Des re­pas en hé­ri­tage

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Mois­son Ou­taouais re­çoit un don de 100 000 $ qui ser­vi­ra à trans­for­mer en re­pas prêt-à-man­ger des pro­duits in­ven­dus des su­per­mar­chés.

Il y a de ces gens qui semblent me­ner une exis­tence bien or­di­naire, mais laissent dans leur sillage, un hé­ri­tage d’en­traide ex­tra­or­di­naire. Mon­sieur Gé­rard Voyer était l’un de ceux-là, et Mois­son Ou­taouais sou­haite ho­no­rer sa grande gé­né­ro­si­té.

Ayant tra­vaillé plus de 40 ans chez Théo Mi­neault, c’est dans sa fer­mette de l’Ange- Gar­dien que M. Voyer pas­sait ses temps libres à culti­ver ses lé­gumes et à éle­ver des oi­seaux de basse-cour. On garde de lui le sou­ve­nir d’un homme au grand coeur, tou­jours prêt à ai­der au­tour de lui en dis­po­sant de ses ré­coltes, ses oeufs, son temps et son ar­gent. Don­ner le ren­dait heu­reux.

Comme si jar­di­ner al­lait de pair avec cui­si­ner, M. Voyer était aus­si un vrai cuis­tot. Ses proches se sou­viennent de ses re­pas mi­ton­nés, des pe­tits plats aus­si sa­vou­reux que ceux de ma­man, qu’il don­nait comme on sème le bon­heur.

C’est ain­si qu’il sou­te­nait Mois­son Ou­taouais, dis­crè­te­ment, de­puis des an­nées. L’ali­men­ta­tion était si pri­mor­diale pour lui qu’il ne pou­vait sup­por­ter l’idée qu’au­tant de gens n’aient pas les moyens de man­ger à leur faim. La cause de la faim le tou­chait par­ti­cu­liè­re­ment. À tra­vers son ré­seau de 32 or­ga­nismes qu’elle ap­pro­vi­sionne, Mois­son Ou­taouais re­joint de 7 000 à 10 000 de­man­deurs d’aide par mois. Ces si­nistres sta­tis­tiques ne re­pré­sentent mal­heu­reu­se­ment que le tiers de tous les gens en si­tua­tion de pau­vre­té qui souffrent d’in­sé­cu­ri­té ali­men­taire. De­puis quelque temps, Mois­son Ou­taouais cher­chait à ai­der plus de gens en be­soin en of­frant du prêt-à-man­ger. Ce projet va pou­voir se concré­ti­ser grâce à M. Voyer et son legs tes­ta­men­taire. Un don de 100 000 $ qui in­jec­te­ra la mise de fonds né­ces­saire pour faire d’une vi­sion, une réa­li­té : la créa­tion d’une pe­tite usine de trans­for­ma­tion ali­men­taire.

Un projet trans­for­ma­tion­nel

Chaque mois, des tonnes de nour­ri­ture en­core propre à la consom­ma­tion sont je­tées à la pou­belle, alors que, de l’autre cô­té, des mil­liers de per­sonnes se couchent le ventre vide. C’est de ce constat aber­rant qu’est né un projet brillant, qui per­met­tra à terme de ré­cu­pé­rer des den­rées en fin de vie dans près de 30 épi­ce­ries de la ré­gion. Trans­for­mées en re­pas dé­li­cieux, elles se­ront dis­tri­buées aux membres du ré­seau de Mois­son Ou­taouais ain­si qu’aux fa­milles à faible re­ve­nu qui n’ont ac­tuel­le­ment pas re­cours aux dé­pan­nages ali­men­taires.

Com­battre le gas­pillage ali­men­taire tout en pro­dui­sant près de 2000 por­tions par jour, c’est ce que le don de M. Voyer nous per­met­tra de réa­li­ser. D’ici là, l’or­ga­nisme doit en­core réunir la somme sup­plé­men­taire de 80000 $ pour com­plé­ter l’amé­na­ge­ment des lieux, l’achat d’équi­pe­ment, etc.

Faire la dif­fé­rence

Cha­cun d’entre nous a le pou­voir de faire une dif­fé­rence de son vi­vant, ou en­core après sa mort. Si le su­jet est par­fois ta­bou, de plus en plus de gens d’ici montrent de l’in­té­rêt pour le don pla­ni­fié (in­cluant le legs tes­ta­men­taire). Si la rai­son pre­mière des dons pla­ni­fiés est de sou­te­nir une cause, on y voit aus­si des avan­tages fis­caux et un moyen concret de lais­ser un hé­ri­tage du­rable à sa com­mu­nau­té, qui per­pé­tue­ra nos va­leurs. Il ne faut pas hé­si­ter à en par­ler ou­ver­te­ment avec son pla­ni­fi­ca­teur, son conseiller fi­nan­cier ou son no­taire.

Phi­lan­thro­pie Ou­taouais, dont la mis­sion est de fa­vo­ri­ser le dé­ve­lop­pe­ment de la culture phi­lan­thro­pique, a pris son en­vol dans la der­nière an­née. Il s’agit d’une fon­da­tion com­mu­nau­taire qui per­met no­tam­ment aux do­na­teurs d’éta­blir des fonds fa­mi­liaux, pré­voir leurs legs, mais aus­si don­ner de leur vi­vant sim­ple­ment et ef­fi­ca­ce­ment aux or­ga­nismes et causes de leur choix.

De gauche à droite :

Ber­nard Voyer, frère de feu Gé­rard Voyer, So­nia La­tu­lippe, di­rec­trice gé­né­rale de Mois­son Ou­taouais, Syl­vie Turn­bull, pré­si­dente, Louis Ri­chard, ami des frères Voyer.

M. Gé­rard Voyer

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