UN GRAND FRAN­CO N’EST PLUS

Dé­cès de Pierre de Blois

Le Droit - - LA UNE - DA­NIEL LEB­LANC dle­blanc@le­droit.com

Un pi­lier de la fran­co­pho­nie on­ta­rienne, Pierre de Blois, s’est éteint. Sa mort su­bite, sur­ve­nue tard jeu­di soir, a pro­vo­qué une onde de choc dans le mi­lieu.

Le co­fon­da­teur du Festival fran­co-on­ta­rien (FFO) et or­ga­ni­sa­teur po­li­tique li­bé­ral dans la ré­gion au­rait été vic­time d’un in­farc­tus lors d’une réunion du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du condo­mi­nium où il ha­bi­tait, à Ot­ta­wa.

C’est d’abord l’homme d’af­faires fran­co-on­ta­rien bien connu Rhéal Le­roux qui a ébrui­té la nou­velle sur sa page Fa­ce­book, en pleine nuit, alors que ce der­nier se trouve en Eu­rope.

«Triste nou­velle : mon très très grand ami Pierre de Blois est dé­cé­dé tard en soi­rée hier à la suite d’un in­farc­tus. Je suis com­plè­te­ment ébran­lé», a-t-il écrit.

L’ac­tuel di­rec­teur gé­né­ral du FFO, Da­niel Si­mon­cic, qui a re­mis l’évé­ne­ment sur les rails en 2006, conserve un ex­cellent sou­ve­nir de M. de Blois. Pour lui, il agis­sait en quelque sorte comme un men­tor.

«C’est la pre­mière per­sonne que j’ai consul­tée quand re­pris les rênes du festival, c’était un ami. Une par­tie de l’âme du festival était dans sa tête, alors main­te­nant il va veiller sur nous d’une autre fa­çon. On perd un gros mor­ceau. Pierre était tou­jours à l’autre bout de ligne si j’avais des ques­tions. Chaque fois que je le voyais et qu’on par­lait du FFO, ses yeux pé­tillaient», a-t-il in­di­qué.

À son avis, un hom­mage lui se­ra sans contre­dis ren­du lors de la 43e édi­tion du Festival en juin 2018.

Les hom­mages ont fu­sé de par­tout sur les mé­dias so­ciaux, à com­men­cer par le maire d’Ot­ta­wa Jim Wat­son.

«Il était un ré­sident en­ga­gé et un pi­lier de la fran­co­pho­nie en On­ta­rio. Son dé­part lais­se­ra un vide dans notre com­mu­nau­té. [...] Au re­voir, Pierre», a-t-il ga­zouillé sur Twit­ter au su­jet de ce­lui qui a mi­li­té lon­gue­ment pour ob­te­nir des conseils sco­laires fran­co­phones en sol on­ta­rien.

Quant à la mi­nistre des Af­faires fran­co­phones de l’On­ta­rio, Ma­rieF­rance La­londe, elle a dé­crit l’homme comme un «grand dé­fen­seur de la fran­co­pho­nie on­ta­rienne et membre en­ga­gé de la com­mu­nau­té à Ot­ta­wa».

Le com­mis­saire aux ser­vices en fran­çais de l’On­ta­rio, Fran­çois Boi­leau, a éga­le­ment ta­pé 140 ca­rac­tères pour lui dire au re­voir.

«La perte de Pierre de Blois est pro­fonde, un bâ­tis­seur certes, une émi­nence grise comme pas un. Nous lui de­vons tant !», a écrit ce der­nier.

La Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et acadienne du Ca­na­da (FCFA) et l’As­sem­blée de la fran­co­pho­nie de l’On­ta­rio (AFO) ont aus­si sa­lué les réa­li­sa­tions de M. de Blois, le pré­sident de l’AFO Ca­rol Jo­lin af­fir­mant qu’il re­tien­dra de lui «sa té­na­ci­té et son dé­sir de chan­ge­ment pour de meilleurs ser­vices aux fran­co­phones».

Pierre de Blois a entre autres oeu­vré pen­dant plus d’une dé­cen­nie au Com­mis­sa­riat aux langues of­fi­cielles, en plus d’avoir été di­rec­teur gé­né­ral de l’As­so­cia­tion pro­fes­sion­nelle des cadres su­pé­rieurs de la fonc­tion pu­blique du Ca­na­da. Il a aus­si pré­si­dé l’As­so­cia­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones d’Ot­ta­wa et sié­gé au Bu­reau des gou­ver­neurs de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa. Il a éga­le­ment été membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Centre de san­té com­mu­nau­taire Côte-deSable. Au fil de sa car­rière, il a re­çu plu­sieurs dis­tinc­tions, dont l’Ordre d’Ot­ta­wa en 2013 et le Prix Ber­nard-Grand­maître en 2008.

L’Ot­ta­vien laisse dans le deuil son épouse, De­bo­rah, ain­si que ses trois en­fants et des pe­tits-en­fants.

— AR­CHIVES LE DROIT

Pierre De Blois est dé­cé­dé jeu­di soir.

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