Ot­ta­wa-Ga­ti­neau, l’épi­centre de la dé­fense

Le Droit Affaires - - Dossier - par Dominique La Haye Col­la­bo­ra­tion spéciale

Dire que le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral est le prin­ci­pal four­nis­seur de contrats en ma­tière de dé­fense au pays consti­tue une évi­dence que plu­sieurs joueurs de cette in­dus­trie ont bien sai­sie. C’est ce qui ex­plique, entre autres, que les IBM, Lock­heed Mar­tin, SNCLa­va­lin et KPMG – pour ne nom­mer que ceux-là – s’as­surent d’avoir des an­tennes dans la ré­gion, près du centre dé­ci­sion­nel et de leur prin­ci­pal client.

Ce n’est d’ailleurs pas une coïn­ci­dence si en plein mois de fé­vrier, à quelques jours du dé­pôt du bud­get fé­dé­ral, des cen­taines de re­pré­sen­tants de cette in­dus­trie, du mi­lieu des af­faires, gou­ver­ne­men­tal et aca­dé­mique, se réunissent à tous les ans, à un jet de pierre du par­le­ment pour as­sis­ter à la Confé­rence des as­so­cia­tions de la dé­fense (CAD).

L’évé­ne­ment an­nuel de deux jours créé en 1932 par le mi­nistre de la Dé­fense de l’époque vi­sait jus­te­ment à in­fluen­cer ses col­lègues sur les prin­ci­paux en­jeux en ma­tière de dé­fense, avant que le grand ar­gen­tier du Ca­na­da ne dé­pose son bud­get aux Com­munes.

SNC-La­va­lin

« Pour nous, cette confé­rence per­met d’avoir une idée glo­bale de l’orien­ta­tion qu’en­tend prendre le gou­ver­ne­ment en ma­tière de dé­fense », ex­plique l’as­sis­tant du chef de pro­jet des pro­grammes de dé­fense de SNC-La­va­lin, Da­vid St-Cyr.

Se­lon ce ges­tion­naire ba­sé dans les lo­caux de la firme d’in­gé­nie­rie, sur la rue Laurier à Ot­ta­wa, à dis­tance de marche du quar­tier gé­né­ral de la Dé­fense na­tio­nale, cette proxi­mi­té géo­gra­phique avec le client prin­ci­pal est né­ces­saire. « C’est es­sen­tiel, à mon avis, d’avoir un bu­reau à Ot­ta­wa, afin de pou­voir or­ga­ni­ser des réunions en per­sonne et par­fois sans pré­avis, ex­plique-til. Vous ne pou­vez pas tout faire par vi­déo­con­fé­rence et au té­lé­phone », pour­suit-il.

Il ex­plique que de­puis une ving­taine d’an­nées, SNC-La­va­lin a rem­por­té à trois re­prises l’ap­pel d’offres d’un contrat re­pré­sen­tant 70 M $ an­nuel­le­ment pour l’en­tre­tien d’en­vi­ron 75 pe­tits na­vires de guerre et na­vires auxi­liaires de la Ma­rine royale du Ca­na­da. La firme fait aus­si ap­pel à près de 600 four­nis­seurs de ser­vices pour as­su­rer l’en­tre­tien de cette flotte, qui se fait sur­tout dans des ins­tal­la­tions sises en Co­lom­bieB­ri­tan­nique et à Ha­li­fax.

« Notre tra­vail à Ot­ta­wa est prin­ci­pa­le­ment la co­or­di­na­tion et la ges­tion glo­bale du contrat », ex­plique M. St-Cyr.

Lock­heed Mar­tin

La so­cié­té amé­ri­caine Lock­heed Mar­tin, qui compte aus­si une fi­liale ca­na­dienne, a pour sa part un siège so­cial à Ot­ta­wa de­puis 79 ans, alors que ses prin­ci­paux bu­reaux ré­gio­naux se trouvent à Mon­tréal, Ha­li­fax, Cal­ga­ry et Vic­to­ria.

