FORD PRÊCHE AUX CONVERTIS

Le Droit - - LA UNE - DA­NIEL LE­BLANC dle­blanc@le­droit.com

Le chef du Par­ti pro­gres­siste-conser­va­teur de l’On­ta­rio, Doug Ford, était à Ot­ta­wa, lun­di, pour ren­con­trer des mi­li­tants conquis d’avance.

«Ford, Ford, Ford», ont sans cesse en­ton­né quelque 500 mi­li­tants conquis d’avance réunis lun­di soir à Ot­ta­wa lors d’un ras­sem­ble­ment pour sou­li­gner le pas­sage dans la ré­gion du chef du Par­ti pro­gres­sis­te­con­ser­va­teur de l’On­ta­rio, Doug Ford, ac­cueilli en grande pompe avec la chan­son Eye of the Ti­ger.

Un évé­ne­ment lors du­quel le prin­ci­pal in­té­res­sé a ti­ré à bou­lets rouges sur son ad­ver­saire li­bé­rale Kath­leen Wynne, et ce, du dé­but à la fin de son dis­cours d’une quin­zaine de mi­nutes dans une salle comble du Sports­plex de Ne­pean.

« Il ne reste que 53 jours à faire avant le sou­la­ge­ment, mes amis », a d’em­blée lan­cé M. Ford sous une salve d’ap­plau­dis­se­ments, fai­sant ré­fé­rence à une pos­sible vic­toire des pro­gres­sistes-conser­va­teurs lors des élec­tions pro­vin­ciales du 7 juin.

Se­lon lui, la pre­mière mi­nistre ac­tuelle a ou­blié que ce n’est pas « le peuple qui doit tra­vailler pour le gou­ver­ne­ment, mais plu­tôt le gou­ver­ne­ment qui doit tra­vailler pour la po­pu­la­tion. »

Doug Ford était en­tou­ré pour l’oc­ca­sion de can­di­dats dans la ré­gion, soit la dé­pu­tée ac­tuelle de Ne­peanCar­le­ton, Li­sa MacLeod, ain­si que Ca­me­ron Mont­go­me­ry (Or­léans), Mer­ri­lee Ful­ler­ton (Ka­na­ta-Car­le­ton), Ka­rin Ho­ward (Ot­ta­wa-Sud) et Fa­di Nemr (Ot­ta­wa-Va­nier).

M. Ford sou­tient que Mme Wynne a « zé­ro res­pect » pour les payeurs de taxes et que la dette s’est ac­crue de 300 % de­puis l’ar­ri­vée au pou­voir des li­bé­raux.

In­ter­ro­gé par Le Droit, un jeune mi­li­tant n’a pas hé­si­té à ex­pli­quer pour­quoi il compte vo­ter pour les pro­gres­sistes-conser­va­teurs lors du scru­tin dans sept se­maines.

« Il a une vi­sion po­si­tive pour l’On­ta­rio, car en ce mo­ment on voit qu’il y a beau­coup de gas­pillage. Il est un lea­der cha­ris­ma­tique, un homme du peuple. Il est sur le ter­rain et pour moi, c’est vrai­ment im­por­tant d’avoir quel­qu’un qui est à l’écoute. [...] Quant à Mme Wynne, il y a un manque d’hon­nê­te­té avec elle. On di­rait qu’elle prend sa place pour ac­quis », de dire Ste­ven Tra­vale.

Après avoir en­flam­mé ses mi­li­tants, l’an­cien élu mu­ni­ci­pal de To­ron­to et frère du dé­funt maire Rob Ford a ser­ré des mains et pris des pho­tos avec ceux-ci pen­dant plus d’une heure, re­fu­sant par contre de s’adres­ser aux jour­na­listes. Fait à no­ter, l’an­cien maire d’Ot­ta­wa Lar­ry O’Brien était pré­sent lors du ras­sem­ble­ment, étant pré­sen­té par la dé­pu­tée Li­sa MacLeod comme un par­ti­san de la « Ford Na­tion ».

Plus tôt dans la jour­née, M. Ford s’est en­tre­te­nu avec l’ac­tuel maire d’Ot­ta­wa Jim Wat­son pour par­ler des prio­ri­tés de la ca­pi­tale fé­dé­rale, dis­cu­tant par exemple du train lé­ger.

PAS D’EN­GA­GE­MENTS POUR LES FRANCOS

À l’heure du dî­ner, le nou­veau lea­der du par­ti po­li­tique a aus­si pro­non­cé un dis­cours en­tiè­re­ment en an­glais de­vant des mi­li­tants réunis dans un res­tau­rant d’Or­léans, un sec­teur où le tiers de la po­pu­la­tion est fran­co­phone.

Sur place, il a entre autres pro­mis que les tra­vailleurs au sa­laire mi­ni­mum n’au­raient plus à payer d’im­pôt si le par­ti qu’il di­rige est por­té au pou­voir par la po­pu­la­tion on­ta­rienne pour la pre­mière fois en 15 ans à la fin du prin­temps. Il n’a ce­pen­dant pas an­non­cé d’en­ga­ge­ments spé­ci­fiques en­vers la com­mu­nau­té fran­co­phone.

Bi­lingue, son can­di­dat dans Or­léans, Ca­me­ron Mont­go­me­ry, n’a pas fait d’al­lo­cu­tion, mais a in­di­qué aux mé­dias que son chef avait à coeur les in­té­rêts des Fran­co-On­ta­riens même s’il ne maî­trise pas la langue et qu’il veut que tout le monde soit trai­té équi­ta­ble­ment.

« Je pense qu’il a été tout à fait clair quant à son ou­ver­ture à la fran­co­pho­nie on­ta­rienne. Il est ou­vert à l’Uni­ver­si­té de l’On­ta­rio fran­çais, de consul­ter les dé­pu­tés et le cau­cus. [...] Il ne veut mettre per­sonne sur un pié­des­tal, il veut ré­pondre aux be­soins de tous et toutes. Il est là pour le peuple », a dit le can­di­dat qui croi­se­ra le fer aux urnes entre autres avec la mi­nistre Ma­rie-France La­londe.

— SI­MON SÉ­GUIN-BER­TRAND, LE DROIT

Doug Ford a été ac­cueilli chau­de­ment par une salle comble au Sports­plex de Ne­pean.

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