MonGPS.ca

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Jacques-Nor­mand Sau­vé Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

L’Ou­taouais est une terre en­tre­pre­neu­riale qui foi­sonne de ta­lents. Ac­tuel­le­ment, 7 300 en­tre­prises y ont pi­gnon sur rue, mais der­rière ce ta­bleau, en­vi­ron 23 000 per­sonnes se­raient pré­sen­te­ment sur le point de lan­cer une nou­velle com­pa­gnie ou de re­prendre une en­tre­prise exis­tante. L’or­ga­nisme de ser­vices aux en­tre­prises ID Ga­ti­neau es­time que plus de 60% des per­sonnes ayant l’in­ten­tion de se lan­cer en af­faires sou­hai­te­raient être ac­com­pa­gnées par un or­ga­nisme spé­cia­li­sé ou un men­tor, mais dans les faits, seule­ment une per­sonne sur cinq bé­né­fi­cie­ra de ser­vices d’ac­com­pa­gne­ment. Ain­si, nous dit Jean Le­page, di­rec­teur gé­né­ral d’ID Ga­ti­neau, bon an, mal an, un en­tre­pre­neur sur deux aban­donne la par­tie avant de se lan­cer en af­faires. S’il est ap­puyé par une struc­ture ou des pro­fes­sion­nels du mi­lieu des af­faires, le

taux de réus­site en af­faires mon­te­ra à 70%. ID Ga­ti­neau es­time que, dans son cas, ce taux est por­té à 85% de réus­site lorsque les en­tre­pre­neurs en de­ve­nir ont re­cours à ses ser­vices. Puis, il y a la masse d’in­for­ma­tions dis­po­nibles, mais souvent mal ré­fé­ren­cées : au Ca­na­da, plus de

1 000 an­tennes, cel­lules, mi­nis­tères et or­ga­nismes agissent sur le ter­rain en­tre­pre­neu­rial, mais seule­ment 20 % des gens d’af­faires uti­lisent les ser­vices d’aide qui sont dis­po­nibles pour eux. L’In­ter­net? Un fouillis souvent dif­fi­cile à cir­cons­crire. Mais par où, diable, com­men­cer?

Mettre un peu d’ordre là-de­dans…

«Si vous al­lez voir sur le Web et vous ta­pez les mots ¨dé­mar­rage d’en­tre­prises¨, les chances de tom­ber sur ces 50 or­ga­ni­sa­tions, ou­bliez ça là, c’est plus com­pli­qué que ça. Souvent, ces or­ga­ni­sa­tions-là sont mal ré­fé­ren­cées; l’en­tre­pre­neur ne sait pas où frap­per», confie Jean Le­page. ID Ga­ti­neau et la Table d’ac­tion en en­tre­pre­neu­riat (TAE) de l’Ou­taouais ont donc dé­ci­dé de re­grou­per sous un même por­tail la cin­quan­taine d’or­ga­nismes de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique qui peuple la ré­gion de l’Ou­taouais: ser­vices mu­ni­ci­paux, centres de re­cherche, in­cu­ba­teurs, chambres de com­merce, ins­ti­tu­tions

sco­laires... Le nom de ce nou­veau ser­vice In­ter­net de ré­fé­ren­ce­ment en en­tre­pre­neu­riat? MonGPS.ca. Le nom est ré­vé­la­teur; on le voit tout à fait comme une vé­ri­table bous­sole en­tre­pre­neu­riale. De­puis son lan­ce­ment, le 20 sep­tembre der­nier, 160 fiches-pro­jets y sont dis­po­nibles pour consul­ta­tion et seule­ment cinq jours après le lan­ce­ment du por­tail, dé­jà 3500 pages avaient été vues. On vise idéa­le­ment 300 fiches pro­jets à consul­ter pour les in­ter­nautes en­tre­pre­neurs. « C’est le pre­mier pro­jet col­la­bo­ra­tif qui réunit au­tant de monde que ça, ici à Ga­ti­neau, de mé­moire », af­firme Jean Le­page. On sait d’em­blée que les jeunes en­tre­pre­neurs au­ront le ré­flexe de consul­ter le site puis­qu’In­ter­net fait par­tie de leur vie de­puis tou­jours. Et les sta­tis­tiques in­diquent que les per­sonnes im­mi­grantes se lancent trois fois plus souvent en af­faires que les Ca­na­diens de souche. Voi­là un autre pu­blic cible à consi­dé­rer. «Plu­tôt que de se voir comme des com­pé­ti­teurs (les en­tre­prises) vont tra­vailler da­van­tage en co­opé­ra­tion, ce qui va per­mettre à cha­cune de dé­fi­nir son ter­rain de jeu», ex­plique Jean Le­page.

De Kan­sas à Ga­ti­neau

S’il s’agit, se­lon Jean Le­page, d’une pre­mière ca­na­dienne, l’idée d’un tel por­tail fut d’abord lan­cée à Kan­sas

Ci­ty, la plus grande ville de l’État du Mis­sou­ri aux États-Unis. Son por­tail, KCSour­ceLink, fut inau­gu­ré il y a près d’une dé­cen­nie et abrite au­jourd’hui

245 or­ga­nismes d’aide aux en­tre­prises de 18 ré­gions. Une di­zaine de per­sonnes y tra­vaillent à temps plein. Près de 20 États amé­ri­cains ont, de­puis, sui­vi son exemple. Les ges­tion­naires de ce site es­timent que son im­plan­ta­tion a né­ces­si­té près de 18 mois et a coû­té en­vi­ron 300 000$ en fonds pu­blics. La pe­tite équipe d’ID Ga­ti­neau, ex­plique Jean Le­page, a réus­si à lan­cer son pro­jet en six mois avec seule­ment trois per­sonnes à temps par­tiel sur le dos­sier. Coût de l’opé­ra­tion : moins de 20 000$, éva­lue-t-on. «C’est dé­jà un ex­ploit!», sou­ligne M. Le­page.

En ligne, sur MonGPS.ca, les en­tre­pre­neurs peuvent avoir ac­cès à une banque de four­nis­seurs de ser­vices, ils peuvent aus­si consul­ter un ca­len­drier d’ac­ti­vi­tés de for­ma­tion, de ren­contres de ré­seau­tage et d’évè­ne­ments, je­ter un oeil sur des ac­tua­li­tés ré­gio­nales concer­nant le monde des af­faires et consul­ter des billets de blogue et divers ou­tils-conseils.

Gé­ré tem­po­rai­re­ment par ID Ga­ti­neau, on compte sur cha­cun des membres de la pla­te­forme pour ac­tua­li­ser leurs pages et leurs don­nées.

«Ce qu’on es­père, c’est que le bé­bé puisse mar­cher tout seul, dit en riant M. Le­page, que les membres l’ali­mentent et le prennent en charge. On va don­ner le sup­port tant et aus­si long­temps que le pro­jet ne fonc­tion­ne­ra pas de lui­même.»

Jean Le­page

Di­rec­teur gé­né­ral

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.