« Notre prin­ci­pal client est le mi­nis­tère de la Dé­fense na­tio­nale, et il y a aus­si le SPAC (Ser­vices pu­blics et Ap­pro­vi­sion­ne­ment Ca­na­da), le mi­nis­tère qui oc­troie les contrats, qui ont leurs bu­reaux dans la ré­gion d’Ot­ta­wa. Alors, nous de­vons être proches de nos clients, c’est im­por­tant », ex­plique le

vice-pré­sident et di­rec­teur gé­né­ral de Lock­heed Mar­tin Ca­na­da, Ga­ry Fudge.

« Aus­si, cette pré­sence ici de notre client fait en sorte que plu­sieurs de nos four­nis­seurs sont aus­si ba­sés à Ot­ta­wa. Alors, nous pou­vons fa­ci­le­ment nous réunir au be­soin sans trop de dé­pla­ce­ments. Puis, la ré­gion est aus­si un bon en­droit pour re­cru­ter des ta­lents », pour­suit-il.

Le siège so­cial de Lo­cheed Mar­tin abrite no­tam­ment le dé­par­te­ment des fi­nances, les équipes de ges­tion de la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment et d’in­gé­nie­rie et plu­sieurs sous-trai­tants. C’est aus­si à Ot­ta­wa que le géant en dé­ve­lop­pe­ment de lo­gi­ciels, de sys­tèmes et en ges­tion de pro­grammes pro­duit no­tam­ment de grandes consoles élec­tro­niques ser­vant à contrô­ler les armes et les cap­teurs. M. Fudge pré­cise que Lock­heed Mar­tin Ca­na­da compte pré­sen­te­ment cinq contrats ma­jeurs, dont un s’éle­vant à

1,6 G $, afin de mo­der­ni­ser la fré­gate de la ma­rine ca­na­dienne, ain­si qu’un contrat de sou­tien en ser­vice pou­vant s’éle­ver jus­qu’à 400 M $, re­la­ti­ve­ment à l’in­té­gra­tion du Sys­tème de di­rec­tion de com­bat des na­vires de la classe Ha­li­fax.

La com­pa­gnie a aus­si ob­te­nu un sous-contrat d’en­vi­ron 200 M $ avec le chan­tier na­val Ir­ving, à Ha­li­fax, pour l’in­té­gra­tion du sys­tème de com­man­de­ment et de sur­veillance de la nou­velle classe de na­vires de pa­trouille ex­tracô­tière et de l’Arc­tique de la ma­rine ca­na­dienne. Lock­heed Mar­tin Ca­na­da compte aus­si deux contrats in­ter­na­tio­naux de mo­der­ni­sa­tion de na­vires to­ta­li­sant 500 M $ avec le Chi­li et la Nou­velle-Zé­lande.

IBM

La pré­sence d’IBM dans la ré­gion connaît pour sa part une cer­taine crois­sance, avec son centre de re­cherche comp­tant 3000 em­ployés sur la pro­me­nade Ri­ver­side, à Ot­ta­wa. Se­lon To­ny Bat­tis­ta, qui agit à titre de conseiller stratégique prin­ci­pal en ma­tière de dé­fense, de sé­cu­ri­té et du ren­sei­gne­ment au sein de la com­pa­gnie, ce­la s’ex­plique no­tam­ment par l’im­por­tance qu’oc­cupe les

« cy­ber » en­jeux et les tech­no­lo­gies avan­cées en ma­tière de sé­cu­ri­té.

Le pro­gramme in­for­ma­tique d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle Wat­son, créé par IBM, est un exemple d’ini­tia­tives vi­sant à ai­der les nou­veaux vé­té­rans par l’en­tre­mise d’un lo­gi­ciel du­rant leur phase de tran­si­tion. « C’est une fa­çon de fa­ci­li­ter la tran­si­tion, car le faire entre hu­mains ça de­vient de plus en plus com­plexe au ni­veau des lois et rè­gle­ments », ex­plique M. Bat­tis­ta.

PHO­TO CREDIT: ROYAL CANADIAN NA­VY

To­ny Bat­tis­ta IBM

Ga­ry Fudge Lock­heed Mar­tin Ca­na­da

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