La même re­cette, 36 ans plus tard 3

Le Droit Affaires - - Sommaire -

La chaîne ali­men­taire Farm Boy nour­rit les On­ta­riens de­puis 1981. Et l'ob­jec­tif de son fon­da­teur Jean-Louis Bellemare reste tou­jours le même: of­frir les meilleurs pro­duits ré­gio­naux aux meilleurs prix.

Je le vois au bout de la ran­gée, il aligne des bou­teilles sur une ta­blette et ex­plique à un em­ployé l’im­por­tance de bien dis­po­ser les pro­duits. JeanLouis Bellemare veut que le client qui vi­site son nou­veau ma­ga­sin Farm Boy du

Centre Ri­deau à Ot­ta­wa soit com­blé. Sur toute la ligne. Rien de nou­veau pour lui. Il ap­plique cette re­cette de­puis qu’il a créé son pre­mier ma­ga­sin de fruits et lé­gumes à Corn­wall, en 1981, avec son épouse Co­lette. Tren­te­six ans plus tard, Farm Boy compte 25 ban­nières en On­ta­rio et la de­vise n’a pas chan­gé : of­frir les meilleurs pro­duits ré­gio­naux au meilleur prix. Mais il y a plus. M. Bellemare n’est pas qu’un simple marchand. C’est un pas­sion­né du ser­vice. « De­puis 36 ans, le concept de Farm Boy a évo­lué. Mais la fa­çon de faire est pa­reille. On donne un ser­vice ex­cep­tion­nel, grâce à des gens for­mi­dables. On veut que ce soit une ex­pé­rience de ve­nir chez nous. »

La seule chose qui a chan­gé au fil des ans, ra­conte M. Bellemare, c’est l’éven­tail de pro­duits que nous of­frons. Ici, pas de Kraft, pas de Kel­log’s, pas de Klee­nex. Que des pro­duits ali­men­taires frais et san­té, lo­caux si pos­sible. Que des pro­duits de qua­li­té, ajoute-t-il. Farm Boy est une vé­ri­table épi­ce­rie où l’on se rend pour se nour­rir. Point. Le fon­da­teur de l’entreprise est in­ta­ris­sable quand vient le temps de par­ler de qua­li­té.

Étant don­né qu’elle mise sur la fraî­cheur, la com­pa­gnie vend des ali­ments dé­pour­vus d’agents de conser­va­tion, de pré­ser­va­tifs, ou le moins pos­sible. Farm Boy a d’ailleurs construit à Ot­ta­wa, sur le che­min Walk­ley, sa propre cui­sine pour ali­men­ter en pro­duits frais ses 25 ma­ga­sins. On y cui­sine sept jours sur sept. Et son chef, en poste de­puis huit ans, s’ap­pelle Josh Drache. Il est l’an­cien chef du 24, pro­me­nade Sus­sex à Ot­ta­wa, la ré­si­dence of­fi­cielle des pre­miers mi­nistres ca­na­diens. L’ave­nir de Farm Boy se joue pro­ba­ble­ment dans ses cui­sines. « Pré­sen­te­ment, les re­pas pré­pa­rés re­pré­sentent en­vi­ron 20 % du chiffre d’af­faires de Farm Boy, c’est im­mense constate M. Bellemare. Nous of­frons des re­pas de qua­li­té ex­cep­tion­nelle à une frac­tion du prix. Et en­vi­ron le tiers de ce qui se trouve sur les ta­blettes sont des pro­duits mai­son. On veut faire grim­per ça à 80%. » Chaque ma­ga­sin a aus­si sa propre cui­sine, sa bou­lan­ge­rie, sa char­cu­te­rie.

Ex­pan­sion

Même qua­li­té, même ser­vice, même po­li­tique d’achat lo­cal de­puis 36 ans, mais la pe­tite entreprise fa­mi­liale de Corn­wall est de­ve­nue très am­bi­tieuse au fil des ans. Sur­tout de­puis 2002, alors que deux des frères de M. Bellemare, ac­tion­naires de la com­pa­gnie, dé­cident de prendre leur re­traite. Jean-Louis Bellemare s’as­so­cie alors au groupe amé­ri­cain Berk­shire Part­ners LLC pour fi­nan­cer ses pro­jets d’ex­pan­sion. Mais rien ne change pour lui, as­sure-t-il. « Je garde le même rôle qu’au­pa­ra­vant. Per­sonne ne me dit quoi faire. » Il par­tage dès lors la pré­si­dence de la com­pa­gnie avec son partenaire Jeff York. Après cette union fi­nan­cière s’en­suit l’ou­ver­ture d’une dou­zaine de ma­ga­sins dans la ré­gion d’Ot­ta­wa. Puis King­ston, puis Lon­don, puis Kit­che­ner, puis Cam­bridge. Pro­chaine cible : To­ron­to.

Centre Ri­deau

L’ou­ver­ture toute ré­cente d’un ma­ga­sin Farm Boy au Centre Ri­deau, un des plus pe­tits de la fa­mille avec seule­ment 8 000 pieds car­rés, re­pré­sente un banc d’es­sai, un ré­chauf­fe­ment avant d’af­fron­ter le mar­ché de To­ron­to. L’entreprise compte y ou­vrir une di­zaine de ma­ga­sins dans un proche ave­nir. « Ici, on ap­prend à ser­vir des gens qui vivent en condos, des gens en dé­pla­ce­ment, ce qui marche, ce qui ne marche pas. C’est un nou­veau dé­fi , ex­plique-t-il. Il faut s’adap­ter au nou­veau mar­ché. Les gens sont pres­sés, ils veulent bien man­ger, mais ils veulent aus­si se faire ser­vir par des hu­mains. »

Par Marc Gau­thier Col­la­bo­ra­tion spéciale

PHO­TO ETIENNE RAN­GER, LE DROIT

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.