Quand Cros­by en­tend les huées...

En sé­ries, une nou­velle chro­nique de Syl­vain St-Laurent

Le Droit - - LA UNE - SYL­VAIN ST-LAURENT sst­laurent@le­droit.com

Pas de sé­ries pour le Ca­na­dien? Pas de sé­ries pour les Sé­na­teurs? Pas de pro­blème. Dans cet es­pace, au cours des sept ou huit pro­chaines se­maines, on re­vien­dra de fa­çon ponc­tuelle sur l’ac­tua­li­té de la LNH. On s’in­té­res­se­ra plus par­ti­cu­liè­re­ment aux joueurs qui sont près de nos lec­teurs et aux pe­tites anec­dotes qui au­raient pu leur échap­per. PRO­CHAIN REN­DEZ-VOUS, JEUDI.

On a ra­re­ment vu au­tant de pré­ten­dants de très grande qua­li­té, dans la course au tro­phée Hart. Na­than MacKin­non, Tay­lor Hall, Claude Gi­roux, Ni­ki­ta Ku­che­rov et Con­nor McDa­vid jouent du coude. C’est sans comp­ter sur les gar­diens comme Tuk­ka Rask et Pek­ka Rinne, qui ont af­fi­ché une cons­tance désar­mante tout au long de la sai­son.

Sid­ney Cros­by ? Per­sonne n’a vrai­ment par­lé de lui.

Il a ter­mi­né la cam­pagne au 10e rang du clas­se­ment des meilleurs mar­queurs de la LNH. Pour lui, ça passe « presque » pour une mau­vaise sai­son.

À 30 ans, le ca­pi­taine des Pen­guins de­meure quand même un ad­ver­saire re­dou­table. Il est tou­jours ce­lui qu’on ne veut pas af­fron­ter une fois le prin­temps ve­nu.

Les di­ri­geants et les par­ti­sans des Flyers en sont par­fai­te­ment conscients.

Di­manche ma­tin, avant le match nu­mé­ro trois de leur sé­rie, les pre­miers ont pris une dé­ci­sion au goût dou­teux. Ils ont de­man­dé qu’on dé­pose une pho­to de « Sid le Kid » dans le fond de chaque uri­noir du Wells Far­go Cen­ter. Quand le match a dé­bu­té, les

fans ont fait ce qu’ils font de mieux. Ils ont crié, ils ont hué. Ils ont es­sayé de se mon­trer les plus in­ti­mi­dants pos­sible.

Ça n’a pas clai­re­ment pas fonc­tion­né.

Cros­by a com­plé­té sa jour­née avec une ré­colte de quatre points.

Pour ceux qui le cô­toient ré­gu­liè­re­ment, le nu­mé­ro 87 peut se mon­trer ter­ri­ble­ment pré­vi­sible. Après la ren­contre, il a ré­agi exac­te­ment comme on pen­sait.

Quand on lui a par­lé des pho­tos dé­po­sées dans les uri­noirs, il a sim­ple­ment haus­sé les épaules. « Ce n’est pas la pre­mière fois que ça se pro­duit. Je ne sais pas à qui les Flyers ont pi­qué cette idée, mais je sais qu’on m’a dé­jà fait le coup dans le pas­sé », a-t-il ré­pon­du.

On lui a par­lé de sa propre per­for­mance. Il a tour­né le pro­jec­teur vers ses co­équi­piers.

« Nous avons tous bien joué. » Un re­por­ter de L’Ath­lé­tique, qui connaît bien le ves­tiaire des Pen­guins, a eu l’idée d’al­ler consul­ter des joueurs qui le connaissent bien.

Tom Kuhn­ha­ckl a mor­du à l’ha­me­çon.

« Oh, il adore ça ! Ça ne fait au­cun doute dans mon es­prit. Ça se sent, quand nous sommes au banc. Sid est à son meilleur dans un en­vi­ron­ne­ment hos­tile. Il en­tend tout ce que les gens ra­content. Il se nour­rit de tout ce­la. »

Cros­by a ins­crit 171 points en sé­ries éli­mi­na­toires, de­puis le dé­but de sa car­rière.

Son pro­chain point lui per­met­tra d’éga­ler le re­cord d’équipe, qui ap­par­tient à son men­tor, le pro­prié­taire des Pen­guins, Ma­rio Le­mieux.

Dans les 12 der­nières an­nées, en sai­son ré­gu­lière, Cros­by a ef­fec­tué 30 vi­sites à Phi­la­del­phie (en sai­son ré­gu­lière). Lors de ces par­ties, il a ins­crit pas moins de 43 points.

