Une pre­mière à Ot­ta­wa

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«Ce dé­sir de créer une épi­ce­rie zé­ro dé­chet est tout à fait égoïste, s’ex­clame en riant Va­lé­rie Le­loup. Il y a du sur­em­bal­lage par­tout dans les su­per­mar­chés. Je cher­chais à ré­pondre à mon propre be­soin, ce­lui de ré­duire mes dé­chets.»

Dé­cou­vrir l’en­tre­pre­na­riat

Après avoir gran­di en France et vé­cu par la suite en Al­le­magne pen­dant dix ans, elle a im­mi­gré au Ca­na­da en 2003, à l’âge de 31 ans, avec son conjoint et ses deux en­fants. Iro­ni­que­ment, elle a tra­vaillé pour les yo­gourts Da­none à Mon­tréal comme ache­teuse d’em­bal­lage. Di­plô­mée en ges­tion, elle dé­mé­nage à Ot­ta­wa où elle ré­oriente sa car­rière pour de­ve­nir en­sei­gnante de fran­çais et de sciences so­ciales au se­con­daire. «Je ne pen­sais pas avoir la fibre en­tre­pre­neu­riale, sou­ligne-t-elle. Mais lorsque je me lance dans quelque chose, je me donne à fond. Quand j’ai trou­vé mon concept, je n’ai ja­mais dou­té ni aban­don­né. La réus­site était la seule voie pos­sible.»

Tout mi­ser sur un concept

Pour ar­ri­ver à ses fins, Va­lé­rie Le­loup a pris un énorme risque per­son­nel et fi­nan­cier en em­prun­tant des mil­liers de dol­lars sur sa ligne de cré­dit. Amis et membres de sa fa­mille ont in­ves­ti et elle a réus­si à ob­te­nir un prêt de la Banque de dé­ve­lop­pe­ment du Ca­na­da (BDC). «Je me suis sur­tout bu­tée à des portes closes, se rap­pelle-t-elle. Il faut une bonne dose de pug­na­ci­té pour se lan­cer en af­faires.» Pen­dant un an et de­mi, elle a en­sei­gné le jour, alors que les soirs et les fins de se­maine, elle bos­sait sans re­lâche à son plan d’af­faires… tout en veillant à ses filles. Ren­contres avec des in­ves­tis­seurs et gens d’af­faires, pré­sen­ta­tions dans des foires de start-up et ana­lyse de mar­ché comptent par­mi les nom­breuses étapes qu’elle a dû fran­chir pour réa­li­ser son rêve. Elle a pris soin aus­si de choi­sir des four­nis­seurs lo­caux, du Qué­bec et de l’On­ta­rio, qui vendent des pro­duits en vrac ou uti­lisent des conte­nants réuti­li­sables. Quant aux prix de Nu Gro­ce­ry, ils sont com­pa­rables aux ma­ga­sins en vrac.

Plus qu’une ten­dance

Les épi­ce­ries zé­ro dé­chet existent dé­jà aux États-Unis ain­si qu’en Eu­rope, dont la po­pu­laire chaîne Day by Day en France, et com­mencent à per­cer le mar­ché ca­na­dien, no­tam­ment à Mon­tréal où

LOCO et Vrac et Bo­caux ne cessent de ga­gner en po­pu­la­ri­té. À Ot­ta­wa, Va­lé­rie Le­loup avait le champ com­plè­te­ment libre. «Ici, les consom­ma­teurs ont l’ha­bi­tude de faire leur épi­ce­rie à un en­droit, con­trai­re­ment aux Eu­ro­péens qui font leurs courses d’un mar­chand à l’autre. J’ai donc vou­lu «ca­na­dia­ni­ser» mon concept en of­frant le maxi­mum de pro­duits qui font par­tie de notre quo­ti­dien. Faire un seul ar­rêt, là est l’ob­jec­tif.»

Mi­ser sur les mil­lé­niaux

La clien­tèle vi­sée ? Les mil­lé­niaux, sur­tout, les­quels re­pré­sentent 50 % de la po­pu­la­tion du quar­tier Hin­ton­burg. Se­lon elle, ils sont plus sen­sibles à l’éco­lo­gie, moins consu­mé­ristes, prêts à faire leur épi­ce­rie au­tre­ment, sans ou­blier qu’ils pour­ront gran­dir avec elle. «Ce­la dit, de­puis le 19 août, date de l’ou­ver­ture, il y a une clien­tèle de tous âges, s’ex­clame-t-elle, heu­reuse et éton­née. Il y a même des per­sonnes aî­nées, nos­tal­giques, qui re­trouvent là le concept du ma­ga­sin gé­né­ral.»

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