Faire de la po­li­tique au­tre­ment

Le Droit - - ACTUALITÉS - Diane Fran­coeur, M.D. Pré­si­dente

La pu­bli­ca­tion du rè­gle­ment abo­lis­sant les frais ac­ces­soires consti­tue, une fois de plus, l’illus­tra­tion par­faite du mo­dus ope­ran­di qui anime Gaé­tan Bar­rette, mi­nistre de la San­té. Il agit seul. Il consulte au mi­ni­mum et pour la forme, parce qu’il y est obli­gé. Il ins­tru­men­ta­lise les ins­ti­tu­tions. Il tra­ves­tit les règles dé­mo­cra­tiques. Il bâillonne tous ceux qui ont un mot à dire, et sur­tout s’ils sont d’avis contraire. Il im­pose sa loi. Il an­nonce les ré­sul­tats d’une né­go­cia­tion pen­dant qu’elle est en cours, ou pire, avant même qu’elle n’ait com­men­cé. Ses armes fa­vo­rites : la dé­ma­go­gie, l’in­ti­mi­da­tion, le dé­ni et la po­li­tique spec­tacle. Om­ni­potent, om­ni­scient et om­ni­pré­sent, il ma­ni­pule la po­pu­la­tion et les mé­dias pour ar­ri­ver à ses fins. Où est pas­sé le dis­cours se­lon le­quel le gou­ver­ne­ment li­bé­ral de Phi­lippe Couillard vou­lait faire « de la po­li­tique au­tre­ment » ? Pour­quoi Gaé­tan Bar­rette se don­ne­rait-il la peine de de­man­der l’opi­nion des syn­di­cats ou des pro­fes­sion­nels de la san­té alors qu’il nous consi­dère comme des nui­sances plu­tôt que comme des par­te­naires ? Ses sor­ties sont stra­té­gi­que­ment or­ches­trées pour dé­gui­ser son triste bi­lan. Nous ne sommes pas dupes quand il centre son dis­cours sur la ré­mu­né­ra­tion des mé­de­cins pour évi­ter de par­ler de la qua­li­té et de la quan­ti­té des soins don­nés chaque jour aux pa­tients par­tout au Qué­bec. De­vant la po­pu­la­tion, Gaé­tan Bar­rette fait le jars en re­pre­nant la bonne vieille re­cette du par­ti. Il dis­tri­bue des miettes pour sé­duire les élec­teurs alors qu’en réa­li­té, il leur passe sous le nez l’as­siette prin­ci­pale qui, elle, se­ra ser­vie ex­clu­si­ve­ment au pri­vé. Il im­pose un ré­gime min­ceur aux centres hos­pi­ta­liers, pous­sant pa­tients et mé­de­cins hors des murs. Les cou­pures sau­vages qu’il im­pose ne pro­fi­te­ront qu’au pri­vé et aux com­pa­gnies d’as­su­rances qui pour­ront épar­gner des cen­taines de mil­lions de dol­lars en ré­cla­ma­tions. N’en dé­plaise au mi­nistre de la San­té, dans notre so­cié­té, le droit de né­go­cier est un droit fon­da­men­tal. Je ne crois pas que Phi­lippe Couillard sou­haite être le pre­mier mi­nistre d’un gou­ver­ne­ment dic­ta­to­rial, sans trans­pa­rence et qui ne res­pecte rien ni per­sonne. M. Couillard de­vrait alors user de son au­to­ri­té et rap­pe­ler à l’ordre de toute ur­gence son mi­nistre de la San­té qui, il le dit lui-même, est dé­jà en cam­pagne élec­to­rale.

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