Ré­duc­tion de 300 mil­lions $ par an­née

COÛTS DES MÉ­DI­CA­MENTS GÉNÉRIQUES

Le Droit - - ACTUALITÉS - La Presse ca­na­dienne

MON­TRÉAL — Plus 300 mil­lions de dol­lars pour­ront être éco­no­mi­sés an­nuel­le­ment en mé­di­ca­ments génériques au Qué­bec en ver­tu d’une en­tente sur­ve­nue avec l’As­so­cia­tion ca­na­dienne du mé­di­ca­ment gé­né­rique (ACMG), a af­fir­mé le mi­nistre de la San­té et des Ser­vices so­ciaux, Gaé­tan Bar­rette, di­manche ma­tin à Mon­tréal.

L’en­tente de prin­cipe, qui s’éche­lon­ne­ra sur cinq ans, per­met­tra de mettre de cô­té plus de 1,5 mil­liard $ qui se­ront re­dis­tri­bués dans le ré­seau de la san­té, a in­di­qué M. Bar­rette.

L’ap­pel d’offres que le mi­nistre se di­sait prêt à lan­cer pour ob­te­nir des mé­di­ca­ments génériques à plus bas prix ne se­ra donc pas né­ces­saire, a-t-il pré­ci­sé, ajou­tant que l’ob­jec­tif qu’il en­tre­voyait en lan­çant son ul­ti­ma­tum à l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique avait été sa­tis­fait.

« Au­jourd’hui, c’est, à mon avis l’en­tente la plus rai­son­nable qu’on peut avoir parce que ce sont des mon­tants sub­stan­tiels. Dans les faits, c’est 40 pour cent d’éco­no­mies, ce qui est énorme dans notre sys­tème. C’est du ja­mais vu. (...) Je pense que c’est un suc­cès, et le suc­cès va être d’au­tant plus grand que (...) ces sommes éco­no­mi­sées se­ront ré­in­ves­ties dans le sys­tème de san­té. »

L’éco­no­mie d’ar­gent qui se­ra gé­né­rée sur­pas­se­ra celle qui au­rait été faite avec l’offre ini­tia­le­ment pro­po­sée — puis re­ti­rée — par l’in­dus­trie et qui au­rait per­mis de ré­duire les coûts an­nuels de 300 mil­lions $.

Qué­bec dé­pense dé­jà quelque 800 mil­lions $ par an­née pour les mé­di­ca­ments génériques et il sou­hai­tait ré­duire ces coûts.

Le mi­nistre avait pré­ve­nu, le 28 juin, qu’il s’ap­prê­tait à lan­cer un ap­pel d’offres, le 1er juillet, afin de re­te­nir la pro­po­si­tion du plus bas sou­mis­sion­naire, tel que la loi 81 le per­met. Il sou­te­nait alors que les né­go­cia­tions avec l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique achop­paient.

Les dis­cus­sions avaient tou­te­fois en­suite pu re­prendre.

« Est-ce que c’est le prix le plus bas que nous pour­rions payer ? Peut-être que non. Mais le prix à payer pour avoir ce prix plus bas au­rait pu être une perte d’em­plois », a re­le­vé le mi­nistre.

M. Bar­rette a ajou­té que l’en­tente de prin­cipe, dont les mo­da­li­tés de­vraient en­trer en vi­gueur le 1er oc­tobre, se­ra re­vue à son échéance, dans cinq ans.

« L’in­dus­trie sou­hai­tait avoir de la pré­vi­si­bi­li­té alors on leur en offre une qui est réelle. On a cinq ans de du­rée où on a des condi­tions qui sont fixes », a-t-il dit, ajou­tant que cette sta­bi­li­té pro­fi­te­ra aus­si à Qué­bec.

Les ris­tournes ver­sées aux phar­ma­ciens-pro­prié­taires se­ront en outre pla­fon­nées de nou­veau à 15 pour cent, a no­té le mi­nistre Bar­rette, ain­si qu’il avait dé­jà été conve­nu au terme de dis­cus­sions an­té­rieures.

Le pré­sident du Con­seil pour la pro­tec­tion des ma­lades, Paul Bru­net, se ré­jouit tout par­ti­cu­liè­re­ment de ce der­nier point, de même que de l’en­tente qu’il a dé­crite comme « ex­trê­me­ment po­si­tive à condi­tion que les choses s’avèrent ».

« Le mi­nistre a dit que les pa­tients et le ré­seau de la san­té éco­no­mi­se­raient plus de 300 mil­lions $ par an­née pen­dant cinq ans. Tant mieux. Nous soup­çon­nons d’ailleurs qu’une par­tie de ces mil­lions-là étaient dans les poches des phar­ma­ciens parce qu’on avait le­vé le pla­fond des ris­tournes », a-t-il re­le­vé en en­tre­vue avec La Presse ca­na­dienne.

De son cô­té, l’ACMG a sou­li­gné par com­mu­ni­qué que l’en­tente né­go­ciée avec Qué­bec est « une bien meilleure so­lu­tion pour les contri­buables, pour les pa­tients, pour les pro­fes­sion­nels de la san­té ain­si que pour l’in­dus­trie du mé­di­ca­ment gé­né­rique qu’un pro­ces­sus ris­qué d’ap­pel d’offres ».

Même son de cloche du cô­té de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise des phar­ma­ciens-pro­prié­taires (AQPP), qui ap­puyait les ob­jec­tifs de ré­duc­tion de coûts du mi­nistre Bar­rette tout en s’op­po­sant au lan­ce­ment d’un ap­pel d’offres.

L’Ordre des phar­ma­ciens du Qué­bec s’est de son cô­té dit « heu­reux qu’une en­tente ait été conclue entre le mi­nis­tère et l’in­dus­trie » dans une dé­cla­ra­tion trans­mise par cour­riel.

« Nous es­pé­rons que cette en­tente gé­né­re­ra des éco­no­mies comme pré­vu, mais as­su­re­ra éga­le­ment à la po­pu­la­tion qué­bé­coise un ac­cès aux mé­di­ca­ments sans crainte de rup­tures d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. L’Ordre rap­pelle qu’un mé­di­ca­ment non ap­pro­prié se­ra tou­jours trop cher pour la col­lec­ti­vi­té et les pa­tients. »

— RO­BERT SKINNER, LA PRESSE

Gaé­tan Bar­rette a ajou­té que l’en­tente de prin­cipe, dont les mo­da­li­tés de­vraient en­trer en vi­gueur le 1er oc­tobre, se­ra re­vue à son échéance, dans cinq ans.

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