Dos­sier

L’éco­no­mie de par­tage: un nou­veau mo­dèle de consom­ma­tion qui ne laisse per­sonne in­dif­fé­rent.

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Do­mi­nique La Haye Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

«Éco­no­mie du par­tage» ou «éco­no­mie per­tur­ba­trice» ? Quoi­qu’il en soit, les Uber et Airbnb, prin­ci­pales fi­gures de proue de ces nou­veaux mo­dèles de consom­ma­tion, font dé­sor­mais par­tie du pay­sage de la ca­pi­tale na­tio­nale. Por­trait d’un phé­no­mène qui ne laisse per­sonne in­dif­fé­rent.

C’est dans la ré­gion d’Ot­ta­wa-Ga­ti­neau que l’on re­trouve le plus grand nombre d’adultes ayant eu re­cours à des ser­vices de lo­ca­tion de lo­ge­ment pri­vé ou de trans­port entre par­ti­cu­lier sur ce type de pla­te­formes nu­mé­riques, d’après une en­quête de Sta­tis­tique Ca­na­da ren­due pu­blique au dé­but de l’an­née (voir ta­bleaux). C’est près d’un Ca­na­dien sur dix, se­lon cette même en­quête, qui a fait ap­pel à ces ser­vices à l’aide d’une ap­pli­ca­tion mo­bile, ici ou à l’étran­ger, entre no­vembre 2015 et oc­tobre 2016, to­ta­li­sant des dé­penses de 1,31 mil­liard $.

Nou­veau phé­no­mène ?

Se­lon le pro­fes­seur et éco­no­miste de l’Uni­ver­si­té du Qué­bec en Ou­taouais (UQO), Ma­thieu Per­ron-Du­four, l’ac­ti­vi­té en elle-même sur­nom­mée l’«éco­no­mie du par­tage», qui consiste à se par­ta­ger des pro­duits ou ser­vices entre consom­ma­teurs, existe de­puis très long­temps. «La nou­veau­té, c’est vrai­ment le moyen de com­mu­ni­ca­tion et la struc­ture de l’in­dus­trie comme tel et le fait qu’à tra­vers des in­no­va­tions tech­no­lo­giques, il y a moyen pour cer­taines com­pa­gnies, qui se trouvent une pe­tite niche, de vrai­ment prendre un avan­tage pré­pon­dé­rant», ex­plique-til. Le fait que les consom­ma­teurs aient gé­né­ra­le­ment ten­dance à pri­vi­lé­gier une ap­pli­ca­tion mo­bile plu­tôt qu’une autre ne fa­vo­rise pas, se­lon lui, l’émer­gence d’un éco­sys­tème concur­ren­tiel, mais per­met au contraire à des géants d’émer­ger. «Une ap­pli­ca­tion comme celle d’Uber, ce n’est pas né­ces­sai­re­ment su­per dif­fi­cile à pro­gram­mer, mais comme ils ont dé­jà la part du mar­ché et que les gens ne vont pas avoir 15 ap­pli­ca­tions sur leur té­lé­phone (…), bien à ce mo­ment-là, ce sont eux qui se re­trouvent avec une grosse part du mar­ché», in­dique M. Per­ron-Du­four.

Ter­rain de jeu équi­table

De­vant l’am­pleur du phé­no­mène et la grogne qu’il sus­cite dans l’in­dus­trie du taxi et de l’hô­tel­le­rie, cer­taines villes, dont Ot­ta­wa, et cer­taines pro­vinces, tel que le Qué­bec, ont mis des ba­lises en place pour ten­ter de frei­ner l’im­pact qu’ont ces nou­veaux joueurs sur ceux plus tra­di­tion­nels. «Le dé­fi, pour nous, ce n’est pas la ques­tion de sa­voir si ça vient, mais c’est une ques­tion de sa­voir com­ment est-ce que nous pou­vons nous as­su­rer que la concur­rence est juste et que c’est un ter­rain de jeu qui est à un ni­veau équi­table pour tout le monde», sou­tient une porte-pa­role de Tou­risme Ot­ta­wa, Ca­the­rine Cal­la­ry. Elle ajoute que les vi­si­teurs de la ré­gion s’at­tendent dé­sor­mais à avoir une offre va­riée de ser­vices al­liant ces nou­velles tech­no­lo­gies. «Ils veulent être do­tés d’une gamme d’op­tions d’hé­ber­ge­ment et de trans­port», ex­plique-t-elle.

PHO­TOS ETIENNE RANGER, LE DROIT Ca­the­rine Cal­la­ry Ma­thieu Per­ron-Du­four porte-pa­role de Tou­risme Ot­ta­wa Pro­fes­seur et éco­no­miste de l’UQO

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