Un lea­der ca­na­dien 3

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Trente ans après avoir dé­mar­ré dans un sous-sol de Val-des-Monts, Or­thoCa­na­da est de­ve­nu le plus gros dis­tri­bu­teur ca­na­dien de ma­té­riel de phy­sio­thé­ra­pie au pays.

Vous vous al­lon­gez sur une table de mas­sage, vous uti­li­sez un ap­pa­reil ul­tra­son, ou en­core vous faites du ta­pis rou­lant à la cli­nique de san­té près de chez vous ? Si oui, il y a d’ex­cel­lentes chances que tout ce ma­té­riel pro­vienne des en­tre­pôts d’Or­thoCa­na­da, éta­blis ici à Gatineau. En l’es­pace de moins de 30 ans, Or­thoCa­na­da est de­ve­nu un joueur in­con­tour­nable au pays au­près des hô­pi­taux, des cli­niques de phy­sio­thé­ra­pie et des chi­ro­thé­ra­peutes. La com­pa­gnie est de­ve­nue en fait le plus gros dis­tri­bu­teur ca­na­dien de ma­té­riel de phy­sio­thé­ra­pie au pays. L’en­tre­prise a com­men­cé par fa­bri­quer des cous­sins lom­baires dans un sous­sol de Val-des-Monts. La fon­da­trice, Ju­dith Stan­field, phy­sio­thé­ra­peute de for­ma­tion, cher­chait le cous­sin idéal pour ai­der ses clients, mais sans suc­cès. Elle l’a donc conçu elle-même. Au­jourd’hui, Or­thoCa­na­da n’est plus dans la fa­bri­ca­tion. Elle a sau­té à pieds joints dans le monde de la dis­tri­bu­tion. Ce qu’elle vend à sa clien­tèle d’af­faires pro­vient es­sen­tiel­le­ment d’Eu­rope, des États-Unis, de la Ma­lai­sie et de Chine. Plus de 3 300 pro­duits qu’elle im­porte et dis­tri­bue par­tout au pays.

En­tre­prise fa­mi­liale

Or­thoCa­na­da est une en­tre­prise fa­mi­liale. Au fil des ans, ma­dame Stan­field a en­traî­né son conjoint,

Alain Veilleux, et son fils, Ace Mar­tin, dans l’aven­ture en­tre­pre­neu­riale.

Les deux hommes sont main­te­nant co­pré­si­dents de la com­pa­gnie.

Une fa­çon pour la fon­da­trice de se dé­char­ger gra­duel­le­ment du poids des res­pon­sa­bi­li­tés, à l’aube de la re­traite, mais aus­si de pré­pa­rer la re­lève. La tran­si­tion a eu lieu l’été der­nier. Or­thoCa­na­da se re­trouve avec une di­rec­tion bi­cé­phale, un peu comme chez Qué­bec So­li­daire. « Je ne sais pas com­ment ça se passe chez QS, mais entre nous, ça se passe très bien! Ça a été même une sur­prise que tout se passe si bien », constate mon­sieur Mar­tin. « C’est même un vrai plai­sir », ra­joute mon­sieur Veilleux. Le duo a em­bau­ché un coach de suc­ces­sion, il y a eu di­vi­sion des rôles et des sec­teurs d’ac­ti­vi­tés et, de­puis, le tout s’ef­fec­tue sans heurt. Alain Veilleux est ac­tif dans l’en­tre­prise de­puis plus de 20 ans tan­dis qu'Ace Mar­tin a sau­té dans le train il y a en­vi­ron cinq ans.

Une crois­sance sou­te­nue

« Quand j’entre au tra­vail, je pense à faire gran­dir la com­pa­gnie », confie

Ace Mar­tin. « Moi aus­si, la crois­sance, ça m’al­lume beau­coup », lance Alain Veilleux. Voi­là une bonne chose de ré­glée car leur en­tre­prise semble sur une forte lan­cée à l’aube de son 30e an­ni­ver­saire. Or­thoCa­na­da est en voie d’ac­qué­rir un com­pé­ti­teur, un deuxième en l’es­pace de trois ans, ce qui lui per­met­tra de dou­bler ses ventes d’ici deux ans. Qui dit ac­qui­si­tion dit ex­pan­sion. Or­thoCa­na­da, qui est en­trée dans son nou­veau quar­tier gé­né­ral si­tué dans l’Aé­ro­parc in­dus­triel de Gatineau en 2015, doit dé­jà en re­pous­ser les murs. Bien­tôt, l’en­tre­pôt se­ra agran­di de 40 % pour avoir à por­tée de main un

plus grand in­ven­taire et ré­pondre plus ra­pi­de­ment aux de­mandes des clients. Puis d’autres em­bauches sui­vront. « Le mar­ché est très frag­men­té dans notre do­maine, il y a un po­ten­tiel énorme de crois­sance », ex­plique M. Mar­tin. Pour l’ins­tant, la com­pa­gnie gran­dit de 15 à 20 % par an­née.

Les dé­fis

Main­te­nant qu’elle a at­teint sa ma­tu­ri­té, Or­thoCa­na­da doit faire face à de nou­veaux dé­fis. Cette fois, les en­ne­mis sont plus qu’im­po­sants. « On doit évi­ter de de­ve­nir vic­time de l’ef­fet Ama­zon », ra­conte mon­sieur Veilleux. Ce géant du com­merce en ligne est ex­trê­me­ment agres­sif dans le mar­ché au dé­tail, la com­pa­gnie n’a au­cune contrainte bud­gé­taire et elle est un re­dou­table ad­ver­saire, ajoute-t-il. « Nous de­vons être aus­si ef­fi­cace qu’elle pour li­vrer nos pro­duits. »

PHO­TOS PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

Ace Mar­tin

Alain Veilleux

par Marc Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

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