LE SPORT… OU­TIL POUR LE FRAN­ÇAIS ?

Le Franco - - LA UNE - AN­DRÉ MA­GNY (FRANCOPRESSE)

Après l’in­ci­dent des Jeux de PyeongC­hang où Hockey Ca­na­da a de­man­dé de pro­non­cer à l’an­glaise cer­tains noms de joueurs à conso­nance fran­çaise, on peut se de­man­der si le sport est un bon moyen pour la pro­mo­tion du fran­çais. Sa­viez-vous que le FC Bar­ce­lone, cé­lèbre club de football ca­ta­lan, de­mande à cer­tains de ses joueurs d’ap­prendre le ca­ta­lan dans un sou­ci de res­pect des va­leurs du peuple ca­ta­lan? Ce fut le cas quand le Bré­si­lien Ney­mar a si­gné un lu­cra­tif contrat de 5 ans en 2013 : une clause de ce­lui-ci sti­pu­lait qu’il de­vait se mettre à l’ap­pren­tis­sage du ca­ta­lan comme le rap­por­tait en 2016 le site Football Leaks. Pour­rait-on voir une telle de­mande dans le mi­lieu du hockey pro­fes­sion­nel, au Ca­na­da?

Dans l’uni­vers du sport ama­teur, le pay­sage lin­guis­tique est quelque peu dif­fé­rent. Se­lon Pho­ti So­ti­ro­pou­los, di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions au Co­mi­té olym­pique ca­na­dien (COC), « tout ce qu’on doit faire doit sor­tir en fran­çais. C’est 50- 50. » Il as­sure qu’il n’y a au­cune dis­cri­mi­na­tion entre fran­co­phones et an­glo­phones. La puis­sance des jeux olym­piques, c’est d’être ras­sem­bleur, se­lon lui.

Quand on lui pose la ques­tion sur le fait que les ga­zouillis en­voyés lors des Olym­piques en Co­rée par des ath­lètes fran­co­phones étaient ma­jo­ri­tai­re­ment en an­glais, M. So­ti­ro­pou­los ad­met que le COC n’a pas de contrôle là­des­sus. Pas plus qu’il ne par­ti­cipe à la sé­lec­tion des par­ti­ci­pants aux Jeux de la Fran­co­pho­nie. Que le nombre d’ath­lètes uni­lingues an­glo­phones pré­do­mine comme ce fut le cas pour la dé­lé­ga­tion ca­na­dienne à Abid­jan en 2017.

SUR LE TER­RAIN

Les ath­lètes fran­co­phones, eux, son­tils trou­blés quand le fran­çais semble ar­ri­vé en se­conde place ? Le pa­ti­neur de vi­tesse longue piste fran­co-on­ta­rien Vincent de Haître ne croit pas que ceux-ci doivent por­ter at­ten­tion à ce type de dis­trac­tions, sur­tout « quand une na­tion au com­plet nous sou­tient. Vous sa­vez, je suis un pa­ti­neur, pas un po­li­ti­cien », dit-il. Au pas­sage, ce­pen­dant, il est d’avis que sa fé­dé­ra­tion, celle de pa­ti­nage de vi­tesse, au­rait été plus res­pec­tueuse des fran­co­phones et qu’une de­mande comme celle de Hockey Ca­na­da ne se se­rait pas pro­duite. Mais il est aus­si conscient qu’au centre d’en­traî­ne­ment de Cal­ga­ry pour les pa­ti­neurs longue piste tout se dé­roule en an­glais. « C’est comme ça… »

Comme ce l’était lors des der­niers cham­pion­nats du monde de hockey ju­nior 2017 quand l’en­traî­neur qué­bé­cois Do­mi­nique Du­charme avait sou­hai­té que seul l’an­glais soit uti­li­sé dans le ves­tiaire pour rendre plus fort l’es­prit d’équipe.

Dans ce qua­si dé­sert de faits si­gni­fi­ca­tifs à l’égard du fran­çais, comment ne pas sa­luer les ac­tions me­nées par le Di­rec­to­rat de l’ac­ti­vi­té spor­tive (DAS) à Win­ni­peg. Di­ri­gé par Jus­tin John­son, le DAS a pour mis­sion de contri­buer à l’épa­nouis­se­ment de la fran­co­pho­nie ma­ni­to­baine par l’en­tre­mise du sport de l’ac­ti­vi­té phy­sique et ré­créa­tive en fran­çais à tra­vers le Ma­ni­to­ba. De­puis 26 ans, l’or­ga­nisme fran­co­ma­ni­to­bain pro­pose di­vers pro­grammes spor­tifs comme l’es­crime, le pa­ti­nage ou le cur­ling afin de fa­vo­ri­ser l’in­clu­sion des jeunes fran­co­phones sou­vent mar­gi­na­li­sés. Une vi­sion qui n’au­rait sans doute pas dé­plu au ba­ron Pierre de Cou­ber­tin !

Vincent de Haître, pa­ti­neur de vi­tesse longue piste fran­co-on­ta­rien.

Vincent de Haître.

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