Tra­vailler as­sis ou de­bout ?

Le Droit Affaires - - Vitalité Au Travail -

Vous tra­vaillez de longues heures sur un rap­port ou un plan. Vous avez une chaise er­go­no­mique, mais vous fi­nis­sez quand même la jour­née avec des rai­deurs au cou et au dos. Faut-il adop­ter la po­si­tion de­bout ? Pas si vite, pré­vient la spé­cia­liste de Pi­lates Vi­ta­li­té ! La ques­tion mé­rite qu’on s’y… penche. Et la ré­ponse pour­rait vous faire tom­ber en bas de votre chaise !

Tra­vailler as­sis

Que l’on soit à la mai­son ou au tra­vail, il ar­rive fré­quem­ment que l’on de­meure de longues heures dans une seule et même po­si­ton. Avec le temps, on dé­ve­loppe des ha­bi­tudes, des pos­tures qui ne sont pas tou­jours bé­né­fiques pour notre corps. De­meu­rer as­sis pen­dant des heures est mal­heu­reu­se­ment l’une de celles-là. Pen­ché vers le bureau, le cla­vier ou même vers l’écran, le dos s’ar­ron­dit et la cage tho­ra­cique s’écrase. La res­pi­ra­tion se fait moins com­plète, donc moins d’oxy­gène au sang. Bien­tôt, la fa­tigue phy­sique s’ajoute à la fa­tigue in­tel­lec­tuelle. En bo­ni : le risque ac­cru de caillot.

Tra­vailler de­bouT

La po­si­tion de tra­vail de­bout est aus­si ten­dance que l’ex­pres­so double lat­té à la va­nille fran­çaise. Est-ce la so­lu­tion de l’ave­nir ? Pas vrai­ment, se­lon les spé­cia­listes de l’hy­giène pos­tu­rale. En fait, l’idée ini­tiale était de faire tra­vailler les muscles, amé­lio­rer la po­si­tion na­tu­relle du corps et fa­vo­ri­ser la cir­cu­la­tion, par­ti­cu­liè­re­ment dans les jambes. Or, les études montrent clai­re­ment au­jourd’hui que la po­si­tion de­bout pen­dant de longues heures pro­voque elle aus­si la fa­tigue du dos, le risque de va­rices aux jambes, des dou­leurs et une pres­sion im­por­tante sur les disques lom­baires.

l’alTer­nance

Une troi­sième école de pen­sée prône l’alter­nance de sta­tion : as­sis, de­bout, en mou­ve­ment et avec des pauses. Ça peut sem­bler dif­fi­cile à ap­pli­quer dans cer­tains types d’em­plois comme une chaîne de montage, un ca­bi­net comp­table ou un cu­bi­cule dans un bureau. Pour­tant, la grande ma­jo­ri­té des mi­lieux de tra­vail per­mettent une cer­taine flexi­bi­li­té. Une pause-éti­re­ment est la bien­ve­nue, même si vous de­vez res­ter sur place, à votre poste de tra­vail. Il se peut même que vous ayez les idées plus claires et votre ni­veau de stress à la baisse après cette pe­tite ré­com­pense of­ferte à votre corps.

For­cer l’évo­lu­tion

Sur ce plan, bien que les pla­te­formes d’Uber et d’Airbnb re­tiennent beau­coup l’at­ten­tion, d’autres chan­ge­ments sont à pré­voir dans cette in­dus­trie en constante évo­lu­tion, est-elle d’avis. D’ailleurs, la pré­sence d’Uber dans la ré­gion a for­cé la com­pa­gnie de taxi Ca­pi­tal à ri­pos­ter en lan­çant ré­cem­ment sa propre ap­pli­ca­tion mo­bile, cal­quée sur un mo­dèle si­mi­laire au géant amé­ri­cain, avec un tra­jet af­fi­ché en temps réel sur une carte, etc.

Des re­cettes pour la ville

Il reste que l’in­dus­trie tra­di­tion­nelle du taxi n’a pas en­core di­gé­ré l’adop­tion d’un rè­gle­ment mu­ni­ci­pal, il y a tout juste un an, qui a per­mis au géant amé­ri­cain Uber de sillon­ner lé­ga­le­ment les rues d’Ot­ta­wa, avec la créa­tion d’une nou­velle ca­té­go­rie de per­mis pour les com­pa­gnies de trans­port pri­vé. Les

3500 chauf­feurs des en­tre­prises Uber et Tes­lift font main­te­nant concur­rence au quelque 2200 chauf­feurs de taxi dé­ten­teurs de per­mis, se­lon les don­nées four­nies par la Ville. Le nou­veau rè­gle­ment a tou­te­fois per­mis d’amas­ser jus­qu’à pré­sent un to­tal de

950 000 $, puisque la mu­ni­ci­pa­li­té per­çoit 0,11¢ en droits de per­mis et

0,7 ¢ ser­vant à fi­nan­cer les ser­vices pour per­sonnes à mo­bi­li­té ré­duite, in­dique le di­rec­teur des Ser­vices des rè­gle­ments mu­ni­ci­paux, Ro­ger Chap­man. Ces droits de per­mis per­çus servent, dit-il, à com­pen­ser le coût de l’ad­mi­nis­tra­tion et de l’ap­pli­ca­tion du nou­veau rè­gle­ment.

Deux phi­lo­so­phies

À Ga­ti­neau, c’est plu­tôt le gou­ver­ne­ment du Qué­bec qui est in­ter­ve­nu dans ce dos­sier avec l’adop­tion d’un pro­jet­pi­lote, il y a près d’un an. «C’est pour ce­la que l’ap­proche à Ot­ta­wa pour

Uber est dif­fé­rente de celle de To­ron­to ou d’autres villes on­ta­riennes, parce que c’est une pré­oc­cu­pa­tion qui est lo­cale. Tan­dis qu’au Qué­bec, on a pas­sé une loi gé­né­rale pour l’en­semble de la pro­vince et tout le monde est te­nu à la même norme», ex­plique le pro­fes­seur de droit et pro­fes­seur à l’école de ges­tion Tel­fer de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa, Gilles LeVas­seur. Se­lon lui, l’ap­proche on­ta­rienne vise da­van­tage à ré­gle­men­ter le ser­vice, alors que celle qué­bé­coise vise plu­tôt à le res­treindre. «Ce sont deux phi­lo­so­phies dif­fé­rentes. Tan­dis qu’au Qué­bec, on a vou­lu pro­té­ger les em­plois ac­tuels, les taxis, en On­ta­rio, on a pris la dé­marche de dire :«Écou­tez, qu’on dé­cide de le per­mettre et qu’on le ré­gle­mente!», pour­suit M. LeVas­seur. L’ex­pert es­time tou­te­fois que les gou­ver­ne­ments de­vraient prendre da­van­tage de me­sures pour pro­té­ger les consom­ma­teurs (voir autre texte).

Gilles LeVas­seur Pro­fes­seur de droit et pro­fes­seur à l’école de ges­tion Tel­fer de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa

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