POR­TRAIT D'UNE JEUNE PATROUILLEUSE

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI

Jeanne Leblanc est patrouilleuse à Na­kis­ka, dans la ré­gion du Ka­na­nas­kis Coun­try près de Calgary. La Qué­bé­coise d’ori­gine vit une aven­ture unique au coeur des Ro­cheuses. Seule fran­co­phone de la pa­trouille, elle pos­sède plu­sieurs cordes à son arc et s’épa­nouit plei­ne­ment dans ce mé­tier hors norme. Le Fran­co dresse son por­trait.

Jeanne Leblanc pa­trouille dans la mon­tagne de Na­kis­ka de­puis deux ans. La fran­co­phone a tou­jours rê­vé d’aven­tures en mon­tagnes :« Je me suis dé­ci­dée il y a trois ans de suivre les cours né­ces­saires et je suis tom­bée en amour avec la job ! », re­late-t-elle, pleine d’en­thou­siasme.

Dans la rou­tine quo­ti­dienne de la jeune femme, la sé­cu­ri­té tient une place pri­mor­diale.

« On doit s’as­su­rer que tout fonc­tionne, on vé­ri­fie sa piste, on re­garde si tout est en place, pour voir si la mon­tagne est prête pour le pu­blic », dé­cri­telle. Outre l’en­tre­tien des pistes, le se­cou­risme fait aus­si par­tie in­té­grante du tra­vail de pa­trouilleur :« On aide quand les gens ont un ac­ci­dent, par exemple quand ils se cassent une jambe ou un bras ».

À la dif­fé­rence de nom­breux

bé­né­voles, Jeanne Leblanc est ré­mu­né­rée et tra­vaille à temps plein en tant que patrouilleuse.« Nous sommes de vrais pro­fes­sion­nels de la mon­tagne », sou­ligne-t-elle.

Même si Na­kis­ka est une mon­tagne plus sûre que les autres du fait de son amé­na­ge­ment à l’oc­ca­sion des Jeux olym­piques de 1988, il n’est pas tou­jours fa­cile d’être pa­trouilleur, et en­core moins patrouilleuse.« Il y a du ju­ge­ment vis-à-vis des femmes dans le mé­tier. Sur­tout quand ce sont des hommes qui sont bles­sés. Ils pensent qu’une femme n’est pas ca­pable de leur por­ter se­cours », ob­serve Jeanne Leblanc.

Sa langue ma­ter­nelle est aus­si un atout dans l’exer­cice de ses fonc­tions.« On m’ap­pelle par­fois pour tra­duire en cas d’ac­ci­dents avec des per­sonnes qui ne parlent pas bien l’an­glais. Le bi­lin­guisme est un plus dans la pro­fes­sion car on

ne sait ja­mais sur qui on va tom­ber, sur­tout dans les Ro­ckies où il y a beau­coup de tou­ristes », re­lève la patrouilleuse.

Membre d’une pe­tite pa­trouille d’une di­zaine de per­sonnes, Jeanne Leblanc trouve aus­si un bel es­prit de ca­ma­ra­de­rie dans sa pro­fes­sion.« On est tous amis. À chaque er­reur qu’on fait, on doit ra­me­ner un pack de bières : une fois j’ai vrai­ment eu une mau­vaise jour­née et j’ai dû en ap­por­ter six ! Ils en rient en­core ! Ce sont des bons

sou­ve­nirs », songe-t-elle.

Tou­te­fois, cer­taines jour­nées ne sont pas aus­si dé­ten­dues.« Un jour, un ado­les­cent est ren­tré dans un arbre et était in­cons­cient. On l’a cher­ché pen­dant trois heures. Tout s’est bien pas­sé, il s’en est sor­ti, mais c’était as­sez in­tense tout de même », se re­mé­more la jeune femme.

Mal­gré tout, Jeanne Leblanc ne compte pas quit­ter les pistes en­nei­gées de si­tôt :« Je me vois faire ça pour le reste de ma vie si je peux ! ».

« JE ME VOIS FAIRE ÇA POUR LE RESTE DE MA VIE SI JE PEUX ! ».

- JEANNE LEBLANC

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