Con­don aborde la ques­tion de l’hymne

Le Droit - - LES SÉNATEURS - MARC BRAS­SARD mbras­sard@le­droit.com

Mike Con­don était content pour son par­te­naire Craig An­der­son ven­dre­di, même si le nou­veau contrat si­gné par ce­lui-ci le confi­ne­ra pro­ba­ble­ment à un rôle de sub­sti­tut pour la ma­jo­ri­té des trois pro­chaines an­nées, à moins de bles­sure ou d’échange.

« Il mé­rite bien ça, il a joué très bien la sai­son der­nière dans des condi­tions pas évi­dentes », a-t-il com­men­té.

Le gar­dien ori­gi­naire de la ré­gion de Bos­ton a moins ai­mé lorsque le jour­na­liste du Droit a dé­vié la conver­sa­tion vers la contro­verse qui fait rage dans son pays na­tal, où le pré­sident Do­nald Trump a an­ta­go­ni­sé les joueurs de la NFL et de la NBA qui pro­testent contre la vio­lence po­li­cière à l’en­droit des mi­no­ri­tés en s’age­nouillant pen­dant l’hymne na­tio­nal.

Comme fils d’un po­li­cier qui a no­tam­ment pro­cé­dé à l’ar­res­ta­tion d’un des res­pon­sables des at­ten­tats à la bombe du ma­ra­thon de Bos­ton en 2013, et di­plô­mé de l’uni­ver­si­té Prin­ce­ton en sciences po­li­tiques, il était ce­pen­dant dif­fi­cile d’évi­ter le su­jet avec lui.

« Mes quatre an­nées à étu­dier les sciences po­li­tiques m’ont en­sei­gné à ne ja­mais par­ler de po­li­tique. Mon di­plôme ne sert à rien ! », a-til lan­cé en riant de prime abord.

De­ve­nant plus sé­rieux, Con­don a men­tion­né que ses com­pa­triotes de­vraient être ca­pables de dis­cu­ter de tels en­jeux sans que ça mène à une le­vée de bou­cliers, ou à brû­ler des dra­peaux amé­ri­cains.

« On de­vrait être ca­pable d’ap­pré­cier les opi­nions de tout le monde, même si on ne les par­tage pas né­ces­sai­re­ment. C’est frus­trant de ne pas pou­voir avoir une conver­sa­tion à ce su­jet. J’es­saie donc de gar­der mes dis­tances. Mais en même temps, c’est une des bonnes choses aux États-Unis comme au Ca­na­da, on a le droit de dire ce qu’on pense. Mais moi, je ne sais pas ce que c’est que de gran­dir dans les quar­tiers mal fa­més de grandes villes, je n’ai pas eu les mêmes dé­fis que cer­tains de ces jeunes, donc je ne peux pas me mettre dans leurs sou­liers », sou­ligne-t-il.

Ce­lui-ci sait ce­pen­dant à quel point le mé­tier de son père Ted, un ser­gent de la po­lice de l’état du Mas­sa­chu­setts, peut être dan­ge­reux.

« Je vois ce qui se passe de l’autre cô­té. Ça ne peut pas être mu­tuel­le­ment exclusif. Il faut res­pec­ter l’opi­nion de tout le monde, mais il faut se mettre dans les sou­liers de po­li­ciers comme mon père, qui va sur la route à 2 h du ma­tin et doit ar­rê­ter des mau­vais gars, qui peuvent être afro-amé­ri­cains. Les deux peuvent être sur leurs gardes. C’est cer­tain qu’il faut par­ler de tout ça, mais c’est dif­fi­cile de par­ta­ger ton opi­nion quand tout le monde est prêt à vous sau­ter à la gorge si vous vous ex­pri­mez sur le su­jet... Il fau­drait écou­ter un peu au lieu de juste se fâ­cher après tout le monde qui a une opi­nion. Il y a trop de gens qui es­saient d’ali­men­ter le feu, tout le monde de­vrait re­prendre son souffle et re­gar­der les choses un peu plus pro­fon­dé­ment », a-t-il ajou­té.

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