Il est donc rai­son­nable de croire qu’il fra­cas­se­ra ce re­cord lors du qua­trième match de la sé­rie, mercredi.

BRAS­SARD TOU­JOURS BLES­SÉ ?

De­rick Bras­sard n’a pas de re­cords à fra­cas­ser, ce prin­temps. Il de­vait quand même se sen­tir un peu plus lé­ger, quand il a quit­té le do­mi­cile des Flyers, di­manche.

Le centre ga­ti­nois a mar­qué son pre­mier but des sé­ries, avec un sec et pré­cis lan­cer sur ré­cep­tion. Ça dev­rait un peu cal­mer les ob­ser­va­teurs cri­tiques, qui com­men­çaient à se faire en­tendre.

À New York, les fans des Ran­gers l’ont sur­nom­mé « Big Game Brass » parce qu’il avait l’ha­bi­tude de li­vrer ses meilleures per­for­mances au prin­temps. À Ot­ta­wa, le prin­temps der­nier, les par­ti­sans des Sé­na­teurs ont su l’ap­pré­cier à leur tour.

À Pitts­burgh, au sein d’une équipe qui a rem­por­té la coupe deux fois d’af­fi­lée, il a en­core tout à prou­ver.

Tant que les Pen­guins contrôlent leur des­ti­née, il pour­ra ga­gner un peu de temps.

Il se re­lève quand même d’une bles­sure sé­rieuse qui l’a te­nu à l’écart du jeu en fin de sai­son.

« J’ai quand même ra­té deux se­maines. Ça ne m’aide pas trop », a-t-il ex­pli­qué à L’Ath­lé­tique, ce week-end.

« J’ai es­sayé de tra­vailler aus­si fort que pos­sible en gym­nase. J’ai vou­lu tout faire cor­rec­te­ment. Il est quand même très dif­fi­cile de se pré­pa­rer à jouer quand on ne pa­tine pas quo­ti­dien­ne­ment. J’ai re­com­men­cé à pa­ti­ner. Je sens que je peux faire un peu mieux. »

QUES­TION D’ÉCO­NO­MIE

On di­rait bien que Da­vid Pas­tr­nak compte uti­li­ser les sé­ries pour se faire un nom. À Bos­ton, le jeune ai­lier tchèque vit de­puis long­temps dans l’ombre de ses par­te­naires de trio, Pa­trice Ber­ge­ron et Brad Mar­chand.

Les pro­jec­teurs ont été bra­qués vers lui à la suite de son match de six points, ce week-end. On lui a par exemple de­man­dé pour­quoi il uti­lise aus­si peu de ru­ban adhé­sif sur son bâ­ton.

« J’ai tou­jours tra­vaillé ain­si. Dé­jà, quand j’étais en­fant, je m’oc­cu­pais moi-même de mes bâ­tons. Je de­vais ache­ter mon propre ru­ban adhé­sif. Je n’avais pas beau­coup d’ar­gent. J’es­sayais d’éco­no­mi­ser le plus pos­sible », a-t-il ex­pli­qué.

Le monde et les temps changent, mais pas com­plè­te­ment.

JUSTE À TEMPS

Les averses de pluie, de neige et de verglas n’ont pas trop af­fec­té le dé­rou­le­ment des sé­ries.

Le com­men­ta­teur ca­na­dien Gord Miller a bien failli ra­ter le match nu­mé­ro trois de la sé­rie op­po­sant le Wild aux Jets, di­manche.

Miller, qui tra­vaille ce prin­temps pour le ré­seau amé­ri­cain NBC, est res­té coin­cé près de cinq heures à l’aé­ro­port de Chi­ca­go. Les com­pa­gnies aé­riennes re­fu­saient de dé­col­ler vers le Min­ne­so­ta, où un bliz­zard fai­sait rage.

Il a fi­ni par ar­ri­ver au Xcel Ener­gy Cen­ter, une quin­zaine de mi­nutes avant le dé­but du match.

On ne sait pas trop comment les té­lé­dif­fu­seurs ca­na­diens s’en tirent, de­puis le dé­but des sé­ries. NBC, de son cô­té, se vante d’at­ti­rer plus de té­lé­spec­ta­teurs que l’an der­nier. Leurs cotes d’écoute se­raient en hausse de 25 %, en­vi­ron, jus­qu’à main­te­nant.

Quand on lui a par­lé des pho­tos dé­po­sées dans les uri­noirs, il a sim­ple­ment haus­sé les épaules.

— AGENCE FRANCE-PRESSE

Les Flyers de Phi­la­del­phie savent très bien à quel point Sid­ney Cros­by peut être dan­ge­reux.

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