Rimikon

Une équipe à l’as­saut du mar­ché de l’éclai­rage éco­lo­gique à basse ten­sion.

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Jacques-Nor­mand Sau­vé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Ré­vo­lu­tion­ner la fa­çon de conce­voir les sys­tèmes d'éclai­rage, c’est le dé­fi quo­ti­dien des frères Mi­chel et Ri­chard St-Jacques, co­fon­da­teurs de l’en­tre­prise ot­ta­vienne Rimikon.

Con­vain­cus de la su­pé­rio­ri­té du cou­rant conti­nu (DC), les deux en­tre­pre­neurs ont conçu toute une gamme de sys­tèmes d’éclai­rage à très basse ten­sion DC du­rables et simples à ins­tal­ler.

Alors que le cou­rant de type AC ac­cu­mule les mau­vaises notes – lon­gé­vi­té li­mi­tée, perte d’éner­gie, peu éco­lo­gique, cha­leur in­tense, dan­gers d’élec­tro­cu­tion et de brû­lures – le cou­rant DC, ce ju­meau in­com­pris, pour­rait bien de­ve­nir le cou­rant de l’ave­nir. Les deux frères l’ont com­pris de­puis long­temps et at­tendent, en quelque sorte, que le monde re­trouve ses es­prits et … le bon mode de cou­rant pé­rio­dique.

Entre temps, tout en main­te­nant une ligne de pro­duits fonc­tion­nant au cou­rant AC par pur réa­lisme, Rimikon a mis au point des sys­tèmes d’éclai­rage de pointe d’une rare qua­li­té ali­men­tés au DC : in­ter­rup­teurs à gra­da­tion, lu­mières en­cas­trées, lu­mières de cof­fret et lu­mières en bande DEL.

Les frères St-Jacques sont d’ailleurs les seuls à avoir créé un pro­to­type d’am­poule élec­trique DC, «mais qui coû­te­rait trop cher à com­mer­cia­li­ser», confie Mi­chel St-Jacques, pré­sident de Rimikon.

Tous les sys­tèmes d’éclai­rage de la jeune en­tre­prise, qui a ou­vert ses portes en 2013, peuvent s’in­té­grer à un concept

de mai­son in­tel­li­gente et être gé­rés par té­lé­phone por­table, or­di­na­teur ou ta­blette.

Les ef­forts et les an­nées de re­cherche des St-Jacques portent dé­jà fruit. On com­mence à les consul­ter pour dif­fé­rents pro­jets et di­verses pro­blé­ma­tiques. Une mai­son in­tel­li­gente ex­pé­ri­men­tale à zé­ro consom­ma­tion éner­gé­tique nette, éri­gée sur le cam­pus du Con­seil na­tio­nal de re­cherches du Ca­na­da, à Ot­ta­wa, est en­tiè­re­ment ali­men­tée par pan­neaux so­laires et tur­bines, et éclai­rée par Rimikon.

Ré­duire les ma­laises phy­sio­lo­giques

Des étu­diants de l’Uni­ver­si­té SaintPaul d'Ot­ta­wa se plai­gnaient de mi­graines dans deux des classes de l’ins­ti­tu­tion. On a iden­ti­fié les fré­quences élec­tro­ma­gné­tiques comme source de ces ma­laises phy­sio­lo­giques. L’équipe de Rimikon a été ap­pe­lée à la res­cousse. Les ex­perts ont dé­pla­cé les trans­for­ma­teurs à l’ex­té­rieur des classes et on a ali­men­té celles-ci en cou­rant DC de 24 volts. Du coup, on est pas­sé d’une consom­ma­tion de 1 500 watts à 540 watts par classe et zé­ro émis­sion de fré­quences élec­tro­ma­gné­tiques. Bi­lan : 66% d’éco­no­mie d’éner­gie et au­cun pro­blème de san­té.

Une in­ter­ven­tion sem­blable de Rimikon a éga­le­ment eu lieu en Ca­ro­line du Nord, dans une ré­si­dence pri­vée où la pro­prié­taire es­suyait des mi­graines ca­ra­bi­nées à ré­pé­ti­tion. Après une re­cherche sur In­ter­net, elle a re­te­nu les ser­vices de Rimikon. Pro­blème ré­glé. Ce­la re­joint tout à fait la théo­rie des St-Jacques : l’éclai­rage de l’ave­nir est plus sain, éco­lo­gique, sans dan­ger d’élec­tro­cu­tion, d’une lon­gé­vi­té su­pé­rieure, en plus d'être plus éco­no­mique.

Le dé­par­te­ment de l’Éner­gie des État­sU­nis es­time qu’une lu­mière de 12 watts DEL coûte en­vi­ron un dol­lar par an­née d’uti­li­sa­tion.

Et la du­rée de vie des am­poules des sys­tèmes d’éclai­rage Rimikon à basse ten­sion? Entre 50 000 et 80 000 heures.

An­nus hor­ri­bi­lis

De plus, les élé­ments de Rimikon sont si fa­ciles à po­ser qu’ils ne né­ces­sitent pas l’in­ter­ven­tion d’un élec­tri­cien. Un en­tre­pre­neur non spé­cia­li­sé en élec­tri­ci­té ou un simple pro­prié­taire le moin­dre­ment bri­co­leur peut ins­tal­ler le tout; ce qui a en­gen­dré bien des pro­blèmes aux en­tre­pre­neurs de Rimikon. Des as­so­cia­tions pro­fes­sion­nelles ont ten­té de leur bar­rer la route et des ins­pec­teurs, non rom­pus à cette tech­no­lo­gie, étaient con­vain­cus qu’elle n’était pas sé­cu­ri­taire.

L’an­née 2016 fut ain­si une an­nus hor­ri­bi­lis pour l’équipe, à cause de tous ces tra­cas, de la jungle

ad­mi­nis­tra­tive à tra­ver­ser pour ob­te­nir toutes les cer­ti­fi­ca­tions re­quises, des in­ves­tis­se­ments oc­ca­sion­nés et du temps fou in­ves­ti dans cette aven­ture.

«Double cheese, ba­by!», lance à la blague Suzanne Cyr, chef de la di­rec­tion, en par­lant de cette an­née heu­reu­se­ment ter­mi­née.

Et par­lons-en jus­te­ment de Suzanne Cyr, cette Fran­co-on­ta­rienne, en­tre­pre­neure dans l’âme. À 19 ans, elle gé­rait dé­jà son propre res­tau­rant. Puis ce se­ra un long par­cours en­tre­pre­neu­rial dans l’in­dus­trie de la construc­tion, le mar­keting, les éner­gies re­nou­ve­lables, l’ali­men­ta­tion… «Buy low, sell high» est son mo­dus vi­ven­di.

«On ne se­rait pas où on est au­jourd’hui si Suzanne n’avait pas mis ses deux bottes pour nous», confie Ri­chard StJacques, res­pon­sable de la re­cherche et du dé­ve­lop­pe­ment chez Rimikon.

Quant à de­voir tra­vailler avec deux frères qui se connaissent de­puis tou­jours? «Quand l’un com­mence une phrase, l’autre la fi­nit!, lance Suzanne. Mi­chel sait com­ment Ri­chard pense et vice ver­sa. Mon dé­fi à moi, c’était d’es­sayer de les com­prendre!»

PHO­TOS PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

Ri­chard St-Jacques Chef en re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment

SUZANNE CYR

Chef de la di­rec­tion

Mi­chel St-Jacques

Co-fon­da­deur et pré­sident

Ri­chard St-Jacques

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