POUR UNE NOU­VELLE CULTURE

Le Franco - - RÉGIONS - PAR LUCAS PILLERI

Membre du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’ACFA pro­vin­ciale de­puis deux ans, Alex V. Bos­sé ne veut plus être simple spec­ta­teur. Le can­di­dat sou­haite chan­ger ra­di­ca­le­ment la culture de l’or­ga­nisme. Il ap­pelle à plus de dia­logue et en­tend ins­tau­rer une ap­proche plus par­ti­ci­pa­tive et dé­mo­cra­tique. Le Fran­co : Pou­vez-vous re­ve­nir sur votre par­cours et la fa­çon dont vous êtes ar­ri­vé en Alberta ?

Alex V. Bos­sé : Je suis ar­ri­vé en Alberta en 2004. Je suis ve­nu ici pour un voyage d’été puis j’ai dé­ci­dé de res­ter jus­qu’en 2005 avant de re­tour­ner au Qué­bec, à Mon­tréal. Mais à mon re­tour je ne me sen­tais plus vrai­ment à la mai­son alors j’ai eu en­vie de re­ve­nir. De­puis, je suis res­té !

LF : Quelle est votre ex­pé­rience au sein de la francophonie al­ber­taine ?

AB : Je suis sur le CA de l’ACFA pro­vin­ciale de­puis 2015. J’aime com­prendre, po­ser des ques­tions. J’ai souvent l’im­pres­sion que les Fran­co-Al­ber­tains laissent les choses al­ler comme si quel­qu’un al­lait s’en oc­cu­per pour eux. C’est vrai­ment im­por­tant de chia­ler pour voir pour­quoi les choses sont de cette fa­çon-là. J’ai aus­si été le vice-pré­sident de la ra­dio com­mu­nau­taire d’Edmonton de 2014 à 2015. J’ai com­pris que ce n’était pas tou­jours fa­cile d’avoir les mêmes points de vue que tout le monde et qu’il ne faut pas im­po­ser son propre point de vue sur ce­lui des autres. En­fin, j’ai aus­si ras­sem­blé des fran­co­phones en­semble à Spruce Grove.

LF : Qu’ap­por­te­rez-vous à la com­mu­nau­té si vous êtes élu à la pré­si­dence de l’ACFA pro­vin­ciale ? En quoi consiste votre vi­sion ?

AB : Je veux chan­ger la culture de l’ACFA. En fai­sant par­tie du CA pen­dant deux ans, je me suis ren­du compte que les nou­velles idées, les nou­velles fa­çons de faire, ne sont pas la bien­ve­nue. Il y a des gens qui sont là de­puis une tren­taine d’an­nées, qui ob­tiennent des postes par co­pi­nage ou conver­gence. Les dé­ci­sions sont prises en amont et ne sont vo­tées qu’en­suite. Le CA est ab­so­lu­ment im­puis­sant, juste là pour ap­prou­ver la dé­ci­sion du pré­sident, point fi­nal. Je tra­vaille pour chan­ger la culture de l’ACFA, la fa­çon dont les choses sont faites. Il faut que de l’in­té­rieur nous soyons ca­pables d’ou­vrir nos portes. Comment se fait-il qu’il y ait seule­ment 2 500 membres alors qu’il y a 300 000 fran­co­phones dans la pro­vince ? Il y a un vrai pro­blème de culture. Par ailleurs, c’est moi qui ai pro­po­sé que le chan­ge­ment de nom de l’ACFA se dé­cide par suf­frage uni­ver­sel. Si je suis élu comme pré­sident, je veux que beau­coup plus de dé­ci­sions soient prises au suf­frage uni­ver­sel. Et tous les membres pour­ront vo­ter par in­ter­net. C’est une belle fa­çon de mon­trer aux gens qu’on s’in­té­resse à eux et à leur opi­nion. Le vote de tout le monde compte. Je veux qu’on ait tous la chance de s’ex­pri­mer.

