottawa, nous étions la

22e en­tre­prise du genre en Amé­rique. Au­jourd’hui, nous en dé­nom­brons en­vi­ron 5 000 sur le conti­nent» ra­conte Ch­ris Bis­son.

L’en­tre­prise compte main­te­nant six em­pla­ce­ments à Ottawa, un à Corn­wall et le tout der­nier se trouve à Bris­bane en Aus­tra­lie! Il ne s’agit pas de fran­chises, mais plu­tôt de par­te­na­riats. «Comme il est dif­fi­cile de vé­ri­fier à dis­tance la qua­li­té des ins­tal­la­tions, nous pré­fé­rons ai­der les com­pa­gnies à dé­mar­rer et en­suite, nous pre­nons une part des pro­fits», ex­plique l'en­tre­pre­neur qui s'est taillé une place dans le pal­ma­rès 2017 For­ty Un­der 40 de la ré­gion de la ca­pi­tale na­tio­nale. Deux de ces em­pla­ce­ments (sur le Mar­ché By et sur Wel­ling­ton) ap­par­te­naient à des concur­rents. Es­cape Ma­nor les a ache­tés.

La force de l’ac­cueil

Ch­ris Bis­son a fon­dé l’en­tre­prise avec son ami Billy Ro­gers il y a deux ans et de­mi. Deux par­te­naires se sont joints à eux par la suite, Steve Wil­son et Neil Sch­wartz . Les quatre hommes sont ori­gi­naires d’Ottawa et ils ont presque tous de l’ex­pé­rience dans le do­maine du spec­tacle et du ser­vice à la clien­tèle, no­tam­ment en hô­tel­le­rie. Ch­ris Bis­son, par exemple, a pas­sé sept ans sur des ba­teaux de croi­sière à or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés pour les pas­sa­gers. «Quand j’ai vi­si­té d’autres en­tre­prises comme la nôtre, je me suis aper­çu qu’il leur man­quait cette no­tion de ser­vice, d’ac­cueil. Nous, c’est notre force. En plus, nous avons ajou­té un bar dans nos com­merces, les gens peuvent res­ter après l’ac­ti­vi­té», pré­cise-t-il. De plus en plus d’en­tre­prises y en­voient leurs em­ployés pour sti­mu­ler l’es­prit de groupe. Le concept plaît, de toute évi­dence : Es­cape Ma­nor a re­çu 300 000 vi­si­teurs de­puis son ou­ver­ture. À 20 $ l’en­trée, on de­vine que l’en­tre­prise a ré­col­té près de 6 M$ de re­ve­nus en moins de trois ans. Un suc­cès qui a per­mis de créer 45 em­plois. Es­cape Ma­nor peut aus­si se tar­guer d’avoir été élue Meilleure nou­velle en­tre­prise de l’an­née en 2015 par

Tou­risme Ottawa.

Ga­ti­neau en vue

Mais at­ten­tion, par­ti­ci­per aux ac­ti­vi­tés de Es­cape Ma­nor peut être exi­geant. À peine 30 % des clients réus­sissent à trou­ver la clé qui leur per­met de s’échap­per. «Nous ne vou­lons pas que ça soit trop fa­cile. Les gens sont frus­trés, oui, par­fois. Mais nous vou­lons qu’ils mé­ritent leur vic­toire.»

Tous les scé­na­rios sont bi­lingues, suf­fit de le de­man­der lors de la ré­ser­va­tion. En fait, en­vi­ron 35% de la clien­tèle est fran­co­phone, pré­cise le co­fon­da­teur de l’en­tre­prise. D’ailleurs, Es­cape Ma­nor en­vi­sage d’ou­vrir un 7e com­merce dans la ré­gion, cette fois, à Ga­ti­neau. «Nous ai­me­rions que ce­la se fasse cette an­née» es­père Ch­ris Bis­son. À plus long terme, la com­pa­gnie vise une ving­taine d’em­pla­ce­ments d’ici 2020. Et vous vous de­man­dez peut-être si la fian­cée de Ch­ris a réus­si à ré­soudre les énigmes com­po­sées par l’élu de son coeur. Oui, elle a so­lu­tion­né les épreuves. Le couple est al­lé dé­jeu­ner. C’était le jour de la Saint-Va­len­tin.

Billy Ro­gers

Steve Wil­son

Neil Sch­wartz

Ch­ris Bis­son

par Marc Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

PHO­TOS PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.