Une offre « in­sul­tante », se­lon les pa­ra­mé­dics

Le Droit - - ACTUALITÉS - DA­NIEL LE­BLANC dle­blanc@le­droit.com

Sans contrat de travail de­puis mars 2015, les quelque 240 membres de la Fra­ter­ni­té des pa­ra­mé­dics de l’Ou­taouais s’ap­prêtent à aug­men­ter d’un cran leurs moyens de pres­sion. La plus ré­cente offre pa­tro­nale en­traî­ne­rait se­lon eux une «ré­gres­sion dras­tique » de leurs condi­tions de travail.

« Avec l’im­po­si­tion par le mi­nistre de la San­té (Gaé­tan Bar­rette) de la nou­velle fa­çon de faire pour le financement et les coupes bud­gé­taires, les com­pa­gnies [am­bu­lan­cières] semblent nous dire que pour eux, il est hors de ques­tion de di­mi­nuer leur marge de pro­fit, donc ils se tournent vers nos conven­tions col­lec­tives et pigent de­dans », dé­plore le vice-pré­sident de la Fra­ter­ni­té et pré­sident du co­mi­té pro­vin­cial de mo­bi­li­sa­tion, Ca­rol Des­jar­dins.

La Fé­dé­ra­tion des em­ployés du pré­hos­pi­ta­lier du Qué­bec (FPHQ), qui re­pré­sente des tra­vailleurs de toutes les ré­gions de la pro­vince sauf Mon­tréal et La­val, qua­li­fie même la plus ré­cente proposition de la Corporation des ser­vices d’am­bu­lance du Qué­bec (CSAQ), dé­po­sée le 3 juillet der­nier, de « ri­di­cule et in­sul­tante ». Elle croit que les em­ployeurs tentent ni plus ni moins que de faire des éco­no­mies sur le dos des tra­vailleurs.

L’offre pa­tro­nale com­prend, entre autres, l’abo­li­tion des primes d’éloi­gne­ment, ain­si que de la cin­quième se­maine de va­cances ac­quise après 25 ans d’an­cien­ne­té et du temps et de­mi pour Noël et le jour de l’An, une clause à la­quelle ont pour­tant droit tous les autres corps de mé­tier du do­maine, dé­plore le syn­di­cat. De plus, la hausse des sa­laires pro­po­sée est loin d’être suf­fi­sante et les jour­nées de for­ma­tion ne se­raient plus ré­mu­né­rées, clame le syn­di­cat.

Le main­tien des ho­raires de fac­tion, dont l’éli­mi­na­tion pure et simple est ré­cla­mée de­puis belle lu­rette par les pa­ra­mé­dics car ils n’ont plus leur rai­son d’être de nos jours, frustre éga­le­ment la par­tie syn­di­cale. Les em­ployés concer­nés par ce type d’ho­raire, qui oeuvrent ma­jo­ri­tai­re­ment en zone ru­rale, tra­vaillent sur ap­pel à la mai­son sept jours par se­maine, 24 heures par jour. Pou­vant être ap­pe­lés à tout mo­ment pour se rendre à la ca­serne et prendre le vo­lant de l’am­bu­lance pour se rendre sur les lieux d’une in­ter­ven­tion. Dans la région, des di­zaines de pa­ra­mé­dics doivent com­po­ser avec un tel ho­raire de travail dans la Haute-Ga­ti­neau, la Petite-Na­tion et le Pon­tiac, par exemple.

« Il y a un grief pro­vin­cial qui a été dé­po­sé à ce su­jet, mais nos di­ri­geants ne semblent pas avoir la vo­lon­té de les abo­lir. Pour­tant, ça amé­lio­re­rait au­to­ma­ti­que­ment le ser­vice à la po­pu­la­tion. Ça cause des dé­lais de ser­vice », af­firme M. Des­jar­dins.

Face à l’im­passe dans les pour­par­lers, les pa­ra­mé­dics de l’Ou­taouais ont dé­clen­ché une grève en mars der­nier et usent de di­vers moyens de pres­sion. Par exemple, ils ne ré­digent plus cer­tains rapports, des au­to­col­lants ont été ap­po­sés sur les am­bu­lances et n’as­surent plus le trans­port de re­tour d’es­cortes mé­di­cales telles que des in­fir­mières vers le point de dé­part, à moins qu’un pa­tient soit pré­sent à bord du vé­hi­cule.

D’autres moyens de pres­sion se­ront ap­pli­qués dans les se­maines à ve­nir, mais im­pos­sible d’en connaître la na­ture.

« Nous ne dé­voi­le­rons pas nos punchs, mais on a éta­bli une liste. Nous al­lons ar­ri­ver à nos fins len­te­ment mais sû­re­ment, nous sommes pa­tients », de dire Ca­rol Des­jar­dins, as­su­rant que les ser­vices dis­pen­sés au public ne se­ront pas af­fec­tés.

— PA­TRICK WOODBURY, LE­DROIT

Face à l’im­passe dans les pour­par­lers, les pa­ra­mé­dics de l’Ou­taouais ont dé­clen­ché une grève en mars der­nier et usent de di­vers moyens de pres­sion.

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