LF : Quelles sont les prio­ri­tés en termes de dos­sier pour vous ?

AB : Il est vrai que je ne connais pas les dos­siers aus­si bien que les pré­si­dents en place. Je vais de­man­der aux gens de l’ACFA de con­ti­nuer de faire leur tra­vail comme avant. En re­vanche, à l’in­té­rieur du CA de l’ACFA, je veux que le tra­vail ne soit pas un tra­vail d’une seule per­sonne. Je veux que, par exemple, une per­sonne du CA qui connaisse très bien l’Uni­ver­si­té de l’Alberta tra­vaille sur le dos­sier de l’édu­ca­tion. Chaque membre pour­rait avoir son propre mi­nis­tère. Il se­rait ain­si di­rec­te­ment im­pli­qué à l’in­té­rieur du Conseil sur les dos­siers et vien­drait en­suite me les ex­pli­quer à moi. Il faut dé­lé­guer les tâches. Tra­vaillons tous en­semble. Il faut re­tour­ner à la base de la py­ra­mide et faire re­mon­ter l’in­for­ma­tion du bas vers le haut, et non l’in­verse comme c’est le cas ac­tuel­le­ment. Je ne veux pas prendre toutes les dé­ci­sions par moi-même. Les membres du CA se­ront in­vi­tés à se ren­con­trer deux fois par an de ma­nière in­for­melle. Le tra­vail du pré­sident est de trou­ver les gens qui sont ca­pables de faire du bon tra­vail. Je ne suis pas Jean John­son. Ce dont je suis ca­pable, c’est de trou­ver les bonnes per­sonnes, les en­cou­ra­ger et les sup­por­ter.

LF : Comment comp­tez­vous faire suite à la po­li­tique de ser­vices en fran­çais an­non­cée par le gou­ver­ne­ment en juin der­nier ?

AB : On ver­ra avec le reste du CA et la fa­çon dont les gens veulent qu’on tra­vaille là-des­sus. C’est une ap­proche plus dé­mo­cra­tique et par­ti­ci­pa­tive.

LF : En quoi votre pré­si­dence se­ra-t-elle dif­fé­rente de celle de votre pré­dé­ces­seur si vous êtes élu ?

AB : Ma gé­né­ra­tion, la gé­né­ra­tion Y, ques­tionne les choses. On cherche à sa­voir comment chan­ger les choses. Si quel­qu’un ne croit pas en mon idée, alors on va la né­go­cier en­semble, trou­ver des points com­muns, tou­jours avan­cer. C’est une fa­çon de faire qui est beau­coup plus in­clu­sive.

LF : Vous êtes le seul au­to-en­tre­pre­neur par­mi tous les can­di­dats. Est-ce se­lon vous un atout ou un han­di­cap ?

AB : J’ai fon­dé une en­tre­prise d’amé­na­ge­ment pay­sa­ger. Dans mon mi­lieu de tra­vail, quand je veux un contrat, je ne vais pas voir le gou­ver­ne­ment. Je vais di­rec­te­ment consul­ter l’em­ployé de plan­cher qui est en charge. Je réus­sis à lui ex­pli­quer mon tra­vail di­rec­te­ment. J’ai une ap­proche plus di­recte pour faire les choses, sans pas­ser par tous les ca­naux.

LF : Un der­nier mot pour les lec­teurs du Fran­co ?

AB : Je vou­drais in­sis­ter sur le fait qu’avec ma pré­si­dence, les dé­ci­sions ne se­ront plus ca­chées. Les mé­dias, comme Ra­dio Ca­na­da ou le Fran­co, se­ront pré­sents lors des CA. Il y a un vrai manque de trans­pa­rence ac­tuel­le­ment. Les gens se sentent ex­clus par le genre de ma­noeuvres po­li­tiques qui opèrent au sein de l’ACFA. Il faut aus­si être in­clu­sif avec la ma­jo­ri­té is­sue de l’im­mi­gra­tion et le leur mon­trer en com­men­çant par être hon­nête.

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