Comme une ac­ci­den­tée de la route

Le Droit - - ACTUALITÉS - LOUIS-DE­NIS ÉBA­CHER lde­ba­cher@le­droit.com Vous avez des in­fos? Écrivez-nous à nou­velles@le­droit.ca

La quan­ti­té de frac­tures os­seuses in­fli­gées à la pe­tite Miliange, un bé­bé d’à peine six mois dé­cé­dé en no­vembre 2014 à Ga­ti­neau, équi­vaut à ce qu’elle au­rait su­bi dans un sé­rieux ac­ci­dent de voi­ture.

C’est du moins l’avis de la ra­dio­lo­giste pé­dia­trique Ma­rie-Claude Mi­ron, ap­pe­lée à té­moi­gner lors du pro­cès pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire de la mère de la vic­time, Mar­tine Sou­cie.

Se­lon des ex­per­tises mé­di­cales ré­vé­lées lun­di, le bé­bé est mort d’une em­bo­lie pul­mo­naire cau­sée par la frac­tu­ra­tion du fé­mur droit.

D’autres frac­tures, plus vieilles, ont été ob­ser­vées sur le corps de l’en­fant, a no­té la ra­dio­lo­giste, mar­di.

« Le type de frac­tures aux côtes est hau­te­ment spé­ci­fique à de la mal­trai­tance. Dans un contexte d’ac­ci­dent de voi­ture, ce se­rait aus­si pos­sible », a ré­su­mé Mme Mi­ron.

Se­lon la spé­cia­liste, la force né­ces­saire pour cas­ser des os de cette fa­çon ne peut être ap­pli­quée par un en­fant de cinq ans, soit l’âge d’un membre de la fra­trie de la vic­time au mo­ment du drame.

Le type de frac­tures aux côtes est hau­te­ment spé­ci­fique à de la mal­trai­tance. — Ma­rie-Claude Mi­ron, ra­dio­lo­giste pé­dia­trique

Les pro­ba­bi­li­tés étaient très faibles pour que l’en­fant de six mois, qui ne pou­vait mar­cher, soit vic­time d’une chute ac­ci­den­telle as­sez forte pour cas­ser ses os de cette fa­çon. « Pour un en­fant non am­bu­lant, c’est sus­pect », a in­di­qué Mme Mi­ron.

En fin de jour­née, une jeune femme, qui dé­jà a vé­cu chez Mme Sou­cie, a té­moi­gné de­vant la juge Anouk De­saul­niers, qui en­tend le pro­cès.

La femme, a été hé­ber­gée chez les Sou­cie, à l’époque où celle-ci for­mait une fa­mille d’ac­cueil.

Di­sant bien connaître la mère ac­cu­sée, elle a dit n’avoir ja­mais vu de gestes vio­lents de sa part en­vers Miliange.

La té­moin a ce­pen­dant confir­mé que l’en­fant pou­vait pleu­rer sou­vent, et qu’elle ré­gur­gi­tait fré­quem­ment, ce qu’a aus­si af­fir­mé le père bio­lo­gique de la vic­time, lun­di.

Les évé­ne­ments fai­sant l’ob­jet des ac­cu­sa­tions re­te­nues par la Cou­ronne au­raient eu lieu entre le 18 mai 2014, date de nais­sance de la vic­time, et le 15 no­vembre 2014, veille du constat de dé­cès de l’en­fant.

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