Phy­sioOu­taouais

Fon­dé en 1993 par Alain Ché­nier, Phy­sioOu­taouais compte main­te­nant neuf cli­niques.

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Jacques-Nor­mand Sau­vé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

« La pro­fes­sion est en crois­sance, sauf qu’elle ne peut pas croître plus vite que nous avons de di­plô­més »

La triple mé­daillée aux

Jeux pan­amé­ri­cains en nage syn­chro­ni­sée, Ka­rine Tho­mas, plu­sieurs membres de l’équipe olym­pique ca­na­dienne de vol­ley­ball et de l’équipe pa­ra­lym­pique de cy­clisme, et bien des joueurs de hockey, entre autres, sont pas­sés par les mains ex­pertes des phy­sio­thé­ra­peutes d’Alain Ché­nier. De fait, une des membres du ré­seau Phy­sioOu­taouais, Bri­gitte Gau­thier, est éga­le­ment la phy­sio­thé­ra­peute en chef de l’équipe ca­na­dienne de ski acro­ba­tique. Elle a dé­jà par­ti­ci­pé à quatre Jeux olym­piques jus­qu’à main­te­nant.

Le nombre de clients «cé­lèbres» est tel qu’Alain Ché­nier a ins­tal­lé une sorte de «Wall of Fame» regroupant les por­traits de ses clients les plus mé­dia­ti­sés. «Nous avons des liens avec beau­coup de joueurs de hockey pro­fes­sion­nel, des Sé­na­teurs, d’un peu par­tout. Les joueurs du Mid­get AAA , ça fait des an­nées que nous les sui­vons. Tous les gros joueurs qui sont pas­sés par le Mid­get AAA et qui sont pros au­jourd’hui ont tous été clients chez nous», ex­plique M. Ché­nier. Bien connu dans la ré­gion, où la ban­nière est ins­tal­lée de­puis 1993, Phy­sioOu­taouais est au­jourd’hui le plus im­por­tant ré­seau de cli­niques de phy­sio­thé­ra­pie en Ou­taouais. Chaque an­née, 12 000 pa­tients s’ins­crivent dans l’une des neuf éta­blis­se­ments du ré­seau. Une pe­tite ar­mée de four­mis spé­cia­li­sées y tra­vaille pour dé­nouer les corps, meur­tris par les ac­ci­dents de tra­vail ou de la route, les bles­sures spor­tives ou tout sim­ple­ment le vieillis­se­ment. Tout y passe : maux de dos, de cou, de tête, ten­di­nites, bur­sites, cap­su­lites, en­torses et frac­tures. Près de 50% des cas trai­tés sont re­liés à des pro­blèmes de co­lonne ver­té­brale et de dos, et plus de 70% de la clien­tèle du ré­seau consulte à titre pri­vé. «La pro­fes­sion est en crois­sance, sauf qu’elle ne peut pas croître plus vite que nous avons de di­plô­més», ra­conte l'en­tre­pre­neur. En tout, une qua­ran­taine de phy­sio­thé­ra­peutes, deux mé­de­cins, une nu­tri­tion­niste, deux consul­tants en «per­for­mance men­tale», quatre mas­so­thé­ra­peutes, un ki­né­sio­logue et deux er­go­thé­ra­peutes s’ac­tivent dans les dif­fé­rentes cli­niques de Ga­ti­neau, Hull et Ayl­mer du ré­seau.

Ge­nèse d’un suc­cès

Na­tif de Hull, Alain Ché­nier a com­men­cé son aven­ture pro­fes­sion­nelle à l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke où il a em­po­ché un bac­ca­lau­réat en sciences de l'ac­ti­vi­té phy­sique. Sui­vra une pé­riode où il hé­site entre pour­suivre car­ré­ment en mé­de­cine ou dé­cro­cher un autre bac en phy­sio­thé­ra­pie. Cette der­nière idée l’em­porte et en 1991, Alain Ché­nier est dé­sor­mais dé­ten­teur d’un deuxième di­plôme. Deux ans plus tard, il ouvre les portes de sa pre­mière cli­nique Phy­sioOu­taouais, dans le sec­teur Ayl­mer. De­puis, les oc­ca­sions d’af­faires se sont mul­ti­pliées et il n’a ja­mais re­gar­dé der­rière. En mars 2018, l’en­tre­prise fê­te­ra ses 25 ans d’exis­tence avec neuf cli­niques, toutes gé­rées par des phy­sio­thé­ra­peutes, qui sont éga­le­ment coac­tion­naires de l’en­tre­prise. Au cours de la der­nière an­née, trois suc­cur­sales ont été inau­gu­rées. Un rythme de crois­sance ja­mais at­teint au­pa­ra­vant.

Ciel va­riable

Cu­rieu­se­ment, le mi­lieu de la phy­sio­thé­ra­pie est sous un ciel pas­sa­ble­ment va­riable. Après dix ans de pra­tique, en­vi­ron 80% des phy­sio­thé­ra­peutes conti­nuent le mé­tier, mais à temps par­tiel. Pour­quoi? Alain Ché­nier nous ex­plique ce mys­tère par le fait que la ma­jo­ri­té des phy­sio­thé­ra­peutes sont des femmes

et nombre d’entre elles choi­sissent de fon­der une fa­mille. Plu­sieurs optent alors pour une conci­lia­tion tra­vail-fa­mille se­lon ce mo­dèle : fa­mille à temps plein et tra­vail à temps par­tiel. «Les gens se font aus­si of­frir des postes de cadre, par­fois dans les hô­pi­taux. Les phy­sio­thé­ra­peutes ont beau­coup de pos­si­bi­li­tés. Ils peuvent faire aus­si de l’en­sei­gne­ment au ni­veau uni­ver­si­taire dans les la­bo­ra­toires. Donc, ils ne sont pas juste te­nus à la cli­nique, ils ont d’autres am­bi­tions. La maind’oeuvre est dure à ré­gé­né­rer et à conser­ver.» Le rou­le­ment de per­son­nel dans ce mi­lieu est donc as­sez im­por­tant, d’où le nombre im­po­sant de jeunes phy­sio­thé­ra­peutes. La ges­tion des res­sources hu­maines est un dé­fi fon­da­men­tal dans ce sec­teur. Le ré­seau d’Alain Ché­nier fê­te­ra sous peu ses noces d’ar­gent, tout en at­tei­gnant les cinq

de dol­lars de chiffre d’af­faires.

Alain Ché­nier

Fon­da­teur

PHO­TOS PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

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