Une course à quatre dans le der­nier droit

Le Droit - - SPORTS - SA­MUEL PETREQUIN As­so­cia­ted Press

LE PUY-EN-VELAY — Le sus­pense de­meure en­tier à quelques jours du dé­noue­ment du Tour de France.

Avec seule­ment six étapes à dis­pu­ter avant l’ar­ri­vée de l’épreuve longue de trois se­maines sur les Champs-Ély­sées, seule­ment 29 se­condes sé­parent les quatre meilleurs cou­reurs au clas­se­ment gé­né­ral.

Le cham­pion en titre et triple vain­queur Ch­ris Froome pos­sède une avance de 18 se­condes de­vant l’Ita­lien Fa­bio Aru. Le Fran­çais Ro­main Bar­det, vice-cham­pion l’an der­nier, concède 23 se­condes au lea­der, à la troi­sième po­si­tion. Au qua­trième rang, on retrouve le Co­lom­bien Ri­go­ber­to Uran.

C’est un contexte plu­tôt in­ha­bi­tuel avant une in­tense der­nière se­maine de course qui com­prend deux étapes al­pines en haute al­ti­tude et un court contre-la-montre.

« De toutes mes par­ti­ci­pa­tions au Tour de France, c’est la ba­taille la plus dif­fi­cile en ce qui me concerne, a re­con­nu Froome lors d’une jour­née de re­pos, lun­di. Je suis juste re­con­nais­sant, car je suis ce­lui à rat­tra­per. »

Froome mise sur l’équipe la plus forte du pe­lo­ton et il de­meure le fa­vo­ri pour conclure l’épreuve avec le maillot jaune, même s’il a mon­tré quelques rares signes de fai­blesse.

Il a connu une mauvaise jour­née dans les Py­ré­nées pen­dant une étape épui­sante jus­qu’à la sta­tion de ski de Pey­ra­gudes, quand il a cé­dé la tête du clas­se­ment à Aru après avoir por­té le maillot jaune pen­dant sept jours. Mais le lea­der de l’équipe Sky a re­trou­vé son style deux jours plus tard, lorsque Aru a été pié­gé à l’ar­rière du pe­lo­ton à Ro­dez.

Par une jour­née ven­teuse dans le sud de la France, Froome et ses co­équi­piers ont fait la dé­mons­tra­tion de leur su­pé­rio­ri­té en rou­lant à l’avant quand le pe­lo­ton s’est éti­ré et ils ont réus­si à prendre 24 se­condes au ri­val le plus proche de leur lea­der.

Le prin­ci­pal atout de Froome pen­dant cette der­nière se­maine de course se­ra la force de ses co­équi­piers. At­ten­dez-vous à les voir rou­ler à l’avant dans les mon­tagnes et à im­po­ser un tem­po ra­pide – une stra­té­gie vi­sant à em­pê­cher les autres d’at­ta­quer. Si Froome est en forme, il se­ra in­tou­chable.

L’équipe Sky a dé­mon­tré sa grande force col­lec­tive, di­manche, lorsque Froome a été obli­gé de chan­ger sa roue ar­rière dans les 40 der­niers ki­lo­mètres et a été lar­gué.

« J’étais de­bout sur le cô­té de la route avec mon co­équi­pier Mi­chal Kwiat­kows­ki, es­sayant de chan­ger les roues. Je pen­sais que c’en était fini pour moi », a re­con­nu Froome.

Mais Kwiat­kows­ki a ra­pi­de­ment re­mis sa roue et Froome a été ai­dé à l’avant par ses co­équi­piers Ser­gio He­nao, Va­sil Ki­ryien­ka et Mi­kel Nieve, ef­fa­çant un re­tard de 45 se­condes.

Mi­kel Lan­da, qui a des al­lures pour être un chef de file au sein d’une autre équipe, rou­lait à l’avant, mais il a at­ten­du que Froome le rat­trape et le duo a tra­vaillé en­semble pour ter­mi­ner avec les prin­ci­paux concur­rents.

Froome a éga­le­ment mon­tré un grand calme et quand il s’est re­trou­vé en dif­fi­cul­té. En dan­ger de perdre le maillot du lea­der tant convoi­té, il n’a pas pa­ni­qué alors que Bar­det, Uran et Aru ne par­ve­naient pas à unir leurs forces à l’avant.

« Je pense que Ch­ris a été si fort parce qu’il a gar­dé son calme. La ten­ta­tion peut être d’y aller trop fort trop vite, vous pa­ni­quez quelque peu, vous pui­sez dans vos forces trop ra­pi­de­ment et, évi­dem­ment, vous vous brû­lez », a dé­cla­ré Dave Brails­ford, di­rec­teur de l’équipe Sky.

Les ri­vaux de Froome doivent main­te­nant trou­ver un moyen de le dé­sta­bi­li­ser et de l’iso­ler dans les Alpes avant le contre-la-montre de sa­me­di à Mar­seille, où le cou­reur bri­tan­nique au­ra le des­sus dans cette course contre l’hor­loge.

— AS­SO­CIA­TED PRESS

Ch­ris Froome n’a qu’une mince avance de 18 se­condes sur Fa­bio Aru qui lui a dé­jà sou­ti­ré le maillot jaune la se­maine der­nière. Non loin der­rière Ro­main Bar­det n’est qu’à 23 se­condes de la po­si­tion de tête.

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