L'UR­GENCE D'IN­NO­VER

IN­NO­VER OU MOU­RIR À PE­TIT FEU. Voi­là la réa­li­té à la­quelle sont confron­tées les en­tre­prises qui tardent à prendre le vi­rage des tech­no­lo­gies nu­mé­riques ou à se ré­in­ven­ter. Le Droit AF­FAIRES s’est en­tre­te­nu avec l’éco­no­miste en chef de la Banque de dé­ve­lop

Le Droit Affaires - - Publireportage - par Dominique La Haye / Col­la­bo­ra­tion spéciale

Le Droit AF­FAIRES: Y a-t-il une ur­gence pour les en­tre­prises d’in­no­ver ?

PIERRE CLÉ­ROUX : Les en­tre­prises qui ne le font pas voient leurs per­for­mances di­mi­nuer et ont moins de ventes et des pro­fits beau­coup moindres. Il y a donc une ur­gence. Ce qui ar­rive, c’est qu’il y a des en­tre­prises qui le font, donc elles de­viennent non seule­ment plus per­for­mantes, mais elles offrent à leurs clients des pro­duits et des ser­vices qui sont plus per­for­mants.

LDA: À quoi fait-on ré­fé­rence quand on parle d’in­no­va­tion ?

P.C : On parle de deux choses. On parle sur­tout d’amé­lio­rer ce qu’on fait dé­jà bien. In­no­ver, c’est un mot qui est très large. (...) Ça peut être d’amé­lio­rer le pro­duit ou le ser­vice qu’on vend, le ser­vice après vente ou la fa­çon dont on a ac­cès au mar­ché. Ça peut être même la ges­tion. Le deuxième as­pect dont on parle sou­vent en in­no­va­tion, mais qui est moins pré­sent, c’est le fait d’in­ven­ter, que ce soit un nou­veau pro­duit ou un nou­veau ser­vice. En an­glais on dit un break­through in­no­va­tion. C’est quelque chose qui n’exis­tait pas avant. On peut pen­ser, par exemple, à Tes­la qui a in­ven­té la pre­mière voi­ture élec­trique.

LDA: Que doit faire une en­tre­prise qui sou­haite in­no­ver? Par où doit-elle com­men­cer ?

P.C : C’est de re­gar­der les be­soins de ses clients. Ils at­tachent de la va­leur à quoi ? Est-ce à la ra­pi­di­té ? Est-ce à la qua­li­té ? Est-ce au ser­vice après vente ? C’est ça qui est im­por­tant. Par exemple, dans le sec­teur aé­ro­nau­tique, le plus im­por­tant, c’est la qua­li­té de la pièce, la den­si­té du mé­tal, sa forme et son exac­ti­tude. Dans d’autres sec­teurs, par exemple, si on fait des gâ­teaux, qu’ils soient un peu plus gros ou un peu plus pe­tits, ça a moins d’im­por­tance qu’une pièce en aé­ro­nau­tique. Par contre, le goût au­ra plus d’im­por­tance. Alors il faut s’assurer d’amé­lio­rer cette ex­pé­rience-là, en fonc­tion du sec­teur dans le­quel on se trouve et en fonc­tion des be­soins des clients.»

LDA: Qu’est-ce qui fait que cer­taines en­tre­prises sont plus per­for­mantes ?

P.C : L’in­no­va­tion, c’est très large. Par contre, on a re­gar­dé les en­tre­prises les plus per­for­mantes au Ca­na­da com­pa­ra­ti­ve­ment aux autres et on re­marque qu’elles in­ves­tissent da­van­tage dans les « in­tan­gibles ». Ce sont les in­ves­tis­se­ments en for­ma­tion de la main-d’oeuvre, en re­cherche et dé­ve­lop­pe­ment, en lo­gi­ciels, etc. Ça dé­montre clai­re­ment qu’il y a un avan­tage à in­ves­tir dans l’in­no­va­tion.»

PIerre Clé­roux

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