Fran­çois Mas­si­cotte : af­faire de fa­mille

Le Droit - - ARTS ET SPECTACLES - MARIE-ÈVE LAMBERT

GRANBY — Quand est ve­nu le temps d’écrire son sep­tième one-man-show, le thème de la fa­mille s’est im­po­sé de lui-même à Fran­çois Mas­si­cotte. «Entre mon pré­cé­dent spectacle et ce­lui-ci, deux en­fants se sont ajou­tés à la fa­mille. Je suis le seul hu­mo­riste [au Qué­bec] à avoir cinq en­fants. Ça com­mence à faire beau­coup, et ça donne pas mal de ma­té­riel à ra­con­ter. C’est peut-être pour ça qu’un nu­mé­ro sur la thé­ma­tique est fi­na­le­ment de­ve­nu un spectacle au com­plet», dit-il en en­tre­vue.

Pour la pre­mière fois en 30 ans de car­rière (il est di­plô­mé de la pre­mière co­horte de l’École na­tio­nale de l’humour en 1987), Mas­si­cotte a donc construit son spectacle au­tour d’un seul su­jet, qu’il s’est amu­sé à dé­cor­ti­quer à fond. «J’ai ex­plo­ré un thème, un seul, et je me rends compte qu’il touche tout le monde. Je ra­conte beau­coup d’anec­dotes et je réa­lise que les pa­rents vivent ou ont tous vé­cu la même af­faire, que ce soit au cam­ping, à la ren­trée, avec les lunchs, à l’épi­ce­rie... J’aborde aus­si l’image des pa­rents par­faits, les rôles dans le couple et la place du couple. Mais je me per­mets aus­si de dé­bor­der du su­jet quand, par exemple, je dis qu’avoir une grosse fa­mille, c’est du sport, et que je me suis mis au gym. C’est donc plus un nu­mé­ro sur le gym.»

Le même phé­no­mène se passe lors­qu’il ima­gine dans quel monde ses en­fants vont gran­dir. Qu’il amène à ré­flé­chir sur notre sys­tème d’édu­ca­tion. Ou quand il aborde sa cin­quan­taine pa­ter­nelle.

«Au­jourd’hui, il y a une cin­quan­taine d’hu­mo­ristes qui tournent au Qué­bec, et pour se dé­mar­quer, on n’a pas le choix d’être per­son­nel dans ce qu’on ra­conte sur scène. Mais en même temps, concède-t-il, il ne faut pas tom­ber dans le piège de ra­con­ter uni­que­ment ses propres anec­dotes parce qu’une heure et de­mie que de ça, je pense que ça n’a au­cun in­té­rêt. Les gens veulent et aiment se re­con­naître dans ce qu’on dit.»

ELLE ET LUI

Ceux qui suivent Fran­çois Mas­si­cotte ou sa conjointe, la blo­gueuse Bian­ca Long­pré, alias Mère or­di­naire, savent bien que le su­jet de la fa­mille ali­mente beau­coup leurs fils d’ac­tua­li­té. Ils prennent même un ma­lin plai­sir à s’aga­cer l’un l’autre. Craignent-ils de ne de­ve­nir que ça, de ne pro­je­ter que cette image de pa­pa et de ma­man au pu­blic?

«Pas du tout, ré­pond l’hu­mo­riste du tac au tac. C’est le pre­mier show que je fais sur le su­jet parce que c’est in­tense de­puis plu­sieurs mois, et ça va sû­re­ment être le seul. Bian­ca, elle, a trou­vé ce fi­lon de ra­con­ter ses anec­dotes de mère de fa­çon can­dide et c’est par­ti en fou. Elle s’est boo­ké une soixan­taine de confé­rences en un mois!

«Je ne suis pas ja­loux, au contraire, en­chaîne-t-il. Je l’ai même ai­dée au ni­veau de la pro­duc­tion de ses af­faires, en lui trou­vant des salles, par exemple — je les ai toutes faites au Qué­bec! Donc, le poids de la tour­née n’est plus juste sur moi. C’est sûr que c’est plus com­pli­qué sur le plan de la lo­gis­tique fa­mi­liale, mais on fe­ra plus sou­vent ap­pel aux gar­diennes.»

Ef­fec­ti­ve­ment, cet au­tomne, Fran­çois Mas­si­cotte et Bian­ca Long­pré risquent de vivre la «garde par­ta­gée» bien mal­gré eux, puisque Mère or­di­naire se pro­mè­ne­ra aux quatre coins du Qué­bec «avec ses par­tys de mères», comme les ap­pelle l’hu­mo­riste.

Quant à lui , il se pré­pare pour la grande pre­mière mont­réa­laise de Quelle fa­mille!, pré­vue le 1er no­vembre au Théâtre St-De­nis. Il se­ra de pas­sage au Centre d’art La Cha­pelle en ro­dage le 30 sep­tembre, ain­si que le 14 no­vembre à la salle Al­bert-Rous­seau.

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