Le couple Re­go-La­croix

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Marc Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

De­puis 2009, il s'im­pose dans le mi­lieu de la res­tau­ra­tion ga­ti­noise.

Il ne connais­sait pra­ti­que­ment rien à la res­tau­ra­tion. Elle n’avait ja­mais eu d’en­tre­prises. En­semble, ils ont bâ­ti deux res­tau­rants qui car­burent, dans un en­vi­ron­ne­ment d'af­faires dif­fi­cile. Joe Re­go et Isa­belle La­croix ont d’abord ache­té le res­to-bar Le Quai St-Ray­mond en 2009. Le monde sor­tait d’une grave crise fi­nan­cière, le couple n’avait pas d’ex­pé­rience en ges­tion. N’em­pêche, le chiffre d’af­faires du res­tau­rant grimpe d’en­vi­ron 10% par an­née de­puis. Re­be­lote quatre ans plus tard : le couple achète Le Cel­lier, dans le Vieux-Hull, rue St-Jacques. Une adresse qui avait ja­dis été oc­cu­pée par le Jean-Sé­ba­tien Bar. «Vous êtes sui­ci­daires» leur a dit leur en­tou­rage. Plu­sieurs res­tau­ra­teurs avaient man­gé leur pain noir à cet en­droit.

De­puis, la cui­sine ne dé­rou­git pas. «Le suc­cès est ar­ri­vé bang, bang, bang. On a dé­sor­mais sept cui­si­niers per­ma­nents, on est obli­gés de for­mer le per­son­nel nous-même. On est ren­dus 25 em­ployés au Cel­lier», ra­conte Isa­belle La­croix. «Je pense qu’on a com­blé un be­soin à Ga­ti­neau chez la nou­velle gé­né­ra­tion pour une cui­sine mo­derne, «tren­dy», ex­plique Joe Re­go. Et les gens sont prêts à payer pour bien man­ger.» «Quand il va au res­tau­rant, le client cherche une at­mo­sphère, de la qua­li­té et du ser­vice. On offre les trois», as­sure ma­dame La­croix. Elle-même a pas­sé deux ans en cui­sine pour connaître les ar­canes du mé­tier. Le couple voit à tout. Et pour com­bler leur manque d’ex­pé­rience, les deux en­tre­pre­neurs n’ont pas hé­si­té à faire ap­pel à des consul­tants, ques­tion d’amé­lio­rer leur ges­tion, leur pra­tique cou­rante. Qui a dit que la res­tau­ra­tion en ar­ra­chait? «C’est pas un dé­fi, c’est une pas­sion, la res­tau­ra­tion», clame Joe Re­go, l’homme de tous les mé­tiers qui adore le con­tact avec les gens.

Vers d'autres pro­jets

Le couple, en af­faires comme dans la vie, compte sur une équipe stable de­puis son ar­ri­vée dans le monde de la res­tau­ra­tion. À telle en­seigne qu’il ai­me­rait of­frir un par­te­na­riat aux em­ployés in­té­res­sés, ques­tion d’as­su­rer la pé­ren­ni­té des com­merces et aus­si de le dé­ga­ger d’un ho­raire dé­men­tiel. Car le quo­ti­dien du duo s’est alour­di en­core un peu plus de­puis le dé­but du mois d’oc­tobre. Le couple Re­go-La­croix

gère le nou­veau Star­buck, qui vient d’ou­vrir au rez-de-chaus­sée du WE, coin Wel­ling­ton et St-Jacques. «On est de­bout à 5h30 pour opé­rer le ca­fé et on est sur le plan­cher jus­qu’à 22h pour les deux autres res­tos», ex­plique Isa­belle La­croix, un brin de las­si­tude dans la voix. La li­cence du Star­bucks a été ache­tée par le goupe Hea­fey, pro­prié­taire du WE, qui leur a de­man­dé de s’en oc­cu­per. «C’est un beau dé­fi, on ap­prend beau­coup, pré­cise Isa­belle La­croix, mais c’est exi­geant. C’est pour­quoi on vient d’em­bau­cher une di­rec­trice gé­né­rale qui s’oc­cupe dé­sor­mais de la comp­ta­bi­li­té dans les trois com­merces, qui comptent 70 em­ployés.» L’en­tre­prise fa­mi­liale a éga­le­ment d’autres pro­jets en vue, tou­jours au centre-ville de Hull. Au prin­temps, un bis­tro-san­té ou­vri­ra ses portes sur la rue Ed­dy, le Oli­via, avec un ser­vice de ventes en ligne. L’en­droit sert dé­jà de cui­sine de pro­duc­tion pour le Cel­lier, qui man­quait d’es­pace. «Ça se dé­ve­loppe au centre-ville. Ce qui nous ai­de­rait, ce sont des par­co­mètres in­tel­li­gents (qui per­met le paie­ment par carte de cré­dit et à dis­tance) pour fa­ci­li­ter la vie des clients, in­siste

Joe Re­go, et aus­si, plus de gens qui y ha­bitent. Le couple, ori­gi­naire de l’ex­ville de Hull, ha­bite dé­sor­mais sur l’Ile. Deux de leurs en­fants tra­vaillent dans l’un ou l’autre de leurs com­merces. Il est un peu tôt tou­te­fois pour par­ler de re­lève. Pas trop tôt par contre, à la mi­qua­ran­taine, pour par­ler de re­traite… éven­tuel­le­ment. «Quand on y pense, on se voit avec notre pe­tit res­to au bord de la mer!», s’ex­clame ma­dame La­croix, pen­dant que son com­plice abonde dans le même sens.

PHO­TOS PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

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