PAS­SION THÉ

PRE­NEZ UNE PAS­SION­NÉE DE THÉ, faites-lui ren­con­trer une spé­cia­liste du com­merce en ligne, ajou­tez un peu d’au­dace, une pin­cée de mys­tère puis lais­sez in­fu­ser : voi­là, vous ve­nez de créer T-Sur­prise !

Le Droit Affaires - - Sommaire - par Marc Gau­thier / Col­la­bo­ra­tion spéciale

Vendre du thé en ligne, voi­là le pa­ri au­da­cieux de la fon­da­trice du concept ga­ti­nois T-Sur­prise, Gaëlle Klein. Un dé­fi qu’elle re­lève au quo­ti­dien, une gor­gée à la fois, avec sa par­te­naire Ma­rie-France Gau­mont.

C’est ain­si qu’est née à Ga­ti­neau cette nou­velle en­tre­prise des­ti­née aux amou­reux du thé ou, à tout le moins, à ceux et celles qui sont at­ti­rés par la chose. Parce que T-Sur­prise est avant tout un voyage dans le monde du thé. « On veut que les gens dé­couvrent de nou­veaux pro­duits, des pro­duits haut de gamme », avance Gaëlle Klein, la fon­da­trice du concept lan­cé il y a un an et de­mi. La com­pa­gnie en ligne re­pose avant tout sur la no­tion de plai­sir. Le client com­mande par In­ter­net une boîte men­suelle, de quoi faire en­vi­ron 25 in­fu­sions, et chaque en­voi contient une gour­man­dise et une sur­prise. Chaque mois, le cof­fret est conçu à par­tir d’un thème par­ti­cu­lier. « J’aime faire plai­sir et je suis très cu­rieuse », pour­suit la co-pro­prié­taire de l’en­tre­prise. « Moi, ajoute Ma­rie-France Gau­mont, sa com­plice dans la bu­si­ness, je veux sur­prendre le client. » Le cô­té fes­tif, c’est elle. En­tre­pre­neure dans l’âme, ma­niaque des com­mu­ni­ca­tions, bu­veuse de thé de­puis son en­fance, ma­dame Gau­mont a été la bou­gie d’al­lu­mage de ce tan­dem d’af­faires. Les deux femmes se sont connues alors qu’elles tra­vaillaient au centre d’en­tre­pre­neur­ship de Ga­ti­neau. Elles se sont per­dues de vue, puis quelques an­nées plus tard, Gaëlle créait une com­pa­gnie de vente en ligne de thé. Comme elle ve­nait d’ac­cou­cher, il lui man­quait l’éner­gie pour don­ner un vé­ri­table en­vol à sa com­pa­gnie. Elle in­vite alors son amie Ma­rie-France à prendre... un thé ! Le concept de vente en ligne de Gaëlle ve­nait de trou­ver son vec­teur d’ébul­li­tion. « Ma­rie-France, c’est une ma­chine à idées. Moi je suis dans l’ac­tion », constate ma­dame Klein. Une émet, l’autre vé­ri­fie. Une pro­pose, l’autre cal­cule. Le ma­riage opère.

UN MIL­LIER DE CLIENTS

Il faut dire que Gaëlle Klein avait dé­jà trem­pé ses lèvres dans le com­merce en ligne. Elle en est à sa troi­sième en­tre­prise du genre. Il y a cinq ans, elle a lan­cé Les Bon­becs, une com­pa­gnie de frian­dises, puis peu après, Jo­liBen­to, qui consiste en d’at­ti­rantes boîtes à re­pas pour les lunchs. Les deux en­tre­prises, qui fonc­tionnent par abon­ne­ment, sont tou­jours ac­tives, prin­ci­pa­le­ment en Eu­rope. Quant à Ma­rie-France Gau­mont, elle na­vigue dans le monde des com­mu­ni­ca­tions de­puis long­temps et oeuvre à son compte. Lan­cée en 2017, la pla­te­forme Tsur­prise.com a ra­pi­de­ment trou­vé pre­neurs. Plus d’un mil­lier de clients ont ré­pon­du à l’in­vi­ta­tion de la com­pa­gnie ga­ti­noise. La clien­tèle ? Un mar­ché plus im­por­tant à Mont­réal pour l’ins­tant, ma­jo­ri­tai­re­ment fé­mi­nin, mais qui at­tire aus­si son lot d’hommes : eux, par contre, vont sur­tout ache­ter le cof­fret pour l’of­frir en ca­deau. Que vous soyez thé noir, blanc, vert, chi­nois, dar­je­ling, oo­long, T-Sur­prise s’adresse à vous si vous ac­cep­tez d’ex­pé­ri­men­ter. Car vous ne sa­vez ja­mais ce que vous al­lez re­ce­voir par la poste, au bu­reau ou à la mai­son en pro­ve­nance des quatre coins du globe. À preuve, la com­pa­gnie a de­man­dé à la pre­mière som­me­lière de thés du Qué­bec de lui concoc­ter un thé « si­gna­ture », une in­fu­sion correspondant au thème du mois d’oc­tobre, soit l’été in­dien. « Je n’ai ja­mais rien bu d’aus­si ori­gi­nal ! », s’ex­clame Gaëlle Klein. Et la clien­tèle en re­de­mande. « Les gens nous écrivent pour nous dire ‘Je vous aime, j’ai tou­jours hâte d’al­ler au cour­rier’. »

ON SE FAIT UN PA­LAIS À FORCE DE GOÛ­TER », AJOUTE CETTE JEUNE MA­MAN QUI A ELLE-MÊME FAIT LE SAUT DANS LE MONDE DU THÉ SANS EN AVOIR UNE GRANDE CONNAIS­SANCE. Ma­dame Gau­mont, elle, a trem­pé dans cet uni­vers dès son en­fance alors que sa grand­mère l’a ini­tiée avant tout au ri­tuel, au temps d’ar­rêt que com­mande la dé­gus­ta­tion de la bois­son la plus po­pu­laire sur la pla­nète. Il se boit en ef­fet 25 000 tasses de thé à la se­conde à tra­vers le monde !

Le dé­fi est main­te­nant de ca­na­li­ser toutes les idées qui bouillonnent en vue de faire pros­pé­rer l’en­tre­prise. Doit-on vendre dans les res­tos, ac­cé­lé­rer la mise en mar­ché en ligne, s’at­ta­quer au mar­ché an­glo­phone ? Chose cer­taine, les deux en­tre­pre­neures ont iden­ti­fié un be­soin dans le mar­ché et elles sont dé­ter­mi­nées à le rem­plir, une tasse à la fois.

Ma­rie-France Gau­mont

PHO­TO ÉTIENNE RAN­GER, LE DROIT

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