En­tre­pre­neur, ma­gi­cien et créa­teur: Da­niel Cou­tu mul­ti­plie les cha­peaux.

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Isa­belle Bri­se­bois Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Faire vivre des émo­tions pour trans­mettre des no­tions, voi­là le pa­ri que Da­niel Cou­tu a pris en fon­dant les Pro­duc­tions Pres­ti­go en 2006. Avec deux émis­sions jeu­nesse pré­sen­tées à Ra­dioCa­na­da, Science ou ma­gie et

Par ici la ma­gie, des tour­nées de spec­tacles par­tout au pays et de mul­tiples pro­duits dé­ri­vés, dont l’ap­pli­ca­tion mo­bile Tech­no­ma­gie, l’ani­ma­teur et ma­gi­cien cherche sans cesse à tou­cher le coeur des en­fants. «Parce qu’ils sont les ac­teurs de chan­ge­ment de de­main ». Por­trait d’un bâ­tis­seur de rêves. «Être ar­tiste, c’est vendre du rêve, sou­ligne Da­niel Cou­tu, ren­con­tré chez lui, dans sa mai­son, qui abrite aus­si ses bu­reaux, à Ga­ti­neau. Et être ma­gi­cien, c’est vendre une réa­li­té qui n’existe pas.» À sept ans, il re­çoit pour son an­ni­ver­saire un tout pre­mier en­semble de ma­gie. Coup de coeur ins­tan­ta­né pour ce mé­dium qui lui per­met alors de se mettre en scène, de faire de l’hu­mour et, aus­si, de faire de la mu­sique avec son père mul­ti-ins­tru­men­tiste. Six ans plus tard, il sui­vra des cours de ma­gie avec Maxim le ma­gi­cien, et avec qui il ap­pren­dra des tech­niques pro­fes­sion­nelles qui confir­me­ront sa

pas­sion pour la ma­gie et, sur­tout, pour l’ani­ma­tion.

Une in­vi­ta­tion qui change tout

Au cé­gep, il en­tame des études en tech­niques ad­mi­nis­tra­tives. Ce­lui qui de­puis son jeune âge jouait dans la plu­part des spec­tacles sco­laires avait aus­si un pen­chant pour les af­faires. «Je suis cu­rieux de tout, ab­so­lu­ment tout. À l’école se­con­daire, je fai­sais par­tie du club des jeunes en­tre­pre­neurs, se sou­vient-il. J’étais un ex­cellent ven­deur.» Puis, un jour, vient l’ap­pel des planches. Ful­gu­rant. «Je don­nais un spec­tacle au Ga­la Mé­ri­tas de Ga­ti­neau et Na­tha­lie Cho­quette était dans la salle, se sou­vient-il. Quelques jours plus tard, j’ai re­çu un cour­riel de trois pages. En me voyant, elle avait trou­vé le concept de son spec­tacle, La di­va et l’apprenti

sor­cier. Je suis par­tie un an en tour­née avec elle. Ce fut une ex­pé­rience in­ou­bliable, j’y ai ap­pris tous les rouages de la scène.»

Un pre­mier spec­tacle

Au re­tour, il dé­cide de pro­duire son propre spec­tacle, Science ou ma­gie, dans le but d’en­sei­gner aux en­fants, tout en les di­ver­tis­sant. Âgé de 19 ans, il fait un em­prunt de 10 000 $ à la banque pour fi­nan­cer ce qui de­vait être une tour­née de 30 spec­tacles, la­quelle s’est fi­na­le­ment ter­mi­née au bout de trois ans avec 400 re­pré­sen­ta­tions dans les écoles et les fes­ti­vals. «D’est en ouest au pays, ce fut un suc­cès, dit-il. J’ai com­pris alors qu’il n’y avait pas d’offre cultu­relle struc­tu­rée et clés en main. J’ai fouillé le cur­ri­cu­lum des

éta­blis­se­ments pour com­prendre quels étaient les ob­jec­tifs pé­da­go­giques et jus­qu’à ce jour, je conçois des spec­tacles en fonc­tion de cette de­mande.» D’où la fon­da­tion des Pro­duc­tions Pres­ti­go en 2006, un «in­cu­ba­teur de per­son­nages», les­quels vé­hi­culent des va­leurs édu­ca­tives et se dé­clinent en spec­tacles, CD, DVD, livres, mu­sique, pro­duits dé­ri­vés et émis­sions de té­lé­vi­sion. Atlas Géo­cir­cus et Ka­lim­ba comptent par­mi les nom­breux suc­cès de l’en­tre­prise qui font le bonheur des en­fants. Dans un fu­tur rap­pro­ché, Da­niel

Cou­tu mise énor­mé­ment sur le vo­let de la pro­duc­tion té­lé­vi­suelle. Dans ce mi­lieu, il avoue d’ailleurs l’avoir «ap­pris à la dure» et ce, avec Na­bel­la Di­caire, son amou­reuse

de­puis 16 ans, mère de leurs deux filles et in­dis­pen­sable par­te­naire d’af­faires. «Nous nous sommes pré­sen­tés à Ra­dio-Ca­na­da pour avoir de la vi­si­bi­li­té sur le Web et nous sommes re­par­tis avec un contrat pour pro­duire Par

ici la ma­gie, une émis­sion jeu­nesse. Nous avons pas­sé des nuits à faire de la comp­ta­bi­li­té et à es­sayer de com­prendre le fi­nan­ce­ment d’une émis­sion de té­lé­vi­sion, se rap­pelle-t-il en riant. Je sou­haite conti­nuer à pro­duire ici, à Ga­ti­neau, mais le dé­fi de trou­ver un stu­dio qui ré­pond à nos be­soins de­meure en­tier.» At­teint d’un trouble dé­fi­ci­taire de l’at­ten­tion, l’in­fa­ti­gable vi­sion­naire se lève à l’au­rore, à 4 h 30, pour rê­ver à ses per­son­nages, les conce­voir et les faire vivre. Il tra­vaille aus­si à dé­ve­lop­per sa no­to­rié­té et sa marque, no­tam­ment en par­ti­ci­pant à des émis­sions comme

Tout le monde en parle pour y dé­fendre ses va­leurs. Il anime en­core et tou­jours des ga­las et des évé­ne­ments, le plai­sir «d’émer­veiller la foule» étant trop grand. Et même avec deux no­mi­na­tions aux prix Gémeaux (Science ou ma­gie), il garde les deux pieds sur terre. «Pour Na­bel­la et moi, la fa­mille, c’est pré­cieux. Mon père et ma mère tra­vaillent avec nous. Je ne veux sur­tout pas réus­sir ma vie pro­fes­sion­nelle au dé­tri­ment de nos filles. Je ne veux pas réus­sir dans la vie, je veux réus­sir notre vie.»

Da­niel Cou­tu Pro­duc­tions Pres­ti­go

Meilleur coup en car­rière ? Convaincre sa conjointe Na­bel­la de le suivre en af­faires. Un men­tor ?

Au­cun !

PHO­TO PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT Un moins bon coup ? Sous-es­ti­mer le temps et les res­sources pour un

pro­jet.

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