Price est bel et bien hu­main

Le Droit - - SPORTS - RI­CHARD LAB­BÉ La Presse

MON­TRÉAL — Les plus vieux se sou­viennent peut-être de ce film de Su­per­man, da­tant du dé­but des an­nées 80, où le su­per­hé­ros de­vient sou­dai­ne­ment vul­né­rable après avoir per­du tous ses su­per­pou­voirs. Le hé­ros ne vole plus, il n’est plus ca­pable de sou­le­ver des voi­tures ou de tordre des mi­traillettes en deux. Il est juste hu­main. C’est une his­toire qui res­semble un peu à celle de Ca­rey Price. Le Price du mo­ment. Parce que de­puis dé­cembre, le gar­dien du Ca­na­dien a des al­lures de simple hu­main, lui aus­si.

Après le match de jeu­di au Min­ne­so­ta, une ra­clée de 7-1 face au Wild, l’en­traî­neur Mi­chel Therrien a te­nu à dire qu’il n’est pas in­quiet pour son gar­dien. Mal­gré l’op­ti­misme af­fi­ché par le coach, les ré­centes per­for­mances du nu­mé­ro 31 sont tout de même source d’in­quié­tude. Elles de­vraient l’être, en tout cas.

Price, à ses sept der­niers dé­parts, a une fiche de 2-3-2, et il a ac­cor­dé 26 buts lors de cette sé­rie, pour un pour­cen­tage d’ar­rêts qui se chiffre à ,881 lors de cette pé­riode. Il faut re­mon­ter à la sai­son 2008-2009, la pire sai­son de sa car­rière au cha­pitre des sta­tis­tiques, pour re­trou­ver une sé­quence aus­si dif­fi­cile.

Ces chiffres ne sont pas ceux aux­quels il a ha­bi­tué le monde du ho­ckey de­puis sa sai­son ma­gique de 2014-2015. Les sept buts de jeu­di, c’est une pre­mière de­puis 2013. Sept buts, c’est aus­si très près de la pire per­for­mance de sa car­rière, une soi­rée de huit buts qu’il avait of­ferte aux Bruins de Bos­ton en 2011.

Qu’est-ce qui cloche ? Très ra­pi­de­ment, on peut pro­ba­ble­ment ré­su­mer une par­tie du pro­blème en un nom : An­drei Mar­kov. Le vé­té­ran dé­fen­seur a ra­té les 12 der­niers matches de l’équipe en rai­son d’une bles­sure à l’aine. Et même s’il n’af­fiche plus sa forme des beaux jours, son ab­sence dans la for­ma­tion a un im­pact in­dé­niable sur les ré­sul­tats du club.

Sans An­drei Mar­kov de­puis le 20 dé­cembre, la moyenne de buts ac­cor­dés par match du Ca­na­dien se chiffre à 3,25. Avec lui dans la for­ma­tion cette sai­son, cette moyenne passe à 2,19. Ce n’est pas un dé­tail ano­din.

Ce qui cloche aus­si, c’est que Ca­rey Price res­semble à un gar­dien épui­sé. Rap­pe­lons qu’il n’a dis­pu­té que 12 ren­contres la sai­son der­nière. Le voi­ci dé­jà à 31 matches, sans comp­ter le ca­len­drier de la Coupe du monde, en sep­tembre. Il se peut fort bien qu’un ho­raire aus­si char­gé, après une sai­son à l’écart, puisse contri­buer au pré­sent re­lâ­che­ment. À ce cha­pitre, la se­maine qui s’en vient ne se­ra pas de tout re­pos.

En in­cluant le match de sa­me­di soir au Centre Bell, contre les Ran­gers de New York, le Ca­na­dien au­ra à dis­pu­ter cinq matches au cours des huit pro­chains jours, in­cluant deux ren­contres sur des pa­ti­noires étran­gères. Rien pour per­mettre à un gar­dien fa­ti­gué de pou­voir ré­cu­pé­rer…

« LOURD » PAS­SÉ

Al Mon­toya de­vrait hé­ri­ter du match de ven­dre­di soir au New Jer­sey, mais si le Ca­na­dien ne dé­roge pas de ses ha­bi­tudes, Ca­rey Price pour­rait être de­vant le fi­let pour les quatre autres ren­contres.

Price n’est pas le seul res­pon­sable de ses propres mal­heurs. Mar­kov n’a pas été le seul bles­sé de cette équipe der­niè­re­ment –, mais le pro­blème, d’une cer­taine fa­çon, c’est qu’il a lui-même créé un stan­dard d’ex­cel­lence as­sez éle­vé. Au­tre­ment dit, Price se­ra tou­jours com­pa­ré avec les réus­sites de son propre pas­sé, lui qui fut ja­dis un gar­dien de ,934 (2015-2016), de ,933 (2014-2015), ou de ,927 (2013-2014). Au­jourd’hui, en ce mo­ment même, Ca­rey Price est un gar­dien de ,922… comme Mike Con­don.

Le mo­ment de la pa­nique n’est pas en­core à nos portes, mais à tout le moins, les sept der­niers matches viennent nous rap­pe­ler que, oui, Ca­rey Price est bel et

bien hu­main.

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