La Cie Live Edge de L’Ange-Gar­dien

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Ils ont pris une seule jour­née de congé de­puis deux ans.

Pas le temps de souf­fler, leur entreprise ex­plose de par­tout.

Les com­mandes, la fa­bri­ca­tion, les points de vente, la comp­ta­bi­li­té. Pas mal pour une com­pa­gnie qui n’exis­tait même pas il y a deux ans ! L’his­toire com­mence au prin­temps 2016. Ke­vin Sla­ma, sou­deur de mé­tier, est sans em­ploi. Pour pas­ser le temps, il construit un voi­lier en bois et des meubles. Puis sa mai­son, ici, à Mayo, non loin de Bu­ckin­gham. Il tombe en amour avec le bois. Son épouse, Sté­pha­nie Lan­dry, elle, est di­plô­mée en com­merce et a pas­sé 12 ans de sa vie à vendre des pro­duits à de grands dé­taillants. Une idée dé­me­su­rée lui passe par la tête. « On va vendre des meubles en bois, mais en gros vo­lume ». Elle dit à son ma­ri : « L’idée est tel­le­ment folle, on a be­soin de tel­le­ment d’ar­gent, mais on va le faire pa­reil ».

Voi­là, la Cie de Bois Live Edge vient de dé­mar­rer et le couple n’au­ra plus une se­conde à lui.

Leur pro­duit est ori­gi­nal. Des tables, des bu­reaux, des ta­blettes en bois de pin ou d’érable. Les sup­ports des meubles sont en acier. Vous ache­tez les tranches de bois né­ces­saires à votre pro­jet, vous les as­sem­blez grâce à un sys­tème de vis in­ven­té par Ke­vin, vous choi­sis­sez un type de pattes en mé­tal et vous ve­nez de créer votre meuble. Un ma­riage de mo­derne et d’an­cien.

Les géants de la ré­no­va­tion comme Home De­pot et Loews sont im­mé­dia­te­ment conquis. « Je n’ai ja­mais vu une ré­ac­tion vite comme ça », s’ex­clame ma­dame Lan­dry. En quelques se­maines, les grandes chaînes ac­ceptent de dis­tri­buer leurs pro­duits. D’abord parce qu’ils res­pectent les normes éco­lo­giques UCIN, mais aus­si parce qu’ils sont très abor­dables. Les seules tranches de bois ven­dues au pays ve­naient de l’étran­ger et leurs prix, éle­vés.

La pe­tite com­pa­gnie de L’Ange-Gar­dien se re­trouve d’un coup avec plus de 160 points de vente au pays, mais au­cun en­droit pour pro­duire ses planches. « On a créé et ven­du le pro­duit avant d’ou­vrir nos deux usines! », ri­gole au­jourd’hui Ke­vin Sla­ma.

D’ailleurs, le couple avait été re­te­nu pour par­ti­ci­per à l’émis­sion de té­lé­vi­sion

Dans l’oeil du dra­gon l’an der­nier, mais per­sonne n’a vou­lu les fi­nan­cer parce que l’entreprise n’avait pas en­core de mar­chan­dises en ma­ga­sin ! Dans les mois qui ont sui­vi les contrats de dis­tri­bu­tion avec les mar­chands, tout a été mis sur pied à une vi­tesse folle : contrats de vente, fi­nan­ce­ment, em­bauche, li­vrai­son, achats de bois, de fer, mar­ke­ting, éti­que­tage. « On avait le bon pro­duit au bon mo­ment », constate Ke­vin Sla­ma.

Un chiffre d’af­faires qui ex­plose

La pre­mière an­née, Live Edge vend pour 250 000 $ de meubles. À sa deuxième an­née d’exis­tence, les ventes ex­plosent à 3,2 mil­lions de dol­lars. Et ce n’est que le dé­but. La pe­tite entreprise lo­cale a ex­pé­dié un pre­mier ca­mion de planches aux États-Unis en mars der­nier. Pas moins de 124 ma­ga­sins amé­ri­cains Loews vont vendre leurs pro­duits. S’ajou­te­ront 150 Home De­pot US cet été et le mar­ché aus­tra­lien à l’au­tomne.

L’an pro­chain, la ma­jo­ri­té de leurs ventes se fe­ront à l’étran­ger. Réus­site com­plète et fou­droyante pour ce couple en sym­biose comme deux planches de pin em­bou­ve­tées. Elle est née à To­ron­to, d’une mère aca­dienne et lui, à Drum­mond­ville. Trop oc­cu­pés pré­sen­te­ment pour avoir des en­fants.

Même s’ils sont en­det­tés pour plus de 600 000 $, l’ave­nir s’an­nonce pro­met­teur. Au dé­part, les créan­ciers vou­laient qu’ils tentent de vendre leur concept de meubles à fa­bri­quer dans deux ou trois ma­ga­sins mais le couple in­siste. « Nous, c’était notre stra­té­gie : vi­ser un mar­ché de masse en par­tant », ex­plique M. Sla­ma.

Les deux en­tre­pre­neurs sont fiers de dire que tout est fa­bri­qué lo­ca­le­ment : les planches, les struc­tures de fer, les mo­dèles. Le bois, lui, pro­vient de l’On­ta­rio. Ils sont aus­si re­con­nais­sants en­vers la ré­gion. «On est convain­cus que notre entreprise n’au­rait pas pu voir le jour ailleurs », note Mme Lan­dry. « On a re­çu de l’aide de tout le monde, la ville, le CLD, le SADC. »

Après ces der­nières an­nées vé­cues comme dans un tour­billon, les deux en­tre­pre­neurs pré­voient prendre un peu de re­pos le mois pro­chain. Ils s’en vont en va­cances pen­dant... deux jours à Las Ve­gas !

Pas ques­tion de se re­po­ser long­temps, trop de pain sur la planche!

Par Marc Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spéciale

Ke­vin Sla­ma et Sté­pha­nie Lan­dry

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