Pou­voirs ac­crus au mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion

Le Droit - - ACTUALITÉS - PA­TRI­CIA CLOU­TIER pclou­tier@le­so­leil.com

QUÉ­BEC — Le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion s’est don­né les pou­voirs d’in­ter­ve­nir sur les en­fants qui ne fré­quentent pas à l’école.

Adop­té jeu­di à l’As­sem­blée na­tio­nale, le pro­jet de loi 144 serre la vis aux écoles re­li­gieuses, en­cadre l’école à la mai­son et per­met aux jeunes sans-papiers d’avoir ac­cès à l’école gra­tui­te­ment.

« On a fait ce qui n’a ja­mais été fait dans le pas­sé », s’est fé­li­ci­té le mi­nistre de l’Édu­ca­tion Sé­bas­tien Proulx. À par­tir de 2018, de l’in­for­ma­tion se­ra échan­gée entre le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion et ce­lui de la San­té afin d’iden­ti­fier les en­fants qui ne pos­sèdent pas de code per­ma­nent.

Si le gou­ver­ne­ment se rend compte que le droit de ces en­fants à l’édu­ca­tion est com­pro­mis, des amendes pour­ront être exi­gées aux écoles illé­gales. La Di­rec­tion de la pro­tec­tion de la jeu­nesse (DPJ) pour­ra éga­le­ment in­ter­ve­nir au­près des fa­milles qui né­gligent d’of­frir de l’ins­truc­tion aux en­fants.

— le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Sé­bas­tien Proulx

Les dé­pu­tés du Par­ti qué­bé­cois (PQ) et la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ) ont vo­té contre ce pro­jet de loi, parce qu’ils es­timent qu’il ne va pas as­sez loin. Jean-Fran­çois Ro­berge, de la CAQ, l’a con­dam­né de fa­çon as­sez vi­ru­lente, en sou­te­nant qu’« un abysse » sé­pare ce que dit Proulx et la réa­li­té. Se­lon lui, les me­sures coer­ci­tives in­cluses dans le pro­jet de loi « ne s’ap­pli­que­ront ja­mais ». Si bien que cette loi vient en quelque sorte lé­ga­li­ser les écoles re­li­gieuses.

« C’est pas mal n’im­porte quoi sin­cè­re­ment », a ré­pli­qué M. Proulx.

M. Ro­berge cri­tique le fait que les pa­rents qui vou­dront faire l’école à la mai­son pour leurs en­fants n’au­ront qu’un simple pro­jet d’ap­pren­tis­sage à pré­sen­ter au mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion, in­cluant des no­tions de lec­ture, d’écri­ture et de ma­thé­ma­tiques. Il au­rait ai­mé que des no­tions d’his­toire et de sciences soient exi­gées et que ces en­fants aient la chance, en bout de piste, de pas­ser les exa­mens du mi­nis­tère et d’ob­te­nir leur di­plôme.

Le mi­nistre Proulx sou­tient pour sa part que les fa­milles qui font l’école à la mai­son sont, pour la pre­mière fois, prises en consi­dé­ra­tion par son mi­nis­tère, qui tra­vaille­ra en col­la­bo­ra­tion avec elles. Ain­si « si l’en­fant re­tourne à l’école, l’écart ne se­ra pas trop grand », évoque-t-il.

L’As­so­cia­tion qué­bé­coise pour l’édu­ca­tion à do­mi­cile (AQED) est re­la­ti­ve­ment sa­tis­faite des amen­de­ments qui ont été ap­por­tés au pro­jet de loi cet au­tomne. « Le mi­nistre semble avoir trou­vé, au mieux, un juste mi­lieu entre sa­tis­faire les dé­si­rs des pa­rents-édu­ca­teurs et ceux de l’État », com­mente Mar­tine Ri­card, porte-pa­role de l’AQED.

On a fait ce qui n’a ja­mais été fait dans le pas­sé.

— JEAN-MA­RIE VIL­LE­NEUVE, ARCHIVES LE SO­LEIL

Grâce au pro­jet de loi 144 du mi­nistre de l’Édu­ca­tion Sé­bas­tien Proulx, des amendes pour­ront être exi­gées aux écoles si le droit des en­fants à l’édu­ca­tion est com­pro­mis